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Yidi Justin explique les raisons de sa décision de dissolution de son parti et son ralliement à UNIR

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Composé d’environ 4000 membres, il est l’un des partis politiques, aussi minuscule soit-il, à se rallier au nouveau parti Union pour la République, Unir, du Président de la République, Faure Gnassingbé . La Nouvelle Dynamique Populaire Démocratique, NDPD, par la voix de son Président, Justin Yidi, explique les raisons fondamentales de cette décision par la recherche d’une alternance apaisée au Togo à travers cette interview exclusive accordée à notre confrère de pa-lunion et que Togoportail.net vous propose.

pa-lunion.com : Justin Yidi, bonjour

Justin Yidi : Bonjour.

Pourquoi avez-vous dissout la NDPD?

En effet, le parti s’est retrouvé en Assemblée générale le jeudi 19 Avril 2012, et c’est au cours de cette réunion que nous avons décidé de dissoudre notre jeune parti la NDPD (Nouvelle Dynamique Populaire Démocratique). Ceci dit, nous avons dissout notre partie et une résolution a été voté et rendue publique appelant les militants à rejoindre le parti du Chef de l’état Faure Gnassingbé. Et puis mandat a été donné au bureau sortant de prendre attache avec le nouveau parti pour les formalités.

Vous êtes sûr que tous vos militants sont tous d’accord avec vous dans cette nouvelle aventure?

J’avoue que ça été difficile au départ. Ça a été un travail de longue haleine. Et Dieu merci, je peux vous assurer que pas un seul militant ne peut vous dire aujourd’hui qu’il n’a été associé à cette décision du parti de se fondre dans « UNIR ». Au finish, ça a été tout naturel, on n’a pas eu de problèmes particuliers. C’est vrai qu’il y a eu de l’émotion par rapport à ce que notre formation politique a subi les six ans durant de notre vie ; mais étant donné que c’est une décision consensuelle, il n’y a pas de problèmes.

Six ans de vie avec combien de militants ?

Je crois que nous pouvons compter parmi les 2000, 3000 ou 4000 militants. Je ne veux pas exagérer. C’est vrai qu’il y a des sympathisants , mais on peut compter au-delà. Peut être 5000 militants puisque beaucoup de gens n’ont pas pu faire la carte. Mais je dis que nous sommes une formation politique petite par la taille, mais très grande par ses idées. Parce qu’à chaque fois nous avons pris des positions que des gens n’ont pas compris. Nous espérons que cette fois ci, ils nous comprendront. Même s’ils ne nous comprennent pas maintenant, plus tard ils comprendront les motifs et la quintessence et l’efficience même de notre décision.

Qu’est ce qui a motivé ce choix de l’Assemblée Générale de dissoudre la NDPD?

Je crois que c’est tout naturel! Du moment où en 2010 nous avons accompagné le Chef de l’Etat nous sommes devenus, que nous le voulions ou non, comptables de tous les actes qu’il pose. Et quand nous avons constaté qu’il a mis fin au Rassemblement du Peuple Togolais, nous nous sommes dit qu’il était de notre devoir moral et en même temps politique de discuter avec lui pour voir quelle orientation voudra t-il donner à ce nouveau parti. Rien qu’à écouter les termes du communiquer qui a sanctionné le congrès et qui a donné lieu à un bureau provisoire ; et à la suite des échanges que nous avons eu avec lui, nous sommes convaincus qu’il est dans la droite ligne de la vision que nous avons eue pour le Togo. C’est-à-dire, faire en sorte qu’il y ait une juste répartition des richesses que Dieu a données à ce pays, faire en sorte qu’il y ait une justice sociale, faire en sorte qu’il y ait un progrès économique, faire en sorte qu’il y ait un développement ; Vous avez vu, ce dernier point est amorcé par les infrastructures. Et au-delà, travailler pour l’alternance apaisée.

Mais Justin Yidi, on a encore en mémoire l’histoire qui a conduit à la naissance de votre parti la NDPD. Vous faisiez parti à l’époque tous de la NDP et vous aviez accusé vos collaborateurs Gilbert Atsou notamment d’être parti à la mangeoire en acceptant de collaborer avec le pouvoir en place. Ensuite nous vous avions vu aux côtés de Me Yawovi Agboyibo en tant que parti allié, puis après maintenant avec Faure Gnassingbé. N’est ce pas un Justin Yidi qui se cherche politiquement ?

Oui, cela paraîtrait, mais ce n’est pas évident. Parce qu’en réalité, Faure Gnassingbé n’est pas Gnassingbé Eyadema. Et vous ne devez pas sous-estimé la dissolution du RPT. Je crois que c’est un évènement majeur. Ça c’est un.

De deux, nos amis, qui hier avaient rejoint Gnassingbé Eyadema l’avaient fait de façon unilatérale. Or on pouvait le faire de façon consensuelle. Je ne vois pas dans ma structure qui me dira qu’il n’est pas au courant par la démarche d’accompagner Faure Gnassingbé ou qu’il est contre. Je n’en vois pas. Parce que ça été un travail de fond, consensuel, ça a été une discussion et au finish, on s’est entendu démocratiquement. Donc, ce n’est pas la même chose. Et puis, et puis, Faure Gnassingbé comparé à Gnassingbé Eyadema, je ne dirai pas que c’est le jour et la nuit, mais je crois quand même qu’il ya une grande différence et des faits majeurs sont là pour témoigner de la capacité de Faure Gnassingbé à nous conduire vers un Togo moderne, émancipé ou les Togolais ont pratiquement les mêmes chances. Donc, ce n’est pas en réalité un reniement de soi. C’est parce que nous estimons également que le Togo est assez divisé et qu’il faille trouver un ciment pour qu’on aille vers une Nation. Et puisqu’il y a plusieurs partis avec pratiquement des programmes similaires, nous, nous pensons qu’il faut aller vers une concentration des forces et pourquoi pas à deux ou trois partis pour faciliter l’alternance. Voilà fondamentalement ce qui fonde notre choix.

La NDPD est née sous Faure Gnassingbé?

La NDPD est née peu avant Faure Gnassingbé. Parce que la NDPD a été constituée en assemblée le 17 Novembre 2004 et vous avez vu quand il est arrivé au pouvoir, comment la NDPD s’est associé à l’opposition pour le combattre. C’est vrai que par après, nous avons fait des propositions pour aider à une transition apaisée débouchant sur l’alternance. Mais nous avons été mal compris. Vous l’avez dit, à un moment donné, j’ai travaillé avec Me Yaovi Agboyibo. Mais qu’est ce qui nous a opposés ? C’est qu’au fond nos visions n’étaient plus les mêmes. Parce que, nous estimons que s’il y a des gens qui ont fait le pouvoir pendant des années et qui naturellement, ont versé dans des abus et que vous voulez travailler à l’alternance, vous devez leur donner un certain nombre de garanties. Mais quand vous vous braquez, cela n’est pas de nature à aider à l’alternance.

Monsieur Yidi, à partir de quel moment vous avez pu vous rendre compte que Faure Gnassingbé est l’Homme de la situation ?

C’est courant 2009. Vous vous souvenez de notre journée de réflexion qui demandait de mettre les élections entre parenthèse pour ouvrir une transition sous Faure Gnassingbé afin de déboucher sur des élections où il n’est pas candidat, on n’était pas compris malheureusement. On s’est dit à l’époque que ce monsieur va gagner les élections surtout que les mécanismes pour une élection transparente et propre n’étaient pas en place. Heureusement qu’en 2010 il a gagné de façon à peu près transparente les élections ; je pèse bien mes mots. Nous avons constaté que ce monsieur, dès ses premiers pas a voulu montrer aux togolais qu’il peut faire autrement. Et je vous dis, le clou c’est la dissolution du RPT. Ce qu’on a voulu faire dans le temps et ça a créé un tollé, il vient de le faire sans tambour battant et ensemble avec les militants. N’oubliez pas que le RPT pendant un certain nombre de temps, a rimé avec un énervement vis-à-vis des Togolais. Je crois que Faure Gnassingbé a compris le message. Un bon dirigeant, c’est celui qui est à l’écoute des populations. Je crois que même les militants du RPT ont compris la nécessité de se muer à un parti politique nouveau, pour offrir aux Togolais, autre chose que ce qu’on a vécu jusqu’à présent.

Le RPT est dissout, La NDPD vient de dissoudre aussi et puis après ?

Naturellement on fusionne avec UNIR. C’est-à-dire que les militants de la NDPD deviennent membre de UNIR et nous allons nous battre ensemble pour gagner les échéances à venir (les législatives et les locales). C’est le grand défi qui nous attend. Mais aussi est-il comme je l’ai dit au départ, nous, en allant à UNIR, c’est pour travailler à une alternance apaisée.

Justin Yidi, merci

Merci à vous.

Source: pa-lunion.com

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