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Politique

TOGO/ Spécial Elections législatives 2013: Les forces et faiblesses des partis en lice, passées à la loupe

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C’est un acquis, les Togolais se rendront aux urnes, le 25 juillet prochain pour élire les nouveaux députés de l’Assemblée nationale. A la clôture des candidatures, presque tous les principaux acteurs ont répondu à l’appel. Au terme du dernier dialogue organisé sous la préséance de Monseigneur Nicodème Barrigah-Bénissan et Robert Whitehead, l’ambassadeur des Etats-Unis au Togo, tous ont répondu à l’appel et le jeudi 25 juillet la bataille sera rude pour les différentes formations politiques en lice pour remporter plus de voix au sein du prochain Parlement. Dans ce dossier spécial, Togoportail fait le décryptage des forces et faibles des différentes formations politiques dont candidatures annoncées pour les prochaines législatives au Togo.

 

Le mandat de l’actuelle Assemblée nationale est arrivé à échéance depuis la fin de l’année dernière. Depuis le 1er juillet dernier, il est officiellement mis fin à la législature avec la dissolution de l’Assemblée nationale. Le manque du consensus a fait que la Cour constitutionnelle a prorogé, selon certains analystes, la durée de mandature jusqu’à son renouvellement. Les fruits de dernier dialogue entre le pouvoir et l’opposition a permis d’adopter une nouvelle date des législatives, fixée 25 juillet. Qu’à cela ne tienne, tous les candidats ont déposé leur candidature dans le délai réglementaire. D’UNIR au Collectif Sauvons le Togo en passant par la Coalition Arc-en-ciel, UFC et autres, tous vont se disputer les 30 circonscriptions mises en jeu. Chacune de ces importantes formations politiques ont des forces et des faiblesses dans un contexte togolais empreint d’enjeux sociaux politiques, économiques et diplomatiques.

 

 UNIR face à ses premières ambitions électorales

 Créée sur les cendres du Rassemblement du peuple togolais (RPT), la nouvelle formation politique de la mouvance vient de boucler à peine sa première année d’existence, et les soubresauts et écueils ne manquent pas de faire ombrage à l’ambition du parti de ratisser large. Il n’est pas moins vrai que certains pôles de contestations se sont annoncés à la genèse de UNIR. Mais l’unanimité à valoriser au sein même de ses militants et potentiels sympathisants va finalement prendre le dessus pour que la nouvelle donne se soit acceptée et acquise dans les esprits. Rien de particulier, ni de scandaleux au en ce qui concerne ce début quelque secoué de UNIR. Dans tout processus de changement et de mutation des donnes, les contestations émergent toujours et l’adhésion totale et entière est souvent difficile à obtenir.

Malgré cet accouchement difficile, la vitesse de croisière sera vite engagée et les points d’harmonie, les convergences de vision et d’ambitions majeures du tout nouveau parti va s’imposer et annihiler les divergences et opposition interne à propos des appréhension sur des enjeux et défis nouveaux. Même si le congrès constitutif de UNIR est remis à calandre grecque, rien n’entame la volonté des personnes de pontes et ténors du nouveau parti à gagner les prochaines législatives du 25 juillet. Et les moyens démocratiques sont véritablement en œuvre pour atteindre l’objectif.

Georges Aïdam, son Vice-président n’a pas manqué de le souligner à plusieurs reprises, UNIR se porte bien pour gagner ses premières élections qu’il va vivre. En effet, disposant des moyens matériels nécessaires, les potentiels candidats ont pu faire un travail en amont en parcourant le territoire en un records et en prenant langue avec leurs bases. Comme on sait le faire à l’approche des joutes électorales, ceux qui peuvent offrir des présents l’ont fait.

Des actions d’attraction et de charme de séduction grande envergure ont été enclenchées au moment propice et suivant un planning bien lifté au sein de l’état major du parti, une avance a été prise sur ses adversaires qui sont de vielles formations politiques que lui (parti UNIR). Sous ceux que certains appellent la nouvelle vision de Faure Gnassingbé, les populations ont été sensibilisées sur le pourquoi il faut d’abord s’adhérer à l’UNIR et ensuite voter pour elle ou vice-versa. Tout le monde s’accorde pour dire qu’UNIR est bien installé et bien assis sur toute l’étendue du territoire. Faure Gnassingbé, dans ses multiples sorties à la rencontre de ses compatriotes de l’intérieur du pays, n’a pas manqué de porter l’essentiel du message du nouvel esprit à l’endroit de la population. Démarche bien salutaire afin de important de rallier à son camp bien de ressources disponibles pour optimiser la synergie nécessaire pour le développement du Togo et le relance de son économie. En ce qui concerne la campagne, cette formation politique a une avance sur ses adversaires politiques. Dans un tel contexte, rien d’étonnant de voir UNIR rafler la mise au soir du 25 juillet prochain, parce qu’ayant le plus réussi à faire véhiculer ses idéaux.

Il (le parti UNIR) a réussi en un temps record, à installer ses cellules communales, préfectorales, municipales, cantonales et autres. Bref, elle s’est bien implantée et avec une stratégie de communication bien léchée sur toute l’étendue du territoire national. C’est un parti présidentiel, et quoi qu’on dise, elle a une force certaine. Mais elle seule suffit-elle pour gagner les législatives ?

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En effet, créée dans un contexte exposé aux crises sociales tout azimuts, UNIR a souffert quelque peu de sa réelle et potentielle cote de popularité dont elle devrait en réalité jouir et surtout l’unanimité à laquelle elle s’attend, si les éternels problèmes d’égo, de bras de fer, d’intérêts égoïstes, n’ont pas crée des crises socio-politiques avec ses moments de tension et de violences circonstancielles. Selon certains propos non concordants, ni non vérifiés, il est souvent avancé que ‘’les nostalgiques du RPT ne semblent pas rentrer dans les rangs de la nouvelle donne imprimée avec la création de UNIR. En silence, ils ruminent des déceptions à l’endroit de ceux qui ont enterré vivant le parti politique de leur géniteur politique, feu Gnassingbé Eyadéma. C’est l’une des raisons pour lesquelles jusqu’à ce jour, on n’a pas encore organisé le congrès constitutif d’UNIR. La mise à l’écart de certains pontes du régime devenus des déçus de la gestion du plus policé du fils de “Timonier” constituent une autre faiblesse de cette formation politique en termes d’union. C’est pourquoi, à la veille de ces élections sans enjeu, on assiste à des frondes dans le camp même d’UNIR à cause des noms des candidats choisis pour le représenter’’.

Version battue en brèche par une source proche du Palais de la présidence qui nous précise ‘’ce sont des propos fallacieux distillés allègrement par des esprits mal intentionnés pour créer de l’inutile confusion dans les esprits. UNIR n’a été jamais ébranlée par de telles supposées tendances à l’interne’’. ‘’UNIR ne souffre d’aucune dissension en son sein, ce sont des affabulation’’, avance la même source d’un revers de main.

Il faut ici rappeler que sur les cinquante députés sortants, seuls dix ont été retenus. Si certaines réactions avancent que cette démarche peut porter des marques d’une scission prononcée entre les anciens et les nouveaux cadres du parti et constituer une faiblesse de UNIR, d’autres avis partagés conçoivent au contraire que cette option est plutôt une force du parti dans la mesure où elle a le mérite d’insuffler de nouvelles énergies permettant à la mouvance de se faire peau neuve pour plus d’actions et de défis à relever. 

Un membre influent du bureau provisoire de UNIR nous rassure à ce sujet, ‘’Le parti UNIR est le seul parti a avoir positionné des candidats qui ne sont pas forcément dans leur circonscription électorale, et l’approche ‘’parité’’ est bien matérialisée dans les choix du parti’ avec par exemple la tête de liste UNIR du Grand Lomé’’.

Dans tous les cas, ces nouvelles législatives constituent une échéance clé par laquelle UNIR va pouvoir tester son emprise sur le terrain et les fruits de la machine de propagande très huilée mise en place pour se positionner sur le piédestal du microcosme politique du Togo juste après un an seulement de sa création. Un grand défi que compte relever le parti, sans coup férir. Et le parti au pouvoir s’y applique comme cela se voit lors de cette campagne. Parviendra t-elle à corriger ses faiblesses tout en optimisant ses forces en vue de remporter la majorité des sièges mis en vote ? Une semaine de manifestations-campagne est encore devant lui pour faire basculer les choses définitivement dans son camp. L’autre partie au pouvoir, Union des Forces de Changement (UFC), elle, se trouve dans une autre configuration.

 

UFC entre s’accrocher à UNIR ou disparaître 

Ancien principal parti de l’opposition, UFC est devenue depuis l’accord dit historique avec le RPT en 2010 un allier du pouvoir en place. Elle fait partie depuis cette date du gouvernement. Comme tel, les militants de cette formation politique ne se retrouvent plus dans la lutte acharnée pour la conquête du pouvoir. Aujourd’hui, ceux qui veulent aller aux législatives dans l’UFC ont les moyens matériels de faire la politique de leurs ambitions, selon certaines observateurs. Malgré sa scission, elle disposerait encore certains inconditionnels qui pourraient jouer sur leurs expériences pour lui faire gagner des voies.

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Depuis, elle compte sur sa collaboration avec UNIR/RPT pour bénéficier des suites de collaboration avec le régime. Nicodème Habia et les siens ayant goûté au bonheur de l’hémicycle ne comptent s’arrêtent pas là. C’est de bonne guerre dirait l’autre. Ils ont commencé depuis un certain moment par sillonner le Togo avec parfois des promesses qui ne sont pas moins flatteuses. Ils ont également fait un travail en amont et pourraient escompter des résultats à la hauteur de leur investissement.

Pour certains observateurs, le fait d’avoir collaboré avec le régime qui certainement a des héritages en terme des actifs comptables devant le peuple, et dont les effets négatifs de l’ébullition du front social reviennent au gouvernement dont elle (UFC) fait partie, risque de lui faire endosser les frais de cette aventure. En effet, une frange non moins importante de la population ne semble plus disposer à accorder leurs voies à un parti politique qui malgré sa présence au sein du gouvernement de Houngbo et de Ahoumey-Zunu, na rien apporté de significatif pour changer leur quotidien. Il se dit que l’UFC pour des raisons propres à elles à commis de tords et du désordre en un temps records de moins de 3ans qu’elle est parvenue au pouvoir. Le comble, elle est devenue muette sur certaines défaillances et insuffisances constatées lors de sa présence aux affaires, ce qu’elle-même défendait quand elle était dans l’opposition. Comment peut-on critiquer celui qui te nourrit ?, ironisent ses détracteurs.

L’UFC devrait–elle avoir du souci à se faire pour les prochaines élections ? La question est dans les débats au sein même de l’état major du parti. “Heureusement pour eux !”, conclut un observateur de la scène politique. Que peut espérer l’opposition dans un contexte où le dé est pipé d’avance ?

 

 CST et Arc-en-ciel victimes de la guerre d’ego

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Les prochaines élections législatives serviront également de teste de popularité à l’ANC, au CST et à l’Arc en Ciel qui vont participer pour la première à ces échéances, même s’il est vrai que la plupart des partis composants ces deux regroupements politiques sont sur le terrain depuis plus de 20 ans. Le contexte actuel serait donc favorable à ces partis représentatifs de l’Opposition d’obtenir la majorité à l’Assemblée nationale, à en croire les interventions de certains acteurs de premier niveau au sein des coalitions.

Sur le terrain, les interventions des partis regroupés au sein du Collectif Sauvons le Togo et son soutien à la Coalition Arc-en-ciel mobilisent du monde au cours de leur appel pour critiquer le pouvoir qu’ils combattent depuis vingt ans. Si l’ensemble de leurs stratégies consiste à critiquer le pouvoir ; ils ont montré qu’ils ont un certain poids politique à ne pas négliger. Fort de ce poids politique et de l’engouement populaire et parfois frénétique qu’il suscite souvent à travers des mobilisations populaires à certaines occasions de ces sorties, ils surchauffés, abusivement ou à juste titre peut être, dans la logique qu’ils sont capables de faire basculer le jeu en leur faveur. C’est la raison qui explique certaines interdictions des manifestations de l’opposition, comme aiment le proclamer certaines voix autorisées au nom des coalitions ’’Tout le monde se rappelle la foule monstre du 12 juin 2012 à Déckon’’ a soutenu un des leaders de l’opposition. ‘’Si le régime lui-même offre des failles qu’exploitent les partis de l’opposition, il n’en demeure pas moins qu’un jeu équitable, juste, transparent donnerait une majorité à ANC, OBUTS, CAR, CDPA et autres’’ renchérit-il…

L’opposition regroupée au sein du Collectif Sauvons le Togo et son soutien Coalition Arc-en-ciel a la capacité nécessaire pour gagner n’importe qu’elle élection ? La question est d’actualité et le 25 juillet prochain sera la date teste de cette supposée ‘’côte populaire souvent clamée sur les ondes et dans la presse’’. N’est –elle pas minée par la guerre d’ego ?

L’opposition a encore une fois raté la coche, avec toute la peine du monde qu’elle a eu à jouir d’un minimum de compromis entre les leaders de l’opposition pour dégager une candidature unique et s’accorder une certaine chance. Malgré les conciliabules et les réunions sur réunions, l’Opposition n’a pas réussi à faire candidature commune au sein de ses regroupements. A rangs dispersés, pourra t-elle parvenir a résister devant la machine infernale de UNIR. C’est à titre individuel que ces partis se sont positionnés dans les trente circonscriptions.

Avec une telle “mésentente”, il n’est pas surprenant que le UNIR-UFC puisse en sortir avec la part du lion et leur laisser le strapontin à se partager. L’Opposition est victime de ses propres turpitudes. Généralement, il est constaté qu’elle n’a pas les ressources matérielles et humaines pour surveiller le scrutin du début à la fin. Dans ce cas de figure, rien ne peut leur faire du bien que de s’unir pour faire face à l’adversaire disposant des moyens de sa politique. Pour l’avoir refusé, elle ne doit s’en prendre qu’à elle-même au cas échéant.

Pour des partis comme CPP, PDR, NET, ALLIANCE et autres, le pas est vite franchi de conclure qu’ils vont jouer des troubles fêtes. On ne voit pas comment ils peuvent espérer un siège à moins d’un cataclysme à la togolaise même s’ils ne se positionnent que dans certaines circonscriptions.

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En somme, il faut dire que les prochaines législatives sont auréolées d’enjeux en ce sens qu’elles interviennent à quinze mois de la présidentielle de 2015. De plus, la prochaine Assemblée devra s’atteler à la poursuite du processus des reformes institutionnelles et constitutionnelles.

 Les élections étant ce qu’elles sont, les différentes candidatures ont des forces et des faiblesses sur l’échiquier politique togolais. Bonne chance à tous et à toutes et que le meilleur gagne !

La Rédaction

 

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