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Société

Citoyenneté; les manifestations du CST ont mis au grand jour la carence d’éducation civique au Togo

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Les 12 et 13 juin 2012, certains quartiers de la capitale togolaise ont présenté l’image d’un pays en guerre. La série de manifestations pacifiques initiée par le collectif « Sauvons le Togo » s’est transformée très vite en désobéissance civile marquée d’actes de vandalisme et de courses poursuites avec des forces de l’ordre et de sécurité qui de toute évidence semblaient se livrer à leur sport favori. La liberté de manifestation est un principe reconnu par la constitution togolaise. Elle ne s’oppose ni à la liberté d’opinion encore moins à celle de circuler.

L’éducation civique et morale, le parent pauvre des matières enseignées dans le système éducatif togolais révèle au jour le jour son importance. Les violences « inutiles » engendrées lors des manifestations du collectif « Sauvons le Togo » montrent à suffisance que le Togo à du chemin à faire en matière de citoyenneté.

Conducteurs de taxi-motos menacés, saccages des installations des commerçants, destructions des biens publics et privés, provocation à visage découvert des forces de l’ordre et de sécurité, c’est ce à quoi on pouvait assister le mardi 12 juin, premier jour des manifestations du collectif. Ces manifestants qui se droguaient au vu et au su des organisateurs de la manifestation avec des stimulants (de l’alcool essentiellement) sont devenus incontrôlables et s’en prenaient à tous ceux qui ne partageaient pas la même vision qu’eux. Quelque que soit la noblesse des revendications du collectif, il convient de remarquer et de déplorer le manque de civisme qui a régné pendant ces deux jours tant du coté des manifestants que des forces de l’ordre.

En effet ces dernières, supposées encadrer la manifestation se sont livrées à des actes excessifs que certains n’ont pas tardé à qualifier de « sauvagerie ». Des coups de bottes dans le ventre et aux visages des manifestants, des femmes blessées dans leurs domiciles, des jeunes trainés au sol baignant dans leur sang, des descentes dans des domiciles suivies de bastonnades et de bombes lacrymogènes, bref les forces de l’ordre et sécurité qu’on croyait bien formées, ont encore brillé par l’excès de violence qui leur a toujours été reconnu. La vidéo montrant un groupe d’homme en uniforme, en train de molester un seul manifestant montre à suffisance la volonté des forces de l’ordre de mater la foule plutôt que de rétablir l’ordre.( http://www.youtube.com/watch?v=sZtPgwneTJI&feature=youtu.be)

Pour comprendre cette situation il s’avère indispensable de faire un tour dans le système éducatif togolais pour remarquer la place marginale qu’occupe l’éducation civique morale et politique (ECM). Au collège il n’y a même pas d’enseignants spécialisés dans le domaine. Les profs. de français ou encore d’histoire sont sollicités pour dispenser ces cours. Ces derniers n’étant pas formés pour cela, il est évident que le résultat soit médiocre.

Nos centres de formation et d’apprentissage doivent renouer avec l’éducation civique pour former des citoyens responsables épris du respect de l’autre et des biens publics.

Roger ADZAFO

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