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Sport

La FTK dans la tourmente / Le ministère des Sports prononce une suspension provisoire

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Depuis quelques années, l’esprit sportif a déserté le monde du Karaté togolais. Des querelles internes ont eu raison de la sérénité au sein du bureau exécutif de la fédération togolaise de Karaté. La scission fut donc inévitable. Pour autant, elle n’a pas mis fin aux bisbilles et aux échanges de civilités entre les protagonistes par médias interposés. Le comble de cette atmosphère délétère fut une assignation en justice émise par huit clubs de Karaté à l’encontre du bureau exécutif de leur fédération. Ces démêlés judiciaires eurent raison du président d’alors, Emmanuel Ramanou qui finira par rendre son tablier. Il fallait alors organiser un congrès électif pour renouveler l’équipe dirigeante de la FTK. Là encore, les choses n’allaient pas aussi vite que l’aurait souhaité le ministère des Sports. D’où la suspension prononcée en ce début de semaine dernière.

Division, incompréhension, accusations, insultes, détournement, escroquerie, mauvaise gestion, poursuite judiciaire, voilà des mots qui cadrent peu avec le monde du sport, mais ils sont depuis quelques années les plus employés au sein de la Fédération Togolaise de Karaté. C’est ce qui lui a d’ailleurs valu une suspension du ministère des sports mettant ainsi un terme à des années de querelles intestines qui jetaient l’opprobre sur une discipline qui véhicule pourtant des valeurs de self control et de solidarité.

Il faut dire que plus que l’organisation de compétitions, l’actualité du karaté ces dernières années a été plus animée par la guerre ouverte que se livrait Ampah Johnson, un ancien membre du BE de la FTK et son président Emmanuel Ramanou. Le premier accusait le second de gestion scabreuse et opaque et réclamait sa démission. Le second se défendait tant bien que mal mais ne voulait en aucun cas quitter son poste avant le terme de son mandat. Pour lui, l’objectif que visait son accusateur en «colportant des ragots» à son sujet, était de lui ravir sa place.

Faux ! Rétorque-t-on dans la partie adverse. Des accusations de malversations financières sont proférées et l’on s’en tient à cela pour justifier son refus d’enterrer la hache de guerre. Les nombreuses tentatives de médiations du Comité Nationale Olympique et du Ministère de Sports échoueront les unes après les autres. Faut dire que la situation était telle qu’outre les activités de la Fédération, le camp à Ampah Johnson organisait les siennes propres et marquait ouvertement son désaccord des décisions et initiatives du bureau exécutif de la FTK. Une situation qui n’allait pas dans le sens du développement de la discipline. Pour ne rien arranger, c’est au Tribunal que se sont transportés les protagonistes.

En effet, fort du soutien de huit clubs, le camp à Ampah Johnson assigne en justice le bureau exécutif de la FTK représenté par Emmanuel Ramanou sous le chef d’accusation de détournements de fonds et abus d’autorité. Pour ménager la susceptibilité de tout le monde et couper court à cette crise qui n’avait que trop durer, la justice décide de mettre la FTK sous administration judiciaire par un huissier jusqu’à l’organisation d’un nouveau congrès électif.

Mais pour organiser des élections, il faudrait que les principaux acteurs s’accordent sur un minimum syndical. Depuis le mois de janvier où un congrès était sensé se tenir, pas un pas n’a été posé devant l’autre du fait des mésententes qui continuaient de plus belles. D’où l’intervention des autorités togolaises par le biais du ministère des Sports qui a sonné la fin de la récréation.

La Fédération togolaise de karaté (FTK) a été provisoirement suspendue par le ministre des Sports, Christophe Tchao, pour «non respect des recommandations de la Charte Olympique» apprend-t-on de source officielle. La FTK ne pouvait rêver pire début de saison sportive. Alors que toutes les fédérations s’efforcent de se formaliser pour bénéficier de la subvention issue du contrat d’objectifs qui doit les lier au Ministère, la FTK vient de rater le coche. Gageons que ce «temps de réflexion» accorder par le ministère des Sports aux acteurs du karaté togolais leur sera bénéfique et assainira définitivement la discipline.

W.T.

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