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Sport

Pas d’engouement à l’approche de la CAN en Afrique du Sud

En quelques jours du début effectif, de la 29ième CAN, le pays hôte ne vibre pas. John Kaninda, le correspondant de rfi en Afrique du Sud, s’explique à travers une interview. Lecture !

 

Quelle est l’ambiance en Afrique du Sud à une semaine de la CAN ?

Il y a de l’attente, mais pas autant qu’en 2010, quand le pays attendait le début de la Coupe du monde. Par aux quelques mois avant le début du Mondial, les choses sont bien calmes ici : pas de panneaux publicitaires géants à travers les grandes villes ou sur les autoroutes principales, et très peu de publicité à la télévision ou dans les magazines. En 2010, chaque vendredi était le « national Bafana Bafana day » où tout le monde était encouragé à porter un maillot de l’équipe nationale pour aller au travail ou à l’école. Cette fois, rien de tout ceci.

 

Qu’est-ce qui pourrait expliquer ce manque d’engouement pour la CAN ?

Il y a deux explications principales. Tout d’abord cette CAN est arrivée un peu trop vite : elle était attendue pour 2015, mais en raison de l’instabilité politique en Libye, elle a été attribuée a l’Afrique du Sud en 2013, la Libye ayant la charge de l’organiser en 2017, ce qui a sans doute pris de court les annonceurs et les responsables du marketing.

Ensuite, il y a le manque de connaissance ou d’intérêt affiché par le Sud-africain moyen pour tout ce qui est lié au reste du continent. Le public connait très peu ou pas du tout les différentes équipes qui participeront à la CAN. Ce manque d’intérêt va certainement avoir un impact sur l’affluence aux matches. Par exemple, seulement 5000 billets ont été vendus pour Algérie-Tunisie, le derby d’Afrique du Nord. La seule équipe étrangère qui pourrait drainer les foules est la Côte d’Ivoire, en raison de la forte médiatisation du championnat anglais de football, où a évolué Didier Drogba et où jouent les frères Touré ainsi que Gervinho.

 

La CAN pourrait-elle être perturbée par les mouvements de revendication sociale ou des grèves?

Cela demeure improbable, même si le pays traverse l’une de ses plus fortes crises sociales, symbolisée par le massacre, le 16 août dernier, des mineurs de la petite ville de Marikana, à deux pas de Rustenburg, l’une des villes-hôtes du tournoi. Les seuls mouvements de grèves annoncés sont dans les secteurs agricole et minier, et s’ils éclatent, il est a prévoir que ce sera après la compétition continentale, pas durant cette dernière.

 

Nelson Mandela assistera-t-il à l’ouverture de la CAN entre l’Afrique du Sud et le Cap-Vert ?

Mandela a toujours été le premier supporter des équipes nationales sud-africaines, qu’il s’agisse de rugby ou de football. Cette fois-ci, on ne le verra certainement pas. D’abord, cela fait bientôt trois ans que Nelson Mandela s’est retiré de la vie publique sud-africaine. Et vu son état de santé (le dernier bilan de santé faisait état d’une infection pulmonaire à présent stabilisée), il ne sera pas autorisé à faire une apparition publique. Il faut se souvenir que sa dernière sortie, lors de la Coupe du monde 2010, était due a une forte pression du public. Il est fort peu probable qu’une telle chose se répète.

 

Que pense le public sud-africain des chances des Bafana Bafana d’aller loin dans cette compétition ?

La fédération a mis la barre très haut en donnant au sélectionneur sud-africain Gordon Igesund la mission de qualifier les Bafana pour les demi-finales. Est-ce réaliste ? Oui et non.

Oui, parce que les Bafana Bafana jouent a domicile et pourront compter sur le soutien indéfectible de leur public. Ce qui pourrait les aider à se transcender, comme la Guinée équatoriale et le Gabon en 2012.

Non, parce que les Bafana ne rassurent pas. L’équipe est en pleine reconstruction et la mayonnaise tarde encore a prendre. Le groupe est composé de joueurs sans expérience internationale et ne dispose pas d’attaquants d’envergure. Même si les Bafana Bafana disposent d’une bonne défense et d’un milieu de terrain technique, qui peut aider à compenser la sécheresse offensive qui affecte l’équipe. Les matches de préparation n’ont en tout cas pas été concluants. Pour aller loin, il leur faudra hausser leur niveau de jeu. Et quand on sait qu’ils devront affronter l’équipe du Cap-Vert, l’inconnue de cette compétition, ainsi que les redoutables Angolais, en grand forme en ce moment, et les Lions de l’Atlas marocains, ce n’est pas gagné.

 

Entretien sélectionné par AMETBAO

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