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Politique

Togo : Prochaines élections législatives et locales; l’épée de boycott des ténors de l’opposition plane

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L’actuelle mandature des représentants du peuple arrive à terme. Les élections législatives sont programmées pour le mois d’octobre pour éviter le vide constitutionnel. Les législatives de cette année ont la particularité qu’elles seront couplées avec celles locales savamment ignorées jusqu’alors. Le processus devant conduire aux élections paisibles, libres, justes, équitables et transparentes a du plomb dans l’aile.

Les partenaires financiers des élections du Togo notamment l’Union Européenne après les manquements graves constatés lors des scrutins de 2007 et de 2010, ont formulé une batterie de recommandations aux autorités togolaises censées décrisper le climat politique qui s’observe au lendemain des élections. En somme, il s’agit d’éviter la litanie élection-crise-dialogue-élection.

Mais visiblement, la classe politique togolaise court vers les mêmes scenarii que par le passé. En effet, le gouvernement vient d’introduire des projets de loi à l’Assemblée nationale pour son adoption de façon « unilatérale ». Or dans les différents cadres de discussion de sortie de crise comme les fameux Accord politique global (APG) et Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) première version et tout récemment le dialogue gouvernement-partis parlementaires n’ont pas abouti au consensus souhaité par tous. Le régime ayant préféré débattre des questions non importantes selon les partis de l’opposition. C’est d’ailleurs dans cette configuration que la dernière rencontre gouvernement-partis parlementaires s’était terminée en queue de poisson. Passons.

Sur les projets de loi autour du code électoral controversés introduits à l’Assemblée nationale qui ne sont pas encore votés et mais qui suscitent un tollé général, le Premier ministre Gilbert Houngbo et surtout le ministre Pascal Bodjona, entre temps aphone, ont encore initié une nouvelle rencontre entre le gouvernement et les partis de l’opposition depuis ce lundi. Pour quels résultats ?
Les ténors de l’opposition n’ont pas répondu à cette main tendue de la mouvance pour des raisons qu’on connaît. Seule la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) a répondu à l’appel mais s’est vite rendue compte qu’un nouveau marché de dupe se trame. Elle a depuis rebroussé chemin.

«La CDPA ne veut pas se prêter à un jeu qui aboutirait à faire des réformes bancales comme nous avons eu à le faire dans le passé ; des réformes qui ne rendent pas service à notre peuple. Nous sommes toujours disposés à dialoguer si la raison revient et si on nous invite, on reviendra», a expliqué l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2010 de ce parti. «Nous ne sommes pas parvenus à nous entendre car la salle semblait vouloir ne discuter que des modifications relatives aux recommandations formulées par l’Union européenne, les observations de la CDPA vont au-delà du code électoral et concernent le mode de scrutin pour les élections législative et présidentielle», ajoute-elle.

Dans ces conditions, que faut-il s’attendre dans les semaines ou mois à venir ? Même si le ministre « grand format » s’égosille à dire que «C’est d’abord l’expression de cette volonté renouvelée du gouvernement de rechercher par tous les moyens un large consensus», la classe politique semble se diriger tout droit vers une impasse. Déjà, le Président du parti Orange, Jean-Pierre Fabre, accuse le Président de la République, Faure Gnassingbé, de préparer «un coup d’Etat électoral».

A en croire les principaux partis de l’opposition, l’épée de boycott serait la seule alternative pour sauver ce qui peut encore l’être. Faut-il pleurer ou rire ? C’est selon qu’on est de l’opposition ou de la mouvance.

Ametbao

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