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Faits divers

Une Vie, une Histoire : Récupérer à tout prix l’homme de sa vie!!!

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Je tiens à partager mon histoire avec les Internautes de Togoportail et Lecteurs de Pipo magazine. Car, à force de ne pas en parler, cela me ronge le cœur et risque de me démolir à petits coups.

Tout a commencé quand j’étais dans mon village natal. Je suis tombée enceinte de Moussa, un musulman qui enseignait au collège du village. Quelques mois plus tard, la grossesse avançant, Moussa a pris sur lui de demander ma main à mes parents. D’autant qu’on était très amoureux l’un de l’autre.

Malheureusement, mes parents ont refusé que j’épouse Moussa parce qu’il est tout simplement musulman et moi chrétienne.

Quelques semaines après le refus de mes parents de nous voir s’unir pour la vie, mon amoureux a été affecté dans une autre ville pour raisons de service. Contre vents et marées, j’ai supporté les péripéties d’une grossesse loin de lui. Et, Dieu merci, j’ai accouché d’une belle fille. Nous avons donc décidé de l’appeler Aïcha.

Jusqu’à ce moment, Moussa n’avait pas fui sa responsabilité. Malgré la distance qui nous séparait, il envoyait de l’argent pour les besoins du bébé chaque fin du mois.

Il rêvait de partir en aventure en Europe. Après plusieurs tentatives, la chance a fini par lui sourire et il a eu un visa pour la France. Pendant six mois, à cause de sa situation là-bas, il ne m’a plus envoyé de l’argent. Ce qui m’a poussée à débuter un petit commerce pour subvenir aux besoins de ma petite fille et moi.

Un jour, j’ai eu à faire la connaissance de Souleymane, un bel homme, très riche, qui avait pratiquement la quarantaine et qui, ironie du sort, est aussi musulman. Mon nouvel amoureux vivait à la capitale. Après plusieurs rencontres, j’ai fini par tomber amoureuse de lui. D’autant qu’il était aux petits soins pour moi et Aïcha. Et finalement, j’ai pu oublier Moussa. Je rendais visite à Souleymane chaque week-end à Lomé. Et il assurait tout. Il me couvrait de cadeaux. Il me traitait comme une princesse. Et Aïcha comme sa propre fille. Il l’adorait.

«J’ai une femme dans ma vie. Mais elle n’arrive pas à me faire d’enfant après plusieurs années de mariage», m’a-t-il avoué un jour, le sanglot dans la gorge. J’étais à la fois choquée et touchée, puis vraiment triste pour lui. J’ai alors décidé de lui donner un enfant pour le rendre heureux.

Deux mois plus tard, je tombai enceinte. Comblé de joie, il m’a présentée à sa femme. Ensuite, il est allé voir mes parents pour me demander en mariage. Vu ce qui s’était passé avec Moussa, mes parents ne sont plus opposé à mon mariage avec un musulman.

Mais, après plusieurs mois de promesse, Souleymane n’avait toujours pas fait le pas. Il prétendait qu’il avait un chantier à finir d’abord afin de bien nous installer, moi, Aïcha et notre futur enfant.

J’ai fini par accoucher d’un beau garçon que nous avons prénommé Youssouf. Mais toujours rien. Pour me calmer, Souleymane m’a amenée dans la nouvelle maison qu’il venait de terminer pour que je choisisse ma chambre. Quand j’ai voulu y emménager, il a refusé sous prétexte que sa première femme était contre. Il m’a dit qu’il avait besoin de temps pour la convaincre.

Je vivais toujours chez mes parents au village et j’avais honte, car il devenait de plus en plus clair que, par imprudence, j’allais être mordue par le ver de terre après avoir été mordue par le serpent. Souleymane passait nous voir les week-ends et prenait son fils pour des promenades entre père et fils. Mais entre nous, les choses étaient un peu au froid. Je perdais patience.

Contre toute attente, il a cessé les appels, les visites et n’envoyait même plus d’argent pour les besoins de son fils. Il ne décrochait plus mes appels et ne répondait pas non plus à mes messages. Fatiguée j’ai décidé de me rendre chez lui pour voir ce qui n’allait pas. Dès qu’il m’a vue, très surpris et littéralement en colère, il m’a aussitôt intimé l’ordre de rentrer le même jour, et qui pis est, il m’a fait savoir qu’il ne pouvait que me payer le transport, et qu’il m’enverrait l’argent de poche plus tard.

Les poules ont poussé des dents mais rien n’a été fait.

Après les remontrances de mes parents, il est venu au village un soir. Toujours amoureuse, je me suis laissée aller. Et retombai enceinte. Quand il l’a appris, froid comme un glaçon, il n’a eu aucune réaction. Je ne vivais désormais que de mon petit commerce qui n’allait pas trop fort et de la pension que me versait, alors, le père d’Aïcha, dont la situation avait fini par s’améliorer en France après son mariage avec une veuve qui avait pratiquement le double de son âge.

Au bout de plusieurs mois d’attente, je me suis à nouveau rendue chez Souleymane pour avoir des explications de sa part. Mais qu’elle n’a été ma surprise de voir une jeune fille d’à peine 25 ans, assise à côté de lui sur le canapé, la tête posée sur sa poitrine. Quand j’ai questionné Souleymane, il m’a répondu tout naturellement : « Je te présente Christelle, ma nouvelle femme. Elle est étudiante et Miss Campus. Elle attend un enfant de moi et on s’est mariés il y a peu (Il a posé affectueusement la main sur son ventre arrondi). Tu n’as plus rien à faire dans cette maison. D’autant qu’elle occupe la chambre qui t’étais destinée et que je doute fort de ma paternité concernant ton fils et cette grossesse que tu portes (de l’autre main, il m’a fait signe de débarrasser le plancher) ».

J’ai éclaté en sanglots. Je ne comprenais plus rien. Car Youssouf ressemble à Souleymane comme deux gouttes d’eau.

J’ai décidé de m’en remettre à Dieu afin qu’Il m’aide à récupérer mon amour. J’allais dans les centres de prières, à des veillées et prières, chez des prêtres, des pasteurs et autres prophètes. Tous me disaient que Souleymane était envoûté et que je devais beaucoup prier pour sa délivrance. Mais j’avais l’impression que toutes mes prières n’avaient aucun effet sur le sortilège. J’ai fini par expliquer ma situation à un monsieur qui m’a proposé d’aller voir un bokonô dans un pays voisin. Après une longue hésitation et réflexion j’ai fini par accepter.

Arrivée chez le bokonô, j’ai eu la confirmation de ce que m’avaient dit les hommes de Dieu : mon amour était vraiment sous l’emprise d’un sortilège. Ça ne pouvait qu’être Christelle, ai-je alors pensé. Je lui en voulais à mort. Le bokonô a fait quelques incantations et m’a réclamé 50.000 francs Cfa. Puis il m’a dit qu’il allait s’occuper du reste, que tout irait bien et que je pouvais rentrer l’esprit tranquille.

A mon retour au village, mes parents m’ont informée que Souleymane asseyait de me joindre en vain et qu’il voulait me parler d’urgence. Toujours fâchée contre lui, je n’ai pas daigné le rappeler. Et, à cause de tout ce que j’avais subi dans le village et de ma honte, j’ai décidé de m’installer à la capitale et de faire le commerce de charbon de bois.

Le jour de mon départ du village, Souleymane est arrivé et a commencé à me demander pardon : « Ma chérie, je t’aime plus que tout et plus fort que jamais. Pardonne-moi pour tout le mal que je t’ai fait. Tu sais que j’adore nos deux enfants et ta fille. Je ne sais franchement pas ce qui m’avait pris. J’avais perdu la raison ». Je ne le comprenais que trop bien, vu ce que les hommes de Dieu et le bokonô m’avaient dit. Mais j’avais trop mal. « J’ai découvert que la grossesse que Christelle portait n’était pas la mienne. Elle m’avait menti. L’auteur est un étudiant sans sous qui la menaçait de mort pour m’avoir donné son enfant. J’ai intercepté un de leur message. Ironie du sort, elle a trouvé la mort dans un mystérieux accident de la circulation juste après notre séparation. Viens vivre avec moi. Nous nous marierons. Vous aurez tout ce que vous désirerez. Je te promets de te rendre heureuse…. », a ajouté Souleymane. Mon cœur a bondi de joie mais je ne voulais plus rendre les choses faciles à Souleymane. J’ai donc refusé sa proposition de vivre chez lui et lui ai dit que j’allais réfléchir à propos de notre mariage.

Présentement, je suis dans une villa louée par Souleymane. La pension vient tous les mois et Souleymane passe pratiquement toutes les nuits avec moi. Je suis dans mon huitième mois de grossesse. Je nage en plein bonheur mais le remords me tord sans cesse le cœur. Je n’arrête pas de culpabiliser. N’aurais-je pas été à l’origine de la mort mystérieuse de Christelle ? Ou bien aurait-elle été tout simplement victime du fameux « choc en retour»?

Priez pour moi, chers Internautes de Togoportail et chers Lecteurs de Pipo Magazine, afin que Dieu me pardonne d’avoir, comme je le pressens chaque jour qu’Il fait, combattu le mal par le mal en voulant récupérer à tout prix mon Souleymane. C’est tout simplement parce que je l’aime… à mourir.

Une vraie histoire de vie connue par Edith

Source: Pipo Magazine n° 01 du 17 janvier 2012

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