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Société

Ghana / Craintes de reprises des violences à Hohoe : Les musulmans appellent l’Armée au secours

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Les leaders musulmans de la communauté Zongo à Hohoe, une localité de la région du Volta, frontalière avec celle des Plateaux au Togo, ont demandé hier vendredi 15 juin 2012 à l’autorité militaire régionale de renforcer la sécurité pendant leur prière du vendredi après-midi. Ainsi donc au moment où les fidèles musulmans priaient à l’intérieur des mosquées, les militaires ont veillé aux alentours pour dissuader tous éventuels fauteurs de troubles.

La demande de protection des lieux est intervenue à quelques heures de l’expiration de l’ultimatum de 48 heures que le Conseil royal Gbi avait lancé aux jeunes musulmans à restituer les insignes royaux dérobés dans le palais du roi Togbui Gabusu lors de son saccage. La présence militaire sur les lieux s’explique par la crainte de représailles qui habite les musulmans. Mais en dernière minutes, suite aux différentes négociations initiées par les autorités ghanéennes, l’ultimatum a été assoupli.

Interrogé sur le pourquoi avoir sollicité une présence militaire autours des mosquées, Alhaji Meriga Ridwan, le porte-parole de la Communauté musulmane à Hohoe a déclaré que leur demande vise à prévenir les provocations qui pourraient conduire à une escalade de la violence. Meriga Ridwan a par ailleurs ajouté que la situation est tellement fragile, que les membres de sa communauté ne peuvent pas prendre leur sécurité comme un acquis.

Avant la journée de vendredi, date de l’expiration de l’ultimatum, plus de 3.000 musulmans ont fuit la ville pour aller se réfugier à Jesikan, Kadjebi, Biakoye et Kpando.

A l’origine de ce conflit qui a débuté officiellement le 10 juin dernier, tout est parti de l’exhumation du corps d’un imam par des inconnus qui ont jeté la dépouille mortelle sur une rue. Offusqués, les jeunes musulmans qui ont soupçonnés le roi d’être à l’origine de ce sacrilège, sont allés incendier et le palais royal et la voiture du roi. Indignés, les jeunes autochtones Ewé sont allés eux aussi à leur tour bruler des maisons et des boutiques appartenant aux musulmans. C’est alors que des affrontements ont débuté dans la ville avec deux pertes en vie humaine et plusieurs dégâts matériels.

Pour apaiser la situation, le Conseil de sécurité de la région du Volta a décrété un couvre-feu dans la localité de 18 à 6 heures du matin. En vue de ramener les deux communautés à de bons sentiments, le Chef des Imams du Ghana, la Vice présidence ghanéenne et le Conseil des Chefs traditions de la région sont à pied d’œuvre pour réconcilier les frères ennemis de Hohoe.

C.A.

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