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Société

Du civisme, et si on en parlait : Halte à la tricherie et à la fraude aux examens

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La tricherie reste l’un des vices combattus en milieu scolaire. Malgré les efforts des enseignants pour l’éradiquer, le phénomène prend de l’ampleur et est en passe de devenir banal. Plus grave, plus qu’une simple tricherie, des fraudes massivement organisées sont souvent constatées à l’examen.

Naguère les diplômes togolais étaient recherchés sur le marché international de l’emploi. Notre pays faisait partie ainsi des rares pays de la sous-région ouest africaine, réputée pour la qualité de leur éducation. «Il y a plus de médecins togolais en France qu’au Togo», disait, il y a quelques années, Jean-Marie Le Pen, ex-président du Front National (FN), un parti politique français d’extrême droite.

Cette déclaration au-delà du contexte dans lequel elle est faite pour les Togolais d’autres connotations. Elle signifie que notre pays est capable de fournir des médecins compétents, même si évidemment, ils font une partie de leur cursus à l’étranger notamment en France.

A travers cette déclaration, c’est l’éducation togolaise qui était honorée. Seulement voilà, aujourd’hui l’éducation au Togo a perdu ses lettres de noblesse et les diplômes togolais sont de plus en plus dévalués. A cela, plusieurs raisons.

D’abord, la baisse du niveau des élèves due d’une part, au caractère archaïque des programmes, et d’autre part à la politique de l’éducation de masse lancée par l’Etat, sans mesures d’accompagnement. A cela s’ajoute la mauvaise volonté des élèves aujourd’hui enclins à la facilité.

C’est là justement où le bât blesse car à force de vouloir réussir sans effort, les apprenants cèdent facilement à la tentation de tricherie. Pire, ils s’y plaisent et la plupart deviennent maîtres en la matière.

Ainsi en classe, comme à l’examen nonobstant la présence des surveillants qui veillent au grain, des élèves trichent, trichent et trichent encore. Trois méthodes sont généralement utilisées. Soit on recopie des pans entiers de cours sur des morceaux de papier faciles à cacher, quitte à les sortir lorsque l’attention du surveillant en vient à faiblir.

Soit on cache des documents ou cahiers de cours pour ensuite les utiliser au moment opportun. La troisième méthode est la plus répandue. Elle consiste pour les élèves à s’arranger entre eux pour s’échanger les réponses oralement ou par écrit (c’est-à-dire des réponses griffonnées sur un bout de papier qu’on glisse furtivement à son camarade) surtout lorsqu’il y a du relâchement dans la surveillance. «Le bon élève ne triche pas, il ouvre simplement son cahier pour recopier les bonnes réponses», aiment à plaisanter les élèves. Une plaisanterie de mauvais goût, n’est-ce pas ?

Certains élèves poussent la tricherie à un niveau plus élevé et mettent d’autres acteurs à contribution.

En effet, des élèves, partisans du moindre effort, s’arrangent avec des surveillants à l’examen. Ces derniers contre des compensations financières, ferment les yeux sur leurs actes de tricherie. Plus grave, ils traitent rapidement les sujets et mettent les réponses à la disposition de ces élèves qui, après les avoir recopié eux-mêmes, les passent à leurs camarades.

Le comble c’est que certains surveillants font le sale boulot uniquement pour réussir à décrocher un rendez-vous galant avec une fille élève. «Je passais mon BAC D. A environ trente minutes de la fin de l’épreuve de SVT (alors Sciences Naturelles), un des deux enseignants qui nous surveillaient, avança vers moi et m’arracha mes copies. Ahuri, je le vis remettre la copie à un candidat à qui il demanda de recopier les réponses», témoigne un étudiant.

Par ailleurs, des fraudes massives sont souvent, organisées à l’examen par des élèves en complicité avec des enseignants. Fuite des épreuves, gonflement des notes au secrétariat… sont quelques-unes des pratiques qui souvent faussent les résultats à l’examen.

On se rappelle le scandale créé l’année dernière par un professeur de philosophie en flagrant délit de gonflement de note au Lycée de Tokoin lors des travaux de secrétariat du Probatoire. De même la fuite de l’épreuve de mathématiques à l’examen du BEPC 2003 ayant été à l’origine de l’annulation et la reprise de cette épreuve, est encore fraîche dans les esprits.

Tous ces cas de fraudes et de tricherie à l’examen, jettent du discrédit sur les diplômes togolais et il est grand temps que ces pratiques cessent.

D.M.

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