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Enquêtes & Interviews

Problématique de la semaine culturelle au Togo

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L’année scolaire au Togo fait 9 mois, donc 3 trimestres. La fin de chaque trimestre est sanctionnée par des congés ou vacances scolaires. Généralement, les congés de Pâques, coïncident avec la fin du mois de mars. Une période où la plupart des établissements scolaires sont dans la fièvre de la semaine culturelle.

Pourquoi la Semaine Culturelle?

Rompre avec le stress des cours et se familiariser un temps avec les activités artistiques et culturelles, dans une ambiance festive et conviviale, tel est le crédo originel de la semaine culturelle. Théâtre, musique, poésie, danses, ballets, sketchs, kermesse, récital, peintures, dessins, pique-nique… sont, entre autres, les activités au menu de cette semaine.

Celles-ci donnent l’occasion de partager l’émotion d’une pièce de théâtre ou l’ingéniosité chorégraphique d’un spectacle de danse ou d’une création artistique. Les élèves sont invités à jouer un rôle actif, dont ils tireront des bénéfices durables : apprentissage du travail en équipe et développement de la créativité, du sens critique et du sens esthétique… Ils deviendront ainsi des adultes attentifs et plus enclins à participer à la vie culturelle de leur milieu.

Le constat amer!

Plusieurs années déjà que les activités culturelles sont en panne dans nombre d’établissements scolaires au Togo. Très souvent étiquetées comme matières facultatives, les arts et les sports sont les parents pauvres de l’enseignement. Professeurs de dessin, de musique, de sport, d’enseignements ménagers… sont pratiquement absents de la sphère pédagogique, parce que peu ou pas formés du tout.

Une semaine culturelle galvaudée

La nature ayant horreur du vide, vu la démission du Gouvernement, quant à son implication dans la chose culturelle sur le plan national, et surtout sur le plan scolaire, les élèves essaient de prendre eux-mêmes les choses en main. Et de quelle façon ? Des soirées mondaines où le sexe et l’alcool sont rois ; des excursions tendancieuse vers les mêmes destinations (Avépozo, pour les élèves de Lomé et ses environs) ; des improvisations artistiques venues d’ailleurs (récitals bâclés) ; des accoutrements et modèles de coiffures bizarroïdes (on dirait des stars hollywoodiennes ou bollywoodiennes)…

Demandez à un élève de vous citer un roman d’un auteur togolais par exemple, il vous répondra difficilement. Par contre, demandez-lui le titre du premier single de R. Kelly, il vous le dira vite fait, bien fait ! Quant aux filles, elles ont la maîtrise parfaite des horaires des feuilletons hindous ou sud américains, qui passent régulièrement sur nos chaînes nationales.
Avec ces influences des séries télés et clips mondains venus d’ailleurs, c’est la Culture Togolaise, l’originale, qui se meurt à petit feu.

L’école et la culture

L’école représente, dans tous les milieux, une institution essentielle, en raison de son rôle de socialisation et de transmission des connaissances centrales dans le processus d’intégration des élèves dans la société. De ce fait, on doit y permettre une plus grande accessibilité, pour les jeunes, à la vie artistique et culturelle professionnelle. Cela passe par un vaste programme de Culture-Éducation, dont les axes principaux tourneront autour du développement et de la diffusion des outils pour faciliter l’intégration des arts et de la culture en milieu scolaire ; la création des opportunités de contact entre les professionnels des milieux culturel et scolaire ; la formation des professionnels des arts et de la culture pour les milieux scolaires et l’Augmentation du budget consacré aux activités culturelles.

La force de la Culture

La Culture englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. C’est elle qui donne à l’homme, la capacité de réflexion sur lui-même et fait de nous des êtres spécifiquement humains rationnels, critiques et éthiquement engagés. C’est par la culture que nous discernons les valeurs et effectuons des choix. L’homme s’exprime, prend conscience de lui-même, se reconnaît comme projet inachevé, remet en question ses propres réalisations, recherche inlassablement de nouvelles significations et crée des œuvres qui le transcendent, par la culture.
Il est donc plus qu’important de la soutenir. Et ça urge!

Pap Koudjo & Jean Claude Togbé.

Source : Pipo Magazine n° 07 du 11 avril 2012

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