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Faits divers

De l’amour à la haine : délices et amertumes d’une vie de couple

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Adjamgba arrivait à la maison sur le coup de 17 heures. Encore bredouille. Toute la journée, il avait fait le tour des services et autres entreprises où il avait déposé une demande d’emploi sans obtenir une quelconque suite. Au retour, il était passé dans le bureau de son ami Kokouvi le collecteur de Lotosport qui n’était pas là. Les mains vides, Adjamgba arrivait à la maison au moment où sa femme Ahoefa, finissait de laver les deux enfants, le beau- garçon Olivier et la mignonne petite fille Léa.

Chaque fois qu’il revenait bredouille, Ahoefa arborait une mine d’enterrement et profitait de la moindre occasion pour faire scandale. Ce qui déplaisait profondément à Adjamgba qui contre mauvaise fortune était obligé de faire bon cœur. Lorsque Ahoefa finit de laver les enfants, elle se lava à son tour, se prépara et sortit de la maison pour aller vendre des cure-dents.

Cette habitude que prenait Ahoefa et qui consistait à quitter la maison à la tombée de la nuit pour ne revenir que vers 23 heures voire zéro heure, agaçait sérieusement Adjamgba qui, pendant l’absence de sa femme était contraint de jouer au gardien des enfants. Mais, comme il avait perdu son boulot depuis bientôt un an et comme pendant tout ce temps, toutes les charges du foyer pesaient sur Ahoefa, Adjamgba se disait qu’il n’avait pas le choix. Ce qui énervait en plus Adjamgba était la propension de Ahoefa à ne plus s’offrir à lui. Pourtant, quand il n’avait pas encore perdu son boulot, il constituait avec Ahoefa un couple heureux qui forçait l’admiration dans le quartier.

Adjamgba était un jeune comptable de 40 ans employé dans une société de la place qui avait fermé ses portes pour faillites. Pendant les 7 ans qu’il avait été employé, Adjamgba s’occupait de sa femme et de ses enfants comme il faut. Il veillait à ce que, rien ne manquât à Ahoefa. En dehors des 30.000 F CFA qu’il remettait chaque semaine à Ahoefa pour la popote, il lui remettait autant d’argent chaque mois pour son entretien. Ahoefa avait un goût raffiné pour la coiffure et les produits cosmétiques.

Titulaire du CEPD, elle limait ses fesses sur les bancs d’un CEG en classe de 4e quand Adjamgba la rencontra pour la première fois. C’était au cours d’un séminaire consacré au renforcement des capacités organisé à l’intention des comptables dans un hôtel somptueux de la place. Ahoefa faisait partie des hôtesses ayant assuré l’accueil et la commodité des participants. Lorsqu’il avait débarqué à l’hôtel à l’ouverture du séminaire, c’était Ahoefa qui l’avait accueilli, sourire aux lèvres, sur le perron avant de le conduire dans la salle de conférence qui abritait la rencontre. Adjamgba fut agréablement frappé par la démarche gracieuse de cette jeune fille aux allures d’antilope et au regard perçant qui dégageait beaucoup de charme.

A la fin du séminaire, lorsqu’il lui fila discrètement son numéro de téléphone et insista qu’elle le rappelât Ahoefa avait accepté. Cependant elle refusa le billet de 10.000 F CFA qu’il lui tendit.

Adjamgba avait passé 6 mois à attendre le coup de fil de Ahoefa qui devait le délivrer du flash émotionnel qui s’était produit au cours de sa toute première rencontre entre lui et la jeune fille à l’hôtel. Le jour où Ahoefa daigna l’appeler, il sauta de joie et à la surprise de ses collègues, esquissa des pas de danse avant d’aller reprendre sa place derrière son bureau. Mais sa joie ne fut que d’une très courte durée. Ahoefa lui annonçait que si elle n’avait pas appelé plus tôt, c’était parce qu’elle avait repris les cours et qu’elle avait un programme très chargé. Après lui avoir présenté ses excuses, la jeune fille raccrocha.

Adjamgba qui n’était pas homme à se laisser décourager, mit tout en œuvre pour conquérir Ahoefa. Un soir il invita Ahoefa à dîner dans un restaurant de la place.

C’était un vendredi soir. Ahoefa qui portait un tricot rouge sang sur pantalon blanc comme neige semblait beaucoup plus belle que la première fois où ils s’étaient rencontrés à l’hôtel. Au cours du dîner, les deux jeunes gens avaient échangé dans une ambiance pleine de commodité. Après, Adjamgba proposa à Ahoefa de l’emmener chez lui à la maison avant de la déposer. C’était une occasion pour Ahoefa de connaître le domicile du comptable qui vivait à Tokoin Ramco. A peine étaient ils arrivés qu’une pluie torrentielle avait commencé à tomber.

Comme s’ils n’attendaient que cette occasion, Adjamgba et Ahoefa avaient plongé dans un profond et long baiser. L’instant d’après, ils étaient nus comme un nouveau-né, l’un dans l’autre. Au cours des ébats qui ont duré toute la nuit, Adjamgba a donné à Ahoefa l’impression d’un chaud lapin. En retour, Ahoefa a marqué le jeune homme par ses caresses et sa maîtrise dans l’art d’amener son partenaire au 7e Ciel. On ne dirait pas une élève de la 4e.

Quand Adjamgba pilonnait la jeune fille comme un forcené, celle-ci accusait les coups par un mouvement ondulatoire de bassin qui intensifiait l’excitation du jeune homme. Ahoefa fait partie des rares femmes à pouvoir serrer leur fourreau autour du bazooka jusqu’à vider leur partenaire de leur liquide bas-ventral. En plus son fourreau était étroit mais humide exactement comme Adjamgba l’aimait. Après cette soirée mémorable, les deux jeunes gens ne cessait plus de se revoir et de s’envoyer en l’air. Quelques mois plus tard, ce qui devait arriver, arriva. Ahoefa tomba enceinte. Adjamgba fit les demarches requises et demanda la main de la jeune fille qui lui fut accordée.

Adjamgba et Ahoefa menaient une vie heureuse. Mais depuis qu’il avait perdu son boulot, Adjamgba se faisait beaucoup de soucis. Il a transformé sa moto en taxi-moto qu’il a conduit pendant deux ans. Pour contribuer aux frais de traitement et d’hospitalisation de sa belle-mère gravement malade, il a dû vendre sa moto après. Depuis, Adjamgba était demeuré sans emploi. Tous les efforts qu’il déployait pour en trouver se soldaient par un fiasco.

Une nuit alors que Ahoefa était allée vendre du cure-dent, Adjamgba reçut un coup de fil d’un de ses meilleurs amis qui lui venait quelques fois en aide. L’ami l’invitait dans un bar pour prendre ensemble un pot. En bon féru de la mousseuse, Adjamgba confia ses deux enfants à une voisine et se rendit dans le bar. Il avait à peine vidé un premier verre lorsque son ami lui montra sa femme en compagnie d’un homme en train de boire. Il sentit le sang lui monter à la tête. Il fut tenté de bondir sur l’homme et lui servir des raclées mais il décida de suivre la suite des événements.

Peu de temps après, il vit sa femme et son compagnon disparaître dans l’une des chambres de passage disponibles dans le bar. Avant qu’ils n’eurent le temps de refermer la porte derrière eux, Adjamgba était déjà dans la chambre. Il se jeta sur l’homme qui le faisait cocu et lui administra une paire de gifles suivi d’un puissant coup dans la gueule qui le projeta au sol.

Dans sa chute, le malheureux cogna la tête contre le bord du lit. Le sang gicla. Dans sa furie, Adjamgba se saisit de l’unique chaise qui se trouvait dans la chambre pour l’achever. Mais il en fut empêché par le gérant et les clients du bar. Il rentra à la maison pour veiller sur ses enfants.

Le lendemain, il ramassa ses effets et regagna la maison de son père où ses enfants sont recueillis par sa mère. Il eut de la commisération pour lui-même. Il se disait que sûrement ce n’était pas la première fois que sa femme se livrait à l’homme qu’il avait proprement corrigé la veille. A l’idée que sa situation de chômeur pouvait être à la base de cette fugue, il n’arrivait pas à retenir ses larmes. Combien de fois sa femme lui avait-elle préparé à manger avec l’argent de celui qui le faisait cocu ? Est-ce par amour pour lui et pour leurs enfants que Ahoefa agissait ainsi ? Telles étaient les questions qui se bousculaient dans sa tête lorsqu’il prenait au pas le recul pour s’imposer la conduite à tenir.

Jacqueline

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