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Education

Interview exclusive à Adou Seïbou, Président du Mouvement pour l’Epanouissement de l’Etudiant Togolais (MEET)

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Qu’est-ce qui peut encore arrêter les activistes du double jeu et autorités universitaires, après s’être abondamment joués avec l’avenir de paisibles étudiants les empêchent par la mauvaise fois, de rentrer en possession de leurs droits? Quand sera la fin de ce tunnel longtemps parcouru? Ce sont là les tas de questions que se posent les étudiants aujourd’hui sur le campus quand leurs bourses et allocations de secours sont pilotées et virées sur les comptes et coffres privés des corrompus de la République. Ni les bras de fer violemment réprimés dans le sang, ni les médiations catastrophiques, ni les dialogues de bluff n’ont jamais suffit pour mettre fin à ce calvaire estudiantin mis en place par ceux à qui les séries de crises universitaires profitent fructueusement. Depuis l’accord du 13 janvier 2012, signé entre gouvernement et étudiants, soit bientôt trois mois, les 65000 étudiants inscrits à l’université sont toujours dans la désolation et l’imbroglio total. Aujourd’hui, ces étudiants ne savent plus à quel saint se vouer pour leur ôter cette lourde croix quant ils sont à une semaine des examens pour le compte du semestre harmattan. Soucieux de leurs sorts, la rédaction de Togoportail.net a tendu le micro au président du MEET, Adou Seïbou, l’un des signataires de l’accord pour situer ses frères étudiants et le peuple togolais tout entier.

Togoportail.net : M. Adou que dit le MEET sur le retard des bourses et allocations de secours et les frais d’équipements des étudiants ?

Adou Seïbou : Nous sommes très préoccupés et nous en somme conscients, la preuve est que nous avons discuté avec le directeur de la direction des bourses et stages(Dbs) mais sa réponse a été négative, il jette le tord sur la Daas, que c’est à elle d’envoyer la liste complète des étudiants avant tout décaissement des fonds. Malgré tout cela, le MEET n’est pas resté indifférent, nous avons envoyé une note au directeur de la Dass pour attirer son attention, mais cette note est restée lettre morte, et ce n’est que le lundi 12 mars que le directeur en personne m’a appelé au téléphone en tant que président du MEET, pour me dire qu’il ont reçu la note et que dans deux semaine à compter 14 février, la Dass va envoyer la liste complète des étudiant inscrits et que dans 10 jours tous les étudiants anciens comme nouveaux seront satisfaits.

Dites nous que pensez-vous des frais d’équipements qui eux aussi sont restés dans les coffres de la Dass depuis l’épuisement de la fin des crises sur le campus?

Pour ça j’ai appelé le ministre en charge de ces frais et il m’a dit que la décision de payer ces frais d’équipements à raison de 15 000 FCFA par étudiant, est une décision que le gouvernement sous l’effet de pression des syndicats estudiantins d’entrer en grève, et donc ces fonds proviennent du budget du gouvernement et non de la Dbs, c’est pourquoi le gouvernement a décidé de suspendre provisoirement la distribution de ces fonds car le constat est que ce n’est pas tout les étudiants qui doivent bénéficier de ces frais ; il y a en qui ne fréquente pas le campus et qu’il faudrait filtrer la liste et trouver les vrais bénéficiaires. Mais nous au MEET on les suit de près et en aucun cas ils ne pourront pas tromper notre vigilance.

Pour ce qui concernent les étudiants dits fantômes, que pense le MEET sur leurs sort?

Pour ça il n’ ya pas de problème! la Dass a recensé leurs noms dans leurs écoles respectifs surtout dans les écoles de BTS et le travail d’investigation se déroule bien pour les mettre en quarantaine et donner les aides aux réels bénéficiaires.

Au cas où l’échéance qu’on vous a promise arrive à termes et la Dass et la Dbs ne tiennent pas leurs paroles, quelle sera votre réaction au sein du MEET ?

Rire……………..on n’attend l’épuisement de l’échéance c’est-à-dire la fin de ce mois et nous n’hésiterons pas à battre les pavés tout en reprenant les manifestations comme toujours, et je vous rappel que cette fois ci ca serait sans préavis, nous lancerons un mot d’ordre à tout les étudiants concernés, de Lomé à Cinkassé, car on n’a compris que le gouvernement aime les surprises désagréables.

Quel est votre point de vue sur les dernières arrestations des membres de l’UNEET à Kara dans le mois de février dernier?

Je peux dire que c’est des intimidations et des menaces pour les faire peur. Nous aussi nous étions victimes à plusieurs reprises de ces arrestations et intimidations mais au finish ils ont compris que ça ne peut résoudre les problèmes et voilà comment on n’est arrivé au dialogue. Pour ces arrestations de février dernier, le MEET à sorti une note pour condamner ces actes. Alors j’invite mes frères de Kara de ne pas baisser les bras, car ce combat n’est pas si facile.

Pouvez-vous nous faire un briefing sur les Droits de l’Homme au Togo aujourd’hui?

Ce terrain est très glissant et je ne préfère pas m’entremêler, je laisse plutôt M. Koffi Kounté revenir de son exil vous en parler car quand je lui disais qu’on me menaçait il s’en moquait et ne s’enfoutait pas mal, comme on le dit chacun a son tour chez le coiffeur.

Depuis le 13 janvier, date de l’accord jusqu’aujourd’hui quel bilan faite vous? Une bonne fois ou une mauvaise foi de la part du gouvernement?

Le bilan n’est ni positive, ni négative; le constat c’est que le gouvernement est entrain d’honorer son engagement à petit coup, à savoir les forages, la restauration, les bus etc. Pour ce qui concerne l’obtention de la licence LMD, ils ont descendu la barre à 80 % pour les crédits et il ne reste qu’un décret pour donner l’équivalence entre la licence LMD et la maîtrise du système classique. Mais le vrai problème demeure; il s’agit du problème d’allocation et des préoccupations d’ordre académiques. Alors, nous attendons le moment opportun, c’est-à-dire les jours à venir pour faire le bilan global.

Votre mandat est fini à la tête de MEET alors dite nous est-ce que vous pensez être candidat à votre propre succession ?

Oui, effectivement mon mandat est arrivé à terme, et nous attendons que le congrès électif pour élire un nouveau bureau. Mais je ne serai pas candidat à ma propre succession. Nous voulons transformer nos échecs en succès et former de nouvelles élites pour redynamiser le MEET, car nous on quitte à petit pas le campus.

Vous avez soutenu votre licence ce 09 mars dernier en sociologie politique et communication et le thème choisit était « stratégie de communication des syndicats estudiantin au Togo, cas du MEET à l’université de Lomé » qu’est-ce qui vous a motivé a opter pour ce thème ? Une carrière politique dans le futur?

Beaucoup de rires…. Quand j’ai parcouru tout les mémoires disponibles dans mon département, j’ai remarqué qu’il n’y a personne qui a soutenu ce thème concernant les syndicats estudiantins et donc j’ai jugé bon de le faire surtout que j’ai eu beaucoup d’expériences à la tête du MEET et grâce à Dieu, j’ai soutenu avec succès. Pour ceux qui disent qu’Adou veut faire carrière politique, je profite pour leur dire que je n’ai jamais eu ce rêve et je ne pense non plus l’avoir, mon vœu c’est de faire carrière dans l’enseignement supérieur et corriger les insuffisances et carences que je dénonce aujourd’hui.

Toutes nos félicitations et bon vent.

Merci à toute l’équipe de Togoportail.net pour la qualité de vos services en communication.

Emmanuel Lacolline

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