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Lutte contre le Sida en Grèce : Dépistages et séropositifs forcés

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C’est passé presque inaperçu, au cœur de l’été. Au début de ce mois de juillet, le gouvernement grec a réinstauré une mesure sanitaire plus que polémique, raconte le site d’informations américain Salon. Désormais, en Grèce, les dépistages du VIH pourront être forcés et la police sera autorisée à détenir des individus suspectés d’être porteurs du virus, et plus précisément les populations dites à risques.

Cette mesure, dite 39 A, avait déjà été décidée en avril 2012 par un ministre socialiste, Andreas Loverdos, mais avait ensuite été annulée en avril dernier, par son successeur d’un autre parti de gauche, Dimar.

Il avait en effet été révélé que la police utilisait la mesure pour cibler les travailleurs du sexe, les migrants et les SDF. Elle les arrêtait, les forçait à faire le test de dépistage du VIH puis s’autorisait des détentions sur le long terme quand les tests s’avéraient positifs.

Particulièrement visées, les prostituées, souvent issues de l’immigration, se sont retrouvées au centre d’un climat plein d’animosité et  désignées  comme des « bombes sanitaires ».

Elles étaient souvent inculpées pour crime et transmission intentionnelle de virus mortel, ou encore pour non-protection ayant entraîné une contamination.

Beaucoup se sont retrouvées détenues à attendre pendant des mois leur procès avant d’être souvent acquittées. Pas assez de preuves.

A l’origine du retour de cette loi, on trouve le ministre d’extrême droite Adonis Georgiadis. Dès le lendemain de sa nomination à la Santé (le 25 juin dernier lors d’un remaniement), il a réintroduit cette mesure.

De ce ministre aussi appelé Spyridon-Adonis Georgiadis parfois, le New York Times rapelle qu’il a dit que les juifs contrôlaient le système bancaire, qu’il a aussi vanté les écrits de Konstantinos Plevris, un négationniste grec.

Dès l’annonce du retour de la mesure, des ONG ont demandé son retrait. Une chercheuse de Human Rights Watch, Judith Sunderland, a alors  déclaré :

« C’est profondément inquiétant qu’il ait suffi d’une journée au nouveau ministre de la Santé pour remettre en place cette régulation qui viole les droits de l’homme et stigmatise des populations vulnérables. Mesure qui s’est de plus déjà illustrée par son effet contre-productif à protéger la santé publique. »

Une hausse des contaminations a en effet été constatée en Grèce, depuis le début de la crise. Dans son rapport de 2012, le Centre pour le contrôle des maladies et la prévention (Keelpno) explique que, durant l’année 2012, 1 180 cas d’infection au VIH ont été rapportés. Jamais de chiffre aussi élevé n’avait été enregistré. Le rapport annonce aussi que la   prévalence du virus a augmenté de 22% entre 2011 et 2012, et de 58% entre 2010 et 2011.

Ces chiffres font donc aussi dire à la chercheuse de Human Rights Watch :

« Si le gouvernement a vraiment la volonté de lutter contre le sida et les autres maladies infectieuses, il devrait alors se concentrer sur l’accès au système de santé et l’information publique. »

La Rédaction

 

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