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Culture

Interview exclusive TooFan : 12 Août 2012, l’heure de la vérité pour le Cool catché

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Le 12 août prochain au stade de Kégué, à travers un concert qu’ils annoncent gigantesque, mémorable, explosif…, les Toofan devront tester les pools de la mouvance Cool catché dont ils sont à l’avant-garde. Si le buzz de cette rythmique très dansante et très adulée en ce moment dans plusieurs capitales africaines ne se dément pas- la preuve sur les réseaux sociaux et bien de chaînes télés internationales- la concurrence face à d’autres tendances n’en reste moins percutante. Celle notamment du rythme Azonto proposé par le voisin ghanéen avec ses avantages comparatifs connus. Fantohou Kossi (Master Just) et Mensah Blaise alias Barabas en sont pleinement conscients. C’est pour cette raison qu’ils ambitionnent, à l’occasion de ce concert de cristalliser les regards de toutes les figures incontournables du show biz africain et faire concentrer les projecteurs du succès sur cet événement unique, histoire de donner un autre tournant à la tendance et à toute la musique togolaise en général. Un autre challenge non moins important pour le duo le plus célèbre du quartier Tokoin séminaire, serait de remplir ce lieu, car jusqu’à ce jour King Mensah demeure le seul chanteur togolais à avoir fait le plein de ce stade, à deux reprises coup sur coup. Entretien en marge d’un déjeuner de presse préfigurant ce concert.

 

-Pouvez-vous nous parler de la tournée de promotion de la mouvance Cool catché que vous avez entamée récemment à l’intérieur du pays et de votre dernier concert à Paris à la maison de l’UNESCO ?

Barabas : Disons que ça a été un succès à Paris. Il s’agissait d’un lever de fonds initié par l’Ong AIMES-Afrique et nous étions très comblés de nous produire devant une salle archicomble et aux côtés d’autres grands noms de la scène africaine.

Concernant la tournée Cool catché, nous étions agréablement surpris de voir que le message soit si bien passé dans les villes de l’intérieur voire des quartiers de ces villes-là. On a rencontré des tout petits se lancer dans des démonstrations de Cool catché. Nous étions fiers de ces jolis spectacles.

-Qu’est-ce qui vous a au juste amené à l’initiative de cette tournée ?

Master Just : Il y a deux ans que la tendance Cool catché est née et il était à un moment important pour nous d’aller voir comment, elle se porte à l’intérieur aussi, l’accueil qui lui est réservé par les différents publics. Le fait d’être à Lomé et d’être souvent en voyage ne nous le permettait pas. De plus, notre idée est de donner une véritable identité au mouvement. Il est vrai que le Cool catché appartient aujourd’hui au patrimoine africain, mais il faut que ça soit togolais d’abord.

-Comment jugez-vous, vous-mêmes le niveau du Cool Catché aujourd’hui ? 

Barabas : Permettez-moi de remonter un peu l’histoire de cette tendance. Au tout début, nous nous disions ainsi qu’à notre entourage que c’était une ambition quasiment démesurée que de créer un concept pour donner une image positive à la musique togolaise. Ce n’était pas évident que d’autres artistes nous emboitent le pas. Mais, aujourd’hui et fort heureusement, l’intérêt des artistes togolais et ceux d’autres pays pour le Cool catché témoignent que Toofan ne s’était pas trompé du tout. Il y a même mieux. En France, on a vu des groupes afro monter des chorégraphies autour du Cool catché. Et vous imaginez bien notre satisfaction face à toute cette montée d’engouement pour le mouvement.

Master Just : il faut par ailleurs dire que ce grand succès du Cool catché constitue une pression pour nous, parce qu’il nous faut tout faire pour ne pas le voir mourir. C’est un joyau qu’il faut préserver.

-Peut-on lire votre succès comme un couronnement ?

Master Just : Non ! j’aime souvent emprunter la métaphore du tunnel pour dire que Toofan est en train de traverser une sorte de tunnel et nous n’en avons pas encore vu le bout. Barabas et moi, avions l’habitude de nous exhorter en disant que s’il faut que nous quittions ce domaine, c’est que nous avons terminé en monument. En clair, le monument, c’est celui-là qui marque son temps et laisse un héritage pour les générations d’après grâce à son art. Et je pense que nous avançons dans cette philosophie.

-Votre succès, le fruit de la chance ou de votre talent ?

Barabas : les deux, à mon avis dans la mesure où nous ne nous disons pas que tout dépend exclusivement du travail. Dans la vie et dans les divers domaines comme le sport, l’art, la musique, etc. il faut avoir à la fois la chance et le talent.

-Une surprise avant la date du concert au stade de kégué ?

Master Just : La sortie, et c’est déjà fait d’ailleurs, de la chanson « Come on man ». Une chanson sur le mode de l’amusement et c’est d’ailleurs notre recette succès. S’il faut faire une confidence aujourd’hui, je crois que c’en est une. Tout ce que Toofan fait, c’est de l’amusement travaillé. Car pour nous, l’inspiration vient en s’amusant. L’histoire du tube « déloger » par exemple en une preuve palpable. Nous étions là à Anoumanbo, en banlieue d’Abidjan lors du festival initié par Magic System. Et pendant un festival de football de petits potos, dans la fièvre des éliminations, un jeune lance à l’encontre d’une équipe adverse « qu’on va les déloger ». Et ça fait tilt dans notre tête et c’était parti….

-Quelle promesse concrète pour le concert du 12 août prochain ?

Barabas : le public doit s’attendre à un Toofan toujours ameneur de concept. Le plus important pour nous pour le moment, c’est la promo de l’événement, que le public se déplace massivement et que la communion soit grandiose avec le public.

Interview réalisée collectivement lors d’un déjeuner de presse le 20 juillet 2012

Transcription : D.K.

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