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Politique

Enlisement de la crise sociopolitique du Togo : La grève du sexe peut-elle décanter la situation?

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La situation sociopolitique très tendue actuelle ne laisse pas indifférentes les femmes togolaises. Elles ont trouvé la solution pour faire décanter la situation et permettre que les acteurs politiques puissent retourner au tour d’une table de dialogue. La solution « miracle  », selon elles, n’est rien d’autre que la grève du sexe. Cette mesure déjà testée sous d’autres cieux a donné des résultats mitigés. Cette approche peut-elle changer la situation ?

 

Tout commence le dimanche 26 août, lorsque le Collectif « Sauvons le Togo » a appelé les femmes togolaises à mettre l’embargo d’une semaine sur leur sexe pour contraindre les hommes à s’investir davantage dans le mouvement de contestation lancé par l’opposition. Et c’est la deuxième Vice-Présidente de l’ANC, Isabelle Améganvi qui donne le ton : « Les femmes sont les premières victimes de la situation catastrophique que nous vivons au Togo. Raison pour laquelle nous disons à toutes les femmes : une semaine sans sexe. C’est aussi une arme de lutte », s’est elle écriée à l’endroit de ses camarades femmes.

 

Depuis ce lundi 27 août, la grève du sexe devrait débuter et durer une semaine. Une manière pour dire aux hommes de résoudre d’abord le problème avant de recommencer à faire l’amour avec leur femme ou avec leur compagne. Pour le moment il est difficile de mesurer effectivement la portée de cette grève. Au cours d’une opération micros trottoirs que nous avons réalisé, certains hommes ont avoué ne plus avoir accès au sésame depuis le déclenchement du mouvement, tandis que d’autres affirment être mieux lotis ces derniers jours par leurs femmes qui n’ont manifesté la moindre résistance. Leurs conjointes ont avoué qu’elles ne sont prêtes à laisser leurs maris dans les bras d’autres femmes voleuses de maris, à cause d’une quelconque grève de sexe.

 

Tout compte fait, il faut dire que les femmes d’autres pays ont eu également recours à cette abstinence involontaire avec des résultats plus ou moins positifs.

 

La grève du sexe, selon des sources de l’antiquité, aurait commencé avec une femme appelée Lysistrata qui fut la première à la décréter. A l’époque, ce fut pour trouver une solution aux sempiternelles guerres entres Athènes et Sparte, les deux villes ennemis. Puis c’est devenu un phénomène courant.

 

En 2002, la future lauréate du prix Nobel de la Paix, Leymah Gbowee lançait une grève du sexe pour obliger le régime de Charles Taylor d’alors à associer les femmes dans les négociations. Ce que l’ancien homme fort du Liberia avait fait.

 

En 2009 les Kenyanes faisaient la même chose. Le slogan « Pas de réformes, pas de sexe ! » était le leitmotiv. Ce qui dans une certaine mesure a contribué au dialogue entre le Président Mwai Kibaki, et l’opposant Raila Odinga qui deviendra la suite Premier ministre. « Les grandes décisions sont prises sur l’oreiller, donc nous demandons aux deux dames (les épouses du premier ministre et du président) lorsqu’elles se retrouvent dans l’intimité avec leurs maris, de leur demander : Mon chéri, peux-tu faire quelque chose pour le Kenya ? », explique alors Patricia Nyaundi, avocate kényane.

 

En 2011, face à la longue crise institutionnelle qui a bloqué la vie politique belge, les femmes de ce pays l’ont également décrétée pour exiger la formation d’un gouvernement. L’initiative était venue de la sénatrice Marleen Temmerman. Elle a appelé ses compatriotes féminins à se refuser à leur homme pour sortir le pays de la crise politique.

 

C’est dire que la grève du sexe n’est pas une procédure nouvelle. Elle est utilisée depuis les temps immémoriaux pour forcer les hommes à trouver des solutions aux problèmes lorsque toutes les voies paraissent épuisées. Les femmes togolaises se refuseraient à leur mari pour les emmener à résoudre la crise sociopolitique, c’est de bonne guerre. Qui dit pense mieux ?

Si l’on s’en tient aux propos de l’initiatrice de la grève sur les médias tant nationaux qu’internationaux, cette dernière est la ligne droite de la révolution qui peut libérer le peuple togolais qui peut “sauver le Togo” ’’Si notre peuple n’est pas libéré au plus tard le jeudi, les femmes vont se précipiter à la prison nues pour les faire libérer, seulement en pantalon rouge et rien d’autre“, a-t-elle dit et à la réplique du ministre de la sécurité qui souligné « Nous les attendons »

 

Et au coordinateur du CST, qui rejette en bloc tout dialogue ’’Nous ne tiendrons pas de discussions avec le gouvernement, sauf ceux à négocier le départ du président Faure Gnassingbé du pouvoir“.

 

Aucun des camps ne jouent au fair-play pour asseoir un dialogue accepté par tous, mais il est aujourd’hui tempos que les deux camps protagonistes de revoir leurs stratégie et ajouter de l’eau dans leurs vins pour un dialogue franc et sincère qui sortira le Togo des gouffres. A notre humble avis, aucune arme n’est plus efficace que les urnes.

 

La Rédaction

 

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