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Culture

Interview AMRON Tout baigne pour le Black boy

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Après s’être fait remarquer via son premier album « Black Boy » et surtout un buzz -qui lui a valu toutes les foudres en son temps- Amron, connu à l’Etat civil comme Tchala Essowé Narcisse, s’estime enfin prêt à livrer son deuxième opus plein de sagesse et d’adresse. « Alléluia tout baigne », son nouveau single dont le prodigieux clip signé Jeff Attiogbé, en donne avec maestria le ton. Coup d’œil serein sur le passé, projets plein les cartons, Amron signe désormais chez Bethsaida Production de Olivier Amelaa. Il promet un album empli de gaieté et de matière. Rencontre avec le rappeur, double lauréat des Togo Hip Hop Awards 2010.

 

-Avec votre nouveau single « Alléluia, tout baigne », tout baigne effectivement pour vous depuis plusieurs mois. Quelle était votre idée en baptisant ainsi cette composition ?

Dans ce titre, je fais d’abord référence à Dieu qui a réalisé des miracles dans ma vie parce que je me sens mieux aujourd’hui. Ensuite, il y a que j’avais entre temps bien de difficultés à enregistrer le nouvel album : mon ancien producteur m’ayant lâché, ayant à dos une partie de mes fans, etc. Dans ces conditions, il était difficile d’aller en studio. Mais j’ai gardé le cap, le moral surtout, malgré les turpitudes et l’inspiration ne faisait jamais défaut. Au fil de l’enregistrement, arrivé au dixième morceau, en faisant le recul, je réalise que ce n’était pas évident. Alors je me suis dit « Alléluia tout baigne ».

 

-Ce single annonce sans doute un nouvel album. A quand le prochain et quel en sera le titre ?

Mon second album est censé sortir déjà. Nous avons décidé de reporter cette sortie au regard de quelques soucis techniques. De plus, les réflexions ont évolué entre temps et étant pointilleux sur la perfection, moi et mon équipe avons convenu de retravailler certaines plages afin d’offrir le meilleur au public qui aura sans doute le plaisir de se délecter d’un beau disque. Je me dis que tout est encore possible et je préfère ne plus faire de promesse au sujet de la date de sortie et du titre.

 

-L’album est-il entièrement enregistré à Lomé ?

Bien des chansons sont enregistrées à Lomé. Mais il y a une qui a été enregistrée à Paris. Je bouge bientôt pour Ouagadougou et il est prévu que j’enregistre un morceau là, également. Il y a par ailleurs un projet, d’enregistrer un morceau à Cotonou au Bénin aussi. Mais une précision. Tout le disque sera mixé et mastrisé à Lomé.

 

Un album comme celui-là avec tout le soin que vous y accordez, comptera sans doute des voix invitées… ?

Tout à fait. Pas mal d’artistes invités. Young Chris Kurton, un artiste congolais résidant au Sénégal, Blaaz du Bénin, les Toofan…

 

Justement en évoquant les Toofan, cela me pousse à savoir ce qui explique que vous vous accrochiez autant au Hip hop, alors qu’aujourd’hui c’est la grande vogue des musiques de variétés et d’ambiance ?

C’est une question de conviction et de confiance. Moi, j’ai confiance en ce que je fais. Je ne me vois pas en train de faire de la variété. Je me sens bien dans le hip hop et j’ai mon public. « Alléluia, tout baigne ». Donc je continue dans la même voie, sinon de la même voix. (Rires !).

 

-Mais n’avez-vous pas l’impression qu’on vit une crise de la musique Hip hop, corsée par la reconversion de certains ténors du HH, qui se sont reconvertis ?

Je penseque les artiste hip hop qui se reconvertissent le font parce qu’ils n’ont pas le choix. Une des raisons à mon avis, c’est que beaucoup d’animateurs radios et télés, ne font plus la promo du Hip hop. Même à l’international, le problème se pose. Ils ont un faible pour les sons Cool catché, Azonto, etc.

 

-Etes-vous déjà confrontés à un problème du genre ?

Ah oui ! Une petite histoire. Par exemple quand j’ai envoyé mon dernier clip à Trace TV, le programmateur n’a pas voulu d’abord jouer le clip ni sur Trace Africa, ni sur Trace Urban, au prétexte que je fais du rap purement français sans aucune rythmique africaine. Et que je ne suis pas Français et je vis en Afrique. En clair, c’est que les promoteurs et les programmateurs influencent et orientent le choix de bien d’artistes et certains finissent par se reconvertir. J’estime, malgré tout, qu’il nous faut, nous artistes hip hop garder confiance en nous et continuer à faire du bon boulot.

 

-Si on se permet de regarder dans le rétroviseur, depuis la sortie de « Black boy » jusqu’au single « Alléluia, tout baigne », quel enseignement, quel bilan ?

« Black boy » c’était août 2010 et il y a donc plus de deux ans. Je dirai que j’ai mûri, j’ai grandi. Je ne me permettrai plus certaines erreurs. Du point de vue d’un bilan, je vais vous surprendre. « Alléluia, tout baigne », mon nouveau single m’a permis de faire plus de scènes que tout le premier album. Avec  ce single, J’ai même des invitations pour l’extérieur du Togo et il reste des détails à mettre au clair. Cela veut dire que l’aventure s’annonce vraiment belle avec le prochain album. « Alléluia, tout baigne » vraiment!

 

Vous signez désormais avec Bethsaida Production de Olivier Amelaa, qu’est-ce cela implique concrètement de chaque côté ?

Bethsaida Production s’occupe de mon image, de ma vie artistique, etc. et moi je m’occupe de tout ce qui concerne les enregistrements et la direction artistique même. Disons que c’est beaucoup plus un partenariat gagnant-gagnant qui nous lie. Il faut observer qu’à la sortie de mon tout premier single « Amron », j’étais déjà sous la coupole de Bethsaida Production. Ensuite pour des raisons de disponibilité, j’ai dû continuer en solo. Mais, très rapidement j’ai repris contact avec la maison car elle a de l’expérience et le Directeur lui-même a la même vision que moi. Celle de l’excellence.

 

-L’année dernière, suite à une de tes sorties médiatiques, tu as attiré la foudre de bien de gens sur toi. A la veille de la sortie d’un nouvel album, quelles sont tes relations avec, et le public, et les collègues et autres professionnels du milieu ?

Ce que j’avais voulu faire avec une telle sortie, s’appelle du buzz. Très peu l’ont compris. D’où toute cette réaction. Malgré cela, j’avais gardé la tête sur les épaules, convaincu qu’on finira par me comprendre. Aujourd’hui j’entretiens de bons rapports avec tous les artistes. Et le public a bien accueilli mon nouveau single. Donc tout va bien.

 

-Depuis un moment, on vous voit très souvent habiller de T-Shirts et casquettes frappés de l’inscription « 3B », une marque propre à vous, une commande ?

En fait, 3B (Ndlr : Be a Black Boy, pour les garçons et Be a Black Baby, pour les filles) est une marque propre que j’ai lancée. Car pour moi, un artiste ne peut pas vivre que de la musique ici avec un si petit nombre de concerts sur l’année. Donc l’idée est à la fois, de soigner mon image et d’élaborer un business pour accompagner, mon art. Et c’est l’amorce d’un grand projet futur qui va s’appeler la BBM (Black Boy Music), un label de musique qui va rassembler les artistes Hip hop d’ici et d’ailleurs, histoire de booster encore le hip hop et que le genre ne meurt.

 

-D’autres projets ?

J’aime l’effet surprise et je préfère laisser le soin au public de les découvrir.

 

Par Dieudonné KOROLAKINA

 

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