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Culture

Programmation simultanée des spectacles : Une méthode contre-productive pour les artistes

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Le niveau de la musique togolaise s’élève peu à peu grâce à l’effort de jeunes artistes. Depuis l’apogée de la musique Hip-hop en 2003, la musique togolaise semble gagner un nouveau souffle nécessaire à son évolution. Cette évolution a été consolidée par le style spécial des Toofan «Ogbragada», le rap ambiancé qui fait ses preuves dans la sous région. Actuellement, c’est une autre forme de cette musique à savoir le «Cool Catché» qui fait parler du Togo tant dans la sous région que de part le monde. L’évolution de la musique togolaise, c’est aussi la possibilité d’organisation des spectacles par des artistes. Depuis peu, on note une collision entre les différents concerts qu’organisent les artistes togolais avec le concours des promoteurs culturels.

Le phénomène est constaté depuis le début d’année où deux grands groupes togolais se sont produits le 1er janvier 2012 pratiquement dans le même quartier. Il s’agit des concerts du groupe Gbadagog et du groupe Toofan. Le 1er janvier 2012 dans l’après-midi, les artistes humoristes du Togo sous l’égide de Gbadagog ont donné un concert dénommé «la chancellerie de l’humour» au Palais des Congrès.

Au même moment les adeptes du Cool Catché se régalaient au Stade Omnisports derrière l’Hôtel 2 Février. Entre les deux endroits, il n’y a que près de deux cents mètres. Ce qui ne favorise pas la rentabilité pour les organisateurs de ces spectacles. Même si pour ces concerts les promoteurs ne se sont pas tellement plaints, dans d’autres cas de figure cela a été un échec.

En mars dernier on a constaté une proximité entre le concert d’Omar B et celui du groupe Jey-Liba. Le 10 mars pour le premier et le 17 mars pour le second. Si le premier a été un succès, l’autre n’a pas réussi comme le voulaient les organisations.

En seulement le week-end dernier, le même problème s’est posé avec au minimum trois concerts entre le vendredi 6 avril et le dimanche 8 avril prochain. En effet, le vendredi 6 avril, Master Popa a organisé un grand concert pour commémorer ses dix ans de carrière musicale. Trois jours après, c’est-à-dire le dimanche 8 avril, Lomé a connu deux autres concerts organisés par des artistes de renom. Il s’agit du concert dédicace de Papou au Palais des congrès de Lomé et celui du lion de la génération consciente, le reggae man Bibish Mola, cette fois-ci au Stade de la Jeunesse Club d’Agoè (JCA) sur la national n°1.

La proximité et la collision constaté dans la programmation de ces trois concerts ne permet pas aux mélomanes d’y assister. La proximité et la coïncidence des dates des spectacles donnent l’impression d’une concurrence pour les artistes togolais qui veulent jouer prioritairement dans les moments de fêtes, de congés et de vacances.

Quand on sait que la société togolaise n’est pas encore une société de consommation, il est difficile pour un togolais d’assister en l’espace de trois jours voire même d’une semaine d’assister à deux concerts.

Les artistes togolais doivent revoir la programmation de leur concert pour mettre fin à cette forme de concurrence qu’ils se livrent. Vu le niveau de vie actuel des togolais, il importe que nos artistes se concertent avant d’organiser les spectacles. Ceci leur permettra de ratisser large autour de leur concert et rentabiliser ce qu’ils ont dépensé.

De plus, les syndicats d’artistes et musiciens dont l’Union Nationale des Artistes et Musiciens du Togo (UNAM) et la SARIAC doivent prendre leur responsabilité en encadrant les artistes dans l’organisation des concerts pour éviter ce genre de concurrence dans la musique.

Source: Le Libéral n°067 du 11 avril 2012

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