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Onde de choc au sommet de l’Union Africaine : Jean Ping assumera la présidence de l’Union, malgré le déficit de confiance recueillie

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Les dirigeants africains réunis en sommet de l’Union Africaine ont été confrontés à l’un des plus inattendus des scenarii, ce lundi 30 janvier à Addis Abeba. En effet, au terme des 4 tours du scrutin devant élire le nouveau président pour la Commission de l’UA, son organe de voûte, aucun des deux candidats en lice n’est parvenu à obtenir la confiance nécessaire du suffrage exprimé. Un autre sommet prévu en juillet prochain, doit se tenir de nouveau pour une nouvelle élection du président de cette Commission. En attendant, cette charge qui, il y a quelques heures a été confiée au Vice président de la Commission le Kényan Erastus Mwencha, est revenue finalement au président sortant Jean Ping pour les 6 prochains mois. Un sommet marqué par la présence du Chef de l’Etat Togolais Faure Gnassingbé.

Ouvert ce dimanche à Addis Abeba, le 18ème sommet de l’Union Africaine (UA), qui a pour thème : “Stimuler le commerce intra-africain”, est marqué dans son ordre du jour, d’un point capital; il s’agit de l’élection des candidats à la présidence de la Commission de l’Union.

Sont en lice deux candidats, le sortant, le Gabonais Jean Ping, et la ministre sud-africaine de l’Intérieur, Nkosazana Dlamini-Zuma, ancienne ministre des Affaires étrangères et ex-épouse du président Jacob Zuma.

Au terme des 4 tours du scrutin à bulletin secret, la Sud-africaine s’est retirée de la course pour laisser libre champ au candidat sortant Jean Ping, candidat à sa propre succession. Mais coup de théâtre, le seul en lice, Jean Ping est jugé illégitime de rempiler, car n’ayant pas pu obtenir les 2/3 des voix sur les 54 délégués votants. Il y est presque arrivé totalisant 32 voix et 20 bulletins blancs; insuffisant pour le Gabonais pour succéder à lui-même. Une majorité qualifiée de 36 voix était nécessaire pour se faire élire.

Une crise sans précédent vient d’être connue au sein de l’Union. La solution intermédiaire proposée dans un premier temps n’a pas résisté aux réalités de la situation: Le Vice président de la Commission, le Kényan Erastus Mwencha, était lui aussi en fin de mandat. Ce qui a donné lieu à des débats houleux. Après de longues discussions de plusieurs heures, un compromis est finalement trouvé : Jean Ping devrait expédier les affaires courantes jusqu’au prochain sommet au mois de juillet.

Certes, il y a finalement une issue pour cette crise, mais il y a aussi un détail important à ne pas négliger dans cette épisode de l’histoire de l’Union. L’actuel président a été désavoué par un peu plus du tiers des Etats du continent, ce qui limite évidemment son autorité. La question maintenant, c’est s’il va accepter cette présidence vidée de sa substance.

Surtout qu’à l’annonce de l’échec de M. Ping, une dizaine de membres de la délégation sud-africaine ont dansé de joie pendant plusieurs minutes dans les couloirs de l’hémicycle, a constaté un confrère de l’AFP.

Selon les textes en vigueur, le président sortant ne peut plus en réalité assumer ses responsabilités à la tête de l’Union Africaine. Cette charge était revenue au Vice président de la Commission, le Kényan Erastus Mwencha qui finalement a été disqualifié pour assumer la présidence de l’Union du fait qu’il était arrivé lui aussi en fait de mandat. D’où le retour de Jean Ping aux affaires.

Quelques moments avant la reconduction de Jean Ping dans ses fonctions, le président togolais Faure Gnassingbé, n’a pas manqué de relever les couacs qui pourraient subvenir en confiant au Vice président de la Commission, le poste de la présidence: “L’Union africaine ne dispose “pas encore” d’un nouveau chef pour son exécutif”. a t-il souligné.

Les travaux en plénière, ont permis aux Chefs d’Etat d’échanger sur la plupart des profonds bouleversements qui ont marqué la vie socio-politique de certain nombre de pays d’Afrique notamment la Tunisie, l’Egypte, la Côte d’Ivoire, et évoqué les sujets relatifs aux conflits armés qui se poursuivent au Darfour et en Somalie. Les zones de turbulence sur le continent -Soudan du Sud, Nigeria- ont également fait l’objet de discussion.

Quant à la présidence tournante de l’Union, elle est revenue au président Béninois Thomas Yayi Boni qui vient de succéder au sortant, Teodoro Obiang Nguema, Chef de l’Etat de la Guinée Equatoriale.

Tous ces votes qui se sont déroulés à huis clos ont eu lieu dans la salle de conférence du Centre de conférences de l’Union africaine nouvellement inauguré. Le nouveau Centre de conférences est construit et offert par la Chine.

La Rédaction

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