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Faits divers

Faits divers : La souris de discorde

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A peine mariée, dame Akossiwa, 25 ans, titulaire d’un certificat de fin d’apprentissage de ” haute couture “, ne peut plus vivre avec l’homme de sa vie. L’élu de son cœur est fâché, tellement fâché qu’Akossiwa a eu du mal à supporter son courroux après deux mois seulement de vie commune. La jeune mariée a dû rejoindre ses parents domiciliés à Madjékpéto, village périphérique nord-ouest du canton d’Agoè. Elle entendait ainsi permettre à son époux, Bitou, 37ans et comptable de son état, de “cogiter”.

La vie conjugale avait pourtant bien démarré et l’entourage en était satisfait. Personne n’aurait cru à une si rapide séparation. Jusqu’au dimanche 25 mars 2012, date à laquelle les hostilités se sont introduites au domicile du sieur Bitou, tout allait bien. Il a fallu entendre M. Bitou pour se rendre compte que c’est une banale histoire de souris qui est à l’origine du déchirement du couple. “J’ai interdit à mon épouse de toucher au panier que j’ai laissé dans le coin de mon salon. Je lui ai fait comprendre que j’ai emprisonné une souris là dedans en attente de recevoir une sanction exemplaire. Force est de constater que ma chérie, non seulement a bougé le panier, mais aussi elle a permis à la sulfureuse bête de s’en aller sans laisser de traces. Ce qui est inadmissible et à la limite intolérable“.

Poursuivant ses explications, M. Bitou a laissé entendre que sa colère avait une longue histoire. ” J’ai plusieurs fois fait comprendre à ma femme que je pardonne les offenses à ma personne mais que pour rien au monde je ne les oublie. Aussi, lui ai-je promis que je réserverais une sanction exemplaire à toute souris que je prendrais dans ma chambre en réparation du préjudice qu’une de ces bêtes m’avait fait subir“. Il a laissé entendre qu’une souris lui avait réservé une surprise désagréable lors des préparatifs de son mariage. Elle avait en effet eu l’audace non seulement d’opérer un trou dans la valise où il avait soigneusement rangé sa tenue mais aussi et surtout elle s’y était installée et avait produit des petits.

Le pire de tout, c’est qu’elle avait réussi à mettre en lambeaux la belle veste et fait des tâches multicolores et surtout indélébiles sur le pantalon et le reste de la tenue. Dieu merci, la tenue de la dulcinée, elle, n’étant pas achevée, était gardée chez la couturière. La découverte de ce massacre le jour de la cérémonie de mariage avait conduit au report de celui-ci, occasionnant ainsi des dépenses supplémentaires. “J’ai supporté tout ce supplice et je me suis réinvesti pour réunir les moyens. Cela n’a pas été facile. Je l’ai fait au nom de l’amour que j’ai pour Akossiwa. Jamais, je n’avais pensé qu’elle était en connivence avec la souris sorcière“.

Il poursuit en ces termes : “Le fait qu’elle a désobéi à mes instructions en permettant à la souris de s’échapper est la preuve tangible de sa complicité. Aussi, ai-je décidé de lui faire subir la sanction que j’avais réservée à la souris. Je consens à ce qu’elle rentre chez elle pour recevoir une nouvelle éducation avant de revenir au foyer“.

Sans exprimer ni de regrets ni de compassion pour celle qui, hier, était sa fleur de beauté, sa papaye et sa carotte, l’homme a conclu en ces termes : “Qu’elle s’en aille pour me permettre de calmer mes nerfs “.
Aux dernières nouvelles, le chef du village de Madjékpéto, localité dont Akossiwa et Bitou sont natifs, a pris le problème au sérieux. Il ne reste qu’à souhaiter que les démarches entreprises connaissent un heureux aboutissement. Le bonheur et la dignité du couple en dépendent!

B. Talom

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