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Culture

Interview exclusive avec le réalisateur François E. Kandonou

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A partir du 15 décembre prochain plusieurs sites de Lomé vont servir de tournage à un grand feuilleton africain intitulé « Miss Diamant ». Des figures de ponte de l’humour africain, venues de plusieurs pays comme la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Bénin, le Togo sont distribués dans cette série réalisée par François E. Kandonou. Michel Gohou, Bohiri Gbadamassi, Gogoligo, Akambi Akala, Gustave Sorgho, et bien d’autres encore sont, acteurs dans ce beau projet à ne pas manquer. Pour tenter d’en savoir sur cette série qui traite des péripéties du monde socioculturel, religieux traditionnel et politique, avant son tournage et sa sortie, nous avons contacté le réalisateur. Entretien.

 

Vous êtes le réalisateur du feuilleton de télé « Miss Diamant » dont le tournage démarre dans quelques jours à Lomé avec des acteurs très connus. Comment vous est venu ce projet ?

L’inspiration nous est venue suite à une rencontre avec un évêque de l’église catholique dont je préfère taire le nom. Ce dernier nous a fait de palpitantes révélations sur les dons des terres à l’église catholique avant, pendant et après la colonisation. En ma qualité de cinéaste, j’ai trouvé le problème d’actualité dans la mesure où les questions foncières entre l’Etat et les autochtones et entre des chancelleries et des propriétaires continuent à nourrir des querelles intestines. 

 

Quelle est l’intrigue de cette série télé?

A la veille de sa mort, un redoutable prêtre de la forêt sacrée se converti au christianisme et cède la forêt sacrée en héritage à son fils aîné, l’archevêque du pays. Une forêt qui devrait revenir de droit au fils cadet, le président des chefs traditionnels du pays et premier substitut du défunt père. Or cette forêt sacrée est source de puissance des autorités traditionnelles, politiques, judicaires et religieuses…

Comment partager un héritage spirituel, entre deux frères sanguins de convictions opposées, soutenus chacun de son côté par des autorités de tout bord ?

 

 Pourquoi avoir choisi la ville de Lomé et ses environs pour le tournage de ce feuilleton ?

Je suis Togolais et fier de l’être. En tant que réalisateur, j’ai fait mes preuves dans plusieurs pays comme la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Bénin, l’Afrique du Sud voire au-delà du continent africain. Mais à un moment il fallait faire un break et penser à mettre en valeur son pays. En plus les conseils de certaines autorités m’ont amené à me décider.

 

Pourquoi une série sur les conflits entre le monde religieux traditionnel et les religions importées, le Christianisme en l’occurrence ?

Ce qui me tient à cœur à souligner, c’est que rien n’est totalement noir, rien n’est totalement blanc. Il faut trouver la voie du juste milieu. Aussi bien dans les religions traditionnelles que dans les religions importées, il y a toujours quelque chose de positif à y retenir. Tout ce qui se perd dans le christianisme se retrouve dans les traditions et vice-versa. Rappelons-nous de la célèbre formule de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

 

 Que répondez-vous à ceux qui pensent que les religions traditionnelles freinent le développement de l’Afrique ?

Je viens de vous dire que tout est complémentaire. Et donc, il est question de retrouver la ligne médiane à base de laquelle on peut tisser l’épanouissement personnel et celui de la société.

 

Disposez-vous des moyens pour pouvoir faire diffuser « Miss Diamant » sur de grandes chaines internationales, tout comme les séries ivoiriennes, Burkinabès, etc. qu’on y regarde souvent ?

Je pense que le Togo a besoin également d’exporter ses talents et de faire émerger les réalités du quotidien d’ici, les partager avec d’autres peuples qui arrivent à nous faire voir les siennes à travers des feuilletons dont l’on apprécie tant les personnages. Nous sommes en partenariat avec toutes les chaines francophones d’Afrique subsaharienne et tout est en bonne voie pour que ce feuilleton soit largement diffusé.

 

 Que pouvons-nous souhaiter à KEF Productions pour la réussite de ce projet de feuilleton ?

C’est l’occasion de dire aux  partenaires potentiels de souscrire à nos offres spéciales afin de permettre la visibilité de leurs institutions ou produits  à l’international.

 

Interview réalisée par D. K.

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