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Enquêtes & Interviews

Interview de Dr Georges William Kouessan, Président de «Santé du Peuple»

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 Le paysage politique togolais s’est aggrandi avec « Santé du Peuple », un nouveau parti porté sur les fonts baptismaux le samedi dernier à Lomé. Dans l’interview que voici le Président Dr Georges-William Kouessan parle entre autres des objectifs et des idéaux du parti.

 

Qui est Dr Georges-William KOUESSAN ?

 Né le 15 mars 1967 à Lomé, je fis mes études secondaires au collège st joseph de Lomé soldées par un Baccalauréat série D en 1988. Je poursuivis mes études supérieures en Médecine à la faculté des sciences de la santé (FSS) de Cotonou (République du BENIN) achevées en 1996. Je soutins en 1998, avec succès, ma thèse de Doctorat d’Etat en Médecine. De 2000 à 2007, je fis des études à la faculté mixte de Médecine et de Pharmacie (FMMP), de Lomé, cette fois en filière pharmacie où j’obtins, après un stage de préparation de thèse à l’hôpital de Treichville en cote d’ivoire, mon Doctorat d’Etat en Pharmacie. Je fis en 2010, ma spécialité en santé publique à l’université de Cocody à Abidjan, une formation sanctionnée par une maîtrise de santé publique. Je suis actuellement en instance de renforcement de connaissances en sociologie de la santé en France.

Sur le plan professionnel, je suis médecin résident à la clinique de l’union de Cotonou, Directeur de la clinique Joseph STREBLER de Lomé que je fondai en 2000, médecin résident à la clinique HOTEL DIEU d’Abidjan, Directeur de la « Pharmacie KOUESSAN ».

 

Aujourd’hui vous êtes le président d’un tout nouveau parti politique porté sur les fonts baptismaux, le samedi dernier, comment expliquez-vous, votre engagement politique ?

 Nous, nous avons toujours dit que nous sommes arrivés en politique de manière accidentelle. Nous n’étions pas fait pour faire la politique, nous n’étions pas formés pour faire la politique, nous sommes arrivés en politique, parce que interpellés par certaines réalités du terrain.

 Vous savez, nous sommes médecins et la profession médicale est une profession qui rapproche des couches les plus défavorisées de notre pays, ce qui vous met au contact des réalités quotidiennes de nos populations et quand on a des valeurs telles que, l’équijté, la solidarité et la justice sociale chevillées à son corps, on n’a pas d’autres choix que de se laisser aller à la politique.

 

« Santé du Peuple », c’est le nom de votre parti. Pourquoi une telle dénomination ?

 La dénomination « santé du peuple » doit toujours être prise sous deux angles : un angle symbolique pour répondre à la réalité politico-socio-économique de notre pays, (en ce moment, le Togo est malade), puis un angle matériel où la santé doit être prise dans sa forme multidimensionnelle, c’est-à-dire, physique bien-sûr, mais aussi sociale, économique, morale…bref il faut prendre la santé ici comme un état de complet bien-être.

 Vous savez, même l’organisation mondiale de la santé (OMS), définissait la santé simplement comme une absence de morbidité, mais depuis sa conférence de 1946, c’est-à-dire au lendemain de la seconde guerre mondiale, elle a revu sa copie et y a ajouté les dimensions sociale et économique.

 

 Il y a déjà au Togo près d’une centaine de partis politiques dont seulement une dizaine est active sur le terrain. La résolution du problème togolais passe-t-elle par la création d’un parti politique ? Ne pensez-vous pas que vous seriez plus utiles pour les Togolais en militant dans l’un des partis politiques déjà existants plutôt que de vouloir créer le vôtre propre ?

 Le problème togolais, c’est quoi ? c’est que tous les fils de ce pays, puissent profiter équitablement de ses richesses et cela, selon nous, passe par deux choses : l’acquisition du pouvoir à la notion de l’alternance politique et la mise en commun des forces du changement, elle-même étant de deux ordres, intellectuel et électoral.

 Prenons les, l’une après l’autre : d’abord l’acquisition du pouvoir à la notion de l’alternance politique :ce n’est pas parce que nous adhérerons tous à un même parti politique que le pouvoir s’acquerra à la notion de l’alternance politique, bien au contraire, plus il aura en face de lui, différents interlocuteurs réclamant la même chose, plus il se remettra en question.

 Au niveau de l’opposition, ce n’est pas parce que l’on est tous dans un même parti politique qu’on réfléchit mieux. Bien au contraire, lorsqu’on appartient à une structure idéologiquement différente, on est plus libre de ses réflexions, plus responsable de ses propos, donc plus créateur et nécessairement plus efficace et plus utile.

 Le seul écueil, en réalité, de l’existence de plusieurs partis politiques, reste le risque potentiel d’effritement des suffrages, et cela, tout parti qui se réclame de l’opposition et qui l’est vraiment, doit pouvoir le montrer en privilégiant l’union à toutes autres considérations.

 Bref, l’existence de plusieurs partis politiques, pour nous, participe de l’enrichissement du débat politique, tout dépend de l’usage que l’on en fait. Il y a 188 partis politiques au Sénégal, cela n’a pas empêché l’opposition de prendre le pouvoir.

 

 Quels sont les idéaux et les objectifs de votre parti ?

Le parti « santé du peuple » est idéologiquement un parti social-démocrate, laïc, créé dans le but d’œuvrer à la diminution, sinon à l’éradication de la pauvreté dans notre pays. Il est fondé sur les valeurs de la solidarité, de l’équité et de la fraternité. Ses principales visions sont, au plan politique, la promotion de l’Etat de droit et de la démocratie, au plan socio- économique, la promotion de la santé, d’abord physique, mais aussi dans toute sa dimension : social, économique, morale…

Ses objectifs, découlent, naturellement de ses idéaux, il compte notamment :

Œuvrer à la mise en place des organes efficaces de diffusion des principes et valeurs de la démocratie de l’Etat de droit et de la paix

Luter pour l’effectivité de la décentralisation dans notre pays et pour la tenue des élections dans les conditions d’équité et de transparence,

Lutter pour l’instauration, dans les programmes de base, des notions de la solidarité, de l’équité de la fraternité et du respect de la différence, qu’elle soit culturelle, ethnique, politique, ou sociale

Stimuler la participation des femmes aux prises de décision et cultiver la notion de la bonne gouvernance en insistant sur le rôle important du secteur privé et de la société civile.

Instaurer un conseil national de santé publique qui se penchera sur tous les aspects sanitaires des problèmes de notre pays.

Instaurer un conseil national de bien-être social qui aura pour mission de suivre nos concitoyens dans leurs problèmes au quotidien

Développer la notion du suffrage universel à travers un vaste programme de formation et de sensibilisation.

Au plan communautaire, oeuvrer à l’avènement d’un parlement communautaire avec des députés directement élus à la base.

 

Quel est votre positionnement dans le clivage pouvoir-opposition ?

Le parti « santé du peuple » est un parti d’opposition.

 

Peut-on voir demain « santé du peuple » se rallier au CST ou à la coalition ARC-EN-CIEL ?

Vous savez, « santé du peuple » est fondamentalement pour l’union de l’opposition.S’il n’y avait pas de coalition, il se battrait pour cela,ce n’est donc pas quand il y en a déjà, qu’il fera le chemin seul. « Santé du peuple » rejoindra nécessairement une coalition. Nous attendons de finaliser les formalités administratives.

 

Répondant à une question samedi dernier en marge du congrès constitutif, vous aviez notamment déclaré « santé du peuple ne sera pas un parti de plus ». Que comptez-vous faire pour que votre formation politique ne connaisse pas le sort des dizaines d’autres qui ont disparu-de la scène quelque temps seulement après leur naissance ?

Pour répondre correctement à cette question, je pense qu’il faut se donner le loisir de faire un diagnostic clair des raisons qui sous-tendent leur disparition subite de la scène politique. Ce que nous ne pouvons affirmer avoir fait de manière exhaustive.

Il faut surtout se garder de leur jeter, toute suite, la pierre.

Mais pour l’instant, je pense qu’il faut être assez humble et reconnaître qu’on est nouveau et qu’on a beaucoup à apprendre des autres, respecter les formations politiques aînées, et surtout travailler. Seul le travail paie.

Cette disparition subite peut provenir aussi de la recherche rapide de résultats.Cela peut conduire à des erreurs politiques et à la volatilisation du parti. A « santé du peuple », nous avons coutume de dire que notre Dieu, l’omniscient et l’omnipotent a créé le monde en six jours alors qu’il en était capable en quelques fractions de seconde. Il faut surtout être très patient.

 

 

Quelles seront vos actions à court et à moyen termes ? Déjà des Ambitions pour les législatives et les locales ?

 

Bien-sûr, que oui.C’estmême la raison pour laquelle nous nous affairons ces derniers temps.

Mais la « santé du peuple » n’ira pas en tant que « santé du peuple » mais nécessairement en tant que membre d’une coalition.

 

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