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Ghana/ Bruits de coup d’Etat : La démocratie ghanéenne va-elle s’effondrer ?

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Le Ghana, un pays voisin du Togo, qui continue de faire la fierté de l’Afrique en matière de réussite démocratique et socio-économique est confronté depuis plus d’une semaine à une polémique de coup d’Etat.

A l’origine de l’affaire, Budu Koomson, un ex Capitaine de l’Armée ghanéenne a déclaré sur Oman Fm, une radio privée de la capitale, il y a quelques semaines que le mécontentement des travailleurs ajouté aux nombreux crises énergétiques et de pénurie d’eau plus le retard dans le règlement du contentieux électoral de décembre 2012 actuellement en étude devant la Cour suprême pourraient servir de causes pour un coup d’Etat dans le pays.

Cette information qui a inquiété plus d’un dans le pays a été reprise en échos par Atta-Krufi, le représentant du principal parti de l’opposition, le Nouveau Parti Patriotique (NPP) au Royaume Uni et Irlande la semaine dernière. Atta-Krufi a avancé qu’il y a une forte probabilité qu’un coup d’État se produise au Ghana si le Président John Mahama et son gouvernement ne prennent pas des mesures concrètes pour inverser les conditions de vie difficiles des ghanéens.

Cette dernière annonce a déchainé des flots de réactions dans la capitale tant du coté du gouvernement que du coté de certains acteurs clés de la vie politique ghanéenne.

D’abord du coté du gouvernement par la voix du ministre de la Défense, Mark Woyongo, celui-ci a démenti les affirmations selon lesquelles en raison de la situation socio-économique du pays, les soldats pourraient organiser un coup d’Etat. Le ministre a rassuré qu’il n’est pas perturbé par cette annonce mais qu’il est regrettable que certaines personnes tiennent de tels propos.

Pour rassurer tous, Woyongo a ajouté que « Nos hommes dans les casernes ne pensent pas du tout à un coup d’État mais plutôt à la consolidation de la démocratie que nous avons adoptée en 1992. Ils pensent maintenir la stabilité, la croissance et le développement dont nous bénéficions durant ces deux dernières décennies ».

De son coté, Salomon Nkansah, le Secrétaire adjoint à la propagande du Congrès National Démocratique (NDC), le parti au pouvoir pense que son concitoyen du NPP qui est en Europe vit dans un « âge primitif » pour avoir affirmé qu’il pourrait y avoir un coup d’Etat d’Etat au Ghana.

Bien avant cette réaction, la Sécurité Nationale a interrogé le vendredi 12 avril l’ex capitaine Koomson, le premier à soulever la polémique sur ses récentes affirmations sur l’actuelle situation sociopolitique et économique au Ghana.

Dans les rangs du NPP où l’un de ses militants dans la diaspora a repris en refrain les propos de déstabilisation du régime du Président John Mahama, le chargé des communications du principal parti, Nana Akomea, a démarqué le parti des dérapages de ce membre. Akomea a rappelé que toute personne qui voudrait accéder au pouvoir par la force ce qui n’est pas recommandée par la Constitution ghanéenne, « nous au NPP nous ne tolérerons pas une telle personne. La Constitution stipule clairement comment le Président arrive au pouvoir et la façon de le destituer ».

Au vu de ces deux déclarations de renversement de pouvoir lesquelles ont fait réagir bon nombre de citoyens dans la capitale, on peut avancer que cette aventure ne profitera à personne même les auteurs du coup mais contribuera plutôt à ternir la renommée du pays qui est cité jusqu’ici comme l’exemple de réussite démocratique sur le continent noir. Cet arrêt éventuel du processus démocratique s’il advient, il ralentira à coup sur l’élan du Ghana et affectera plus ses voisins. 

A y voir de près avec l’assise des institutions étatiques, des règles que stipule la Constitution pour révoquer un Président démocratiquement élu et enfin la composition de l’Armée qui est un échantillon de toutes les tribus du pays, penser à un coup d’Etat reviendra à faire rêver plus d’un. 


En somme, on peut dire que la démocratie ghanéenne tiendra bon face aux intempéries car la force des institutions républicaines, la force de la Constitution, l’indépendance des trois pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) sont autant de gages qui pourraient décourager tout aventurier à renverser un Président démocratiquement élu.

CA

 

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