pub
Culture

Interview de Yao Bobby, Artiste de la chanson

Advertisement

La musique togolaise fleurit et des talents fusent de partout au jour le jour .Yao Bobby, de son vrai nom Yao AMEWONOU, artiste de la chanson et leader du groupe DJANTA-KAN, vient de confirmer sa passion de la musique avec son album intitulé “Histoire d’un continent”, fruit de durs labeurs après deux ans à Paris. Tout comme la Fouine, Soprano et d’autres rappeurs français, ce jeune togolais de Kodjoviakopé, vient de combler les habitants de l’hexagone et du monde entier par sa musique très engagée. Pour mieux découvrir son album édité par la Radio France Internationale (RFI) en décembre 2011, nous l’avons approché. Dans cette interview, l’artiste nous raconte l’histoire de son entrée dans la carrière musicale, celle de son passage du groupe Djanta-Kan à une carrière solo.

Qui êtes-vous ?

Je suis Yao Bobby, l’un des tout premiers activistes du Hip Hop togolais. Je suis un artiste engagé et conscient. Je suis l’un des représentant du rap africain membre du réseau AURA qui réunit les plus grands rappeurs du continent africain.

Pouvez-vous nous parler de vos débuts dans la musique?

Depuis les années 90 j’œuvre pour le Hip Hop Africain.
Mes débuts dans le rap sont marqués par la scène que j’ai faite en première partie de MC Solaar. Puis nous avons fait les belles heures du rap togolais avec mon groupe Djanta-Kan. Avec mes partenaires des Djanta nous tenons à porter très haut le flambeau du rap au pays. Mon album “Histoires d’un Continent” est l’aboutissement de nombreuses années de travail, de réflexions, d’observation et de colère.

Quelle sont les albums que vous avez réalisés avec le groupe Djanta kan?

Notre premier album “Agbeadzezo” qui veut dire “la vie est dure” a été réalisé entièrement par nos soins, on l’a enregistré au Bénin. C’était les années de galères, mais des années aussi où notre rap s’est construit une véritable identité, africaine. Il y a aussi “Doto” qui signifie “écoute ” qui nous a permis de dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas, nous l’avons enregistré en période d’élections, comme vous le savez, 2005 a été une période trouble de l’histoire de notre pays.

Pourquoi avez-vous opté pour une carrière solo?

Djanta Kan est un collectif, nous sommes tous des artistes à part entière réunis autour de mêmes projets. Mais nous avons chacun des idées, de différentes ambitions et nous souhaitons nous donner à tous la possibilité d’aller au bout. C’est ce qui nous permet de nous enrichir. Ainsi j’ai réalisé mon propre album pour aller plus loin dans mon travail d’écriture et de créativité.

Il y a maintenant 2 ans que vous avez quitté la terre de nos aïeux pouvez-vous nous parler de votre aventure?

C’est très dur d’être loin de sa terre, de ses origines. Mais c’est une belle aventure, très enrichissante. J’en sors grandi. J’apprends d’autres codes, d’autres cultures. Il y a du bon à prendre, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses. La vie en Europe n’est pas paradisiaque mais on y s’adapte, on se bat. Et cela m’inspire aussi dans la composition de mes chansons.

Vous venez de présenter votre tout premier album au public togolais. Quel message particulier y véhiculez-vous ?

Je suis vraiment heureux d’avoir pu faire le lancement de l’album en exclusivité au Togo plus précisément au centre culturel Denyigba le 12 décembre 2011.
Cet album est le fruit d’un travail de longue haleine, j’avais beaucoup de choses à dire mais je voulais qu’il soit le plus abouti possible autant musicalement qu’au niveau de l’écriture.
Cet album parle de mon continent : l’Afrique. J’ai soulevé la question de sa réelle indépendance mais aussi celle de ces richesses, sa grandeur, son pouvoir. Mon message, essentiel est extrêmement positif. J’appelle la jeunesse africaine à prendre soin du continent, à se lever, à bouger, à devenir maître de son destin.

A quand le lancement de cet album en France où vous vivez?

La sortie en France (et à l’international) est prévue pour le 16 février à la Mix Box à Paris. L’album est édité par RFI, actuellement le plus grand éditeur musical en France. Elle travaille très dur à cet effet. C’est une belle collaboration. Ce sera un concert live, je prépare un véritable et beau spectacle.

Quelle lecture faites-vous de la musique, particulièrement du rap au Togo?

Aujourd’hui les jeunes togolais ont beaucoup de choses à dire. Il y a énormément de talents dans la musique togolaise. J’encourage vraiment les artistes à travailler et à produire des albums qui véhiculent un message. J’encourage beaucoup mes collègues artistes togolais à se donner à la musique et à y croire. Elom 20ce un excellent slameur et rappeur et ses Asrafo en sont très conscients, il faut garder l’œil sur eux. En dehors du rap il y a des groupes comme Ablafo qui travaillent vraiment bien.

Avez-vous des projets pour l’avenir?

En mai je suis invité à représenter toute l’Afrique dans un grand festival (festival des cultures urbaines) parisien.
Je commence une tournée européenne à partir du mois de juin et je travaille déjà à la préparation d’un nouvel album. Je pense qu’il y aura de belles collaborations togolaises, africaines et internationales!

Propos recueillis depuis Paris par Emmanuel Vitus Agbénonwossi

Togoportail, toute l’information à votre portée

yao_bobby2.jpg

Advertisement