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Afrique du Sud : Malgré son impopularité, Jacob Zuma a de fortes chances d’être maintenu à son poste du président de l’ANC pour le prochain mandat

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Jacob Zuma reste à la tête de son parti jusqu’en décembre. Le président sud-africain Jacob Zuma a beau être impopulaire et mis en cause dans de nombreux scandales, il devrait parvenir à se succéder à lui-même à la tête du Conseil National Africain (ANC) lors du prochain congrès du parti dominant, en décembre.

 

Compte tenu de la puissance du mouvement qui a remporté plus de 60% à toutes les élections nationales depuis la fin de l’apartheid en 1994, celui qui contrôlera le parti sera à peu près certain d’être le prochain président sud-africain après les élections de 2014. A défaut, il pourra le désigner. Mais le congrès de l’ANC, du 16 au 20 décembre à Mangaung (Bloemfontein, centre), survient dans une période particulièrement troublée de l’Afrique du Sud post-apartheid, sur fond d’agitation sociale pour réclamer des salaires décents dans les mines et les campagnes, de dégradations de la note du pays, de chute de la monnaie et de chômage alarmant. Jacob Zuma n’a cessé d’être critiqué pour sa gestion des événements.

 

Selon les derniers recoupements, la police a fait 34 morts lorsqu’elle a tiré sur des grévistes le 16 août à la mine de platine de Marikana (nord), et il est accusé d’avoir fait luxueusement agrandir sa résidence de Nkandla (est) aux frais du contribuable. Une coalition hétéroclite surnommée “N’importe qui sauf Zuma”, qui comprend notamment l’ancien patron des jeunes du parti —exclu en avril— Julius Malema, est partie en campagne pour obtenir sa tête, et placer à sa place le vice-président Kgalema Motlanthe. “A ce stade, il semble probable que Zuma aura suffisamment de voix pour rester à son poste“, estime le journaliste Adriaan Basson, auteur d’un livre sur le président.

 

Malgré les scandales et le procès pour incompétence, “pour des raisons de continuité, il semble que l’ANC gardera Zuma pour encore cinq ans, terni ou pas“, estime-t-il Tom Cargill, spécialiste de l’Afrique au think-tank britannique Chatham House croit également que Jacob Zuma sera réélu, “et par une plus grande marge que beaucoup ne l’imaginent“.

 

Car le président peut compter sur les voix des délégués des bastions peuplés de l’ANC et du soutien de la centrale syndicale Cosatu, alliée au parti dominant. Alors que les cellules du parti achèvent de nommer les 4.500 délégués qui iront à Mangaung, il bénéficie de soutiens “inattaquables” dans sa province natale du KwaZulu-Natal (est), mais aussi dans l’Etat libre (centre), le Mpumalanga (nord-est) et le Cap oriental (sud-est), selon la politologue Karima Brown.

 

Les scandales pourront bien nuire à l’ANC dans la perspective des prochaines élections de 2014, mais “ils ne devraient pas influencer la majorité des membres” au congrès de décembre, estime-t-elle.

 

Firmin Teko-Agbo

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