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Enquêtes & Interviews

Emploi vert/ Entretien avec M. Bokodjin Anoumo Dodji, membre de l’Organisation d’Appui à la Démocratie et au Développement Local (OADEL)

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Dans l’optique de bien préparer la conférence international des Nations Unies sur le Développement Durable Rio+20 et pour mobiliser la jeunesse autour des grands enjeux du moment l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a organisé du 16 au 20 janvier 2012 à Niamey un forum sur le thème «Jeunesse et emplois verts». Des togolais ont aussi participé à ce forum et M. Bokodjin lors de la journée internationale de la francophonie à au nom de ces camarades fait une restitution aux jeunes étudiants et élèves. La rédaction de togoportail a profité pour savoir un peu plus sur ce forum de Niamey et sur Rio+20.

Bonjour M. Bokdjin Anoumo Dodji, vous êtes membre de l’Organisation d’Appui à la Démocratie et au Développement Local (OADEL) et vous avez fait le 19 mars dernier une séance de restitution du Forum International Francophone «Jeunesse et emplois verts» qui a été organisé par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Parlez nous d’abord de ce forum.

D’abord je vous remercie pour l’opportunité. En effet j’ai participé avec d’autres togolais en janvier dernier au Forum International Francophone «Jeunesse et emplois verts» organisé par l’OIF et le Gouvernement du Niger. Ce forum s’inscrit dans les préparatifs de la conférence internationale des Nations Unies sur le Développement Durable Rio+20 qui se tiendra à Rio au Brésil du 20 au 22 juin 2012. Le forum qui a regroupé 400 jeunes des pays francophones du monde entier avait pour objectif de mutualiser les expériences des jeunes en vue d’apporter une contribution originale à la Conférence Mondiale de Rio à travers des propositions concrètes sur la solidarité internationale et intergénérationnelle par la promotion et le développement «d’emplois verts» accessibles aux couches sociales les plus vulnérables dont les jeunes et respectueux de la limite écologique de la planète. Le forum a été un cadre d’échange et de partage d’expérience pour la jeunesse sur la thématique des emplois verts. A part les plénières et les ateliers, une foire des emplois verts a permis à chaque jeune de présenter le projet pour lequel il a été sélectionné.
Au final des recommandations formulées par la jeunesse francophone ont été remises aux responsables de Rio+20.

Pouvez-vous nous citer quelques une de ces recommandations?

Ces recommandations portent sur les thématiques abordées lors du forum notamment :

– Entreprenariat rural et transformation des produits agro-sylvo-pastoraux : les emplois verts vecteurs d’une croissance durable
– Industries extractives : la formation professionnelle pour l’emploi des jeunes et la promotion de l’entreprenariat pour une offre de service de sous-traitance responsable et de qualité
– NTIC : les réseaux sociaux au service de l’entreprenariat des jeunes pour la promotion des emplois verts
– Artisanat e culture, la création artisanale et culturelle vecteur de la promotion d’un tourisme durable et créateur d’emploi verts au profit des jeunes
– Institution bancaires : accès aux crédits jeunesses pour la promotion des jeunes entrepreneurs et le développement des emplois verts
– Infrastructure et énergies renouvelables : l’accès aux services énergétiques modernes par des sources renouvelables et décentralisées pour une amélioration de la compétitivité des jeunes entrepreneurs et la promotion des emplois verts

Ce forum s’inscrit dans les préparatifs de la Conférence Internationale des Nations Unies sur le Développement Durable Rio+20. Dites nous en quoi consiste cette conférence?

La Conférence Internationale sur le Développement Durable dénommée Rio+20 est une rencontre mondiale ou les chefs d’Etat, les ONG et mouvements sociaux discutent des grands enjeux et proposent des recommandations pour trouver des solutions aux maux qui minent la population mondiale. C’est aussi un moment pour les dirigeants du monde de faire le bilan du Sommet de la terre de 1992 qui s’était tenue à Rio et de voir ce qui a marché et ce qui ne l’ait pas. Rio +20 étudiera notamment la mise en application de l’Agenda 21 qui est un plan d’action pour le XXIe siècle adopté par 173 chefs d’État lors du sommet de la Terre à Rio en 1992. Les sommets de la Terre sont des rencontres décennales entre dirigeants mondiaux organisées depuis 1972 par l’ONU, avec pour but de définir les moyens de stimuler le développement durable au niveau mondial. Le premier sommet a eu lieu à Stockholm (Suède) en 1972, le deuxième à Nairobi (Kenya) en 1982, le troisième à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992, et le quatrième et dernier en date à Johannesburg (Afrique du Sud) en 2002. Le prochain sommet se déroulera de nouveau à Rio de Janeiro du 20 au 22 juin 2012 sous le thème : «l’économie verte dans le cadre du développement durable et de l’éradication de la pauvreté» et «le cadre institutionnel du développement durable». C’est justement pour préparer la jeunesse francophone à ce thème que l’OIF a organisé le forum de Niamey en janvier dernier.

Seriez-vous présents à Rio en juin prochain pour la conférence?

Ce qui est sûre c’est que la jeunesse francophone sera représentée et que le Togo en particulier sera aussi présent. Je sais que le Ministère de l’environnement va organiser dans les semaines qui viennent un Dialogue national sur les enjeux de Rio+20 pour le Togo afin de permettre à la délégation togolaise de savoir quelle position adoptée au Brésil. Et lors de ce Dialogue national le Groupe de participants togolais au forum de Niamey fera une restitution et présentera les recommandations issues dudit forum.

En quoi Rio+20 est un rendez-vous important pour le Togo?

La Conférence Internationale des Nations Unies sur le Développement Durable Rio+20 est non seulement un rendez-vous très important pour le Togo mais aussi pour le monde entier. Elle permettra de faire le bilan des 20 années qui ont suivi le Sommet de la terre de 1992 et poser de nouvelles bases pour sortir des crises qui menacent aujourd’hui le monde. Il est important d’établir un état des lieux du chemin parcouru depuis 1992 et en tenant compte des engagements des Nations Unies qui ont marqué la dernière décennie du XXe siècle. Le sommet «Rio+20» doit prendre la mesure de l’impasse environnementale et sociale dans laquelle l’Humanité s’est engouffrée. Les chefs d’Etat et de gouvernement doivent s’attaquer aux causes des crises globales afin de réduire les inégalités, entre les pays et à l’intérieur de chacun d’entre eux. C’est pourquoi l’économie verte est proposée comme solution. Un premier darft du document final intitulé «Quel futur nous voulons?» a été rendu public en février dernier à Lyon lors d’un autre forum préparatoire. Les ONG, les mouvements sociaux, les institutions internationales et les gouvernements du monde entier sont appelé à enrichir ce document pour qu’à la sortie de Rio le monde puisse avoir un document de base fondamental pour un développement durable.

La restitution du 19 mars dernier sert donc à préparer les jeunes à cette conférence. Pensez vous que ce soit suffisant pour une maitrise du concept des emplois verts?

La restitution lors de la Journée Internationale de la Francophonie le 19 mars dernier a un double objectif. Primo, partager avec les jeunes étudiants les expériences du forum de Niamey avec les acquis des travaux en insistant sur les recommandations qui ont été formulées. Secondo, présenter le contexte de la Conférence Internationale des Nations Unies sur le Développement Durable Rio+20 pour que la jeunesse puisse s’exprimer et formuler des recommandations sur le plan national avant le départ de la délégation togolaise pour Rio.
Bien sûre c’est n’est pas avec une seule conférence que la jeunesse sera sensibiliser sur ces thématiques, c’est pourquoi il est prévu après le Dialogue national une série d’émissions radio/Télévision pour expliquer l’importance de cette conférence et la nécessité de pratiquer l’économie verte qui est l’ensemble de l’activité économique générée « par toutes les entreprises qui produisent des biens et services contribuant à éviter, réduire ou supprimer des nuisances pour l’environnement».

Votre mot de fin pour les lecteurs?

Merci pour l’opportunité que vous m’avez offerte. J’appelle la jeunesse togolaise à faire sienne ces concepts d’emploi vert et d’économie verte dans le contexte de Développement Durable car c’est un secteur très porteur qui peut nous sortir de la dépendance financière en ces temps de crises. Intéressons nous au Sommet de la Terre Rio+20 pour savoir les grandes décisions qui vont être prises par les dirigeants du monde afin de les adapter au contexte local pour leur application.

Propos recueillis par Roger Adzafo

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