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Crise malienne / de la complicité des soudards et certains politiques : CEDEAO rattrapée par son passé hésitant et sournois

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Les Maliens sont dans une impasse politique depuis que les vieux démons composés essentiellement des soudards en complicité avec certains politiques locaux aidés par les diplomates étrangers, ont chassé ATT du pouvoir. La situation devient de plus en plus inquiétante. Tout se passe au nez et à la barbe de la communauté internationale dont les actions sont plus suspectes que pragmatiques.

Après avoir contraint le démocrate Amadou Toumani Touré à démissionner à quelques semaines du terme de son deuxième mandat, malgré le fait qu’il promît qu’il ne sollicitera pas une troisième magistrature suprême, l’armée malienne conduite par des soudards à la trempe du capitaine Amadou Sanogo et sa clique compliquent une probable sortie de crise. Le chaos est permanent et peut se généraliser à tout moment.

Dioncouda Traoré intronisé Président de la République après les pérégrinations ne fait plus l’unanimité. Il n’a plus la confiance des militaires putschistes et certains politiques les soutiennent vaille que vaille nonobstant les sanctions qui peuvent en découler. La période de 40 jours reconnue par la Constitution au cours de laquelle, une nouvelle élection devrait être organisée, vient d’inspirer ce 22 mai, faute aux troubles qui ont divisé le pays en deux, surtout la malhonnêteté de certains partis politiques qui voient en cette situation une aubaine pour donner de la voie et grappiller des postes juteux.

L’occupation du nord du pays par les groupes islamo-terroristes n’a pas rendu possible une éventuelle élection présidentielle. «Les organisations pro-putschistes, qui étaient réunies depuis le 21 mai au centre international de conférences de Bamako, demandent une nouvelle fois à Dioncounda Traoré de quitter ses fonctions. Elles refusent qu’il continue de mener la transition dans le pays, depuis la fin de son mandat de 40 jours. Elles contestent l’accord passé entre la Cédéao et le capitaine Sanogo. D’ailleurs, elles souhaitent que ce soit ce dernier qui prenne la tête de la transition jusqu’aux prochaines élections. Le gouvernement malien qui a condamné l’agression contre Dioncounda Traoré, a annoncé, lui, l’ouverture d’une enquête », écrit une source bien renseignée.

En effet, les politiques proches des putschistes, dans une rencontre tenue à Bamako demandent le départ du Président intérimaire. «Nous demandons d’abord le respect du délai constitutionnel c’est-à-dire aujourd’hui mardi 22 mai à minuit. Dionconda Traoré n’est plus président. Nous n’entendons pas qu’il continue à gérer au nom de la Cédéao cette transition», argue Amadou Guindo, Président de la Coordination des organisations patriotiques du Mali.

D’autres recommandent clairement que la transition soit dirigée par le capitaine Amadou Sanogo en dépit de l’accord intervenu entre ce dernier et les émissaires de la CEDEAO. «La commission d’investiture a dégagé des critères puis a proposé un nom pour assurer la présidence de la transition, le nom du capitaine Amadou Sanogo», soutient un autre proche du capitaine putschiste. L’intéressé lui-même semble laisser ses proches titiller la communauté internationale, de peur de s’attirer les critiques qui peuvent lui créer des ennuis tôt ou tard. C’est dans une situation d’imbroglio et sans lendemain que les Maliens attendent probablement la solution « magique » de la CEDEAO et autres organisations internationales.

La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest tente de juguler la crise malienne. Elle est très active dans les propositions de solutions de sortie de crise. Elle a signé tout récemment un accord avec le Capitaine Amadou Sanogo ordonnant le prolongement de la transition d’un an en vue de tenter de pacifier le nord du Mali et de permettre d’organiser une nouvelle élection libre, transparente et démocratique éventuelle. Les traitements cruellement infligés au Président de la transition, Diouncouda Traoré, fait sortir une nouvelle fois la CEDEAO. «Toute la panoplie des sanctions peut être appliquée. Nous attendons d’avoir des informations précises sur les auteurs ou leurs intentions et la nature de leurs actes. Alors, les sanctions seront prises en conséquence», prévient Kadré Desiré Ouédraogo, Président de la Cédéao.

Si les différentes mises en garde de cette institution communautaire jusqu’à présent ne semblent rien donner, tout porte à croire que le passé hésitant et sournois de la CEDEAO le rattrape. En effet, par le passé, la CEDEAO a fermé les yeux sur les violations les plus graves en matière de règles constitutionnelles, protégeant ainsi des Présidents mal élus ou des anciens putschistes devenus Présidents par la force des choses. Ces sanctions ne semblent inquiéter la junte parce qu’elle considère la CEDEAO comme un syndicat des mal élus et donc dictateurs ou encore comme une organisation composée de plusieurs anciens putschistes.

Depuis quelques semaines, la CEDEAO, nous dit-on, ne badinerait plus avec les règles démocratiques. Cette institution qui avait suscité l’espoir dans le milieu des années 70 a encore le temps pour se rattraper en faisant plier définitivement ces soudards maliens.

Ametbao

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