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Culture

A coeur ouvert avec Dari Pierty, une voix qui compte pour le gospel au Togo

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Le gospel n’est pas simplement un style musical. C’est l’expérience d’une vie et un humanisme réel. Telle est la conviction de Dari Pierty. Dans cette interview à cœur ouvert qu’il a accordée à Togoportail, l’artiste explique ses prises de position sur les problèmes de la musique au Togo.

Depuis le 26 novembre vous avez mis sur le marché votre premier album. Quel écho en avez-vous?

L’album marche. Plusieurs personnes m’appellent pour savoir où ils peuvent se le procurer. Nous avons produit plus 1000 exemplaires et nous en avons déjà vendus plus de 500. C’est encourageant. J’ai plein espoir que ce sera encore mieux.

En tant qu’artiste, quel regard avez-vous sur la culture togolaise?

Les artistes se battent pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Mais, il faut dire que l’Etat doit nous accompagner beaucoup plus dans ce que nous faisons pour pousser la culture togolaise au-delà de nos frontières.


Tout le monde parle de ce que l’Etat doit faire. Mais vous, qu’attendez-vous concrètement?

Nous voulons que l’Etat mette sur pied une maison de production pour les artistes, qu’il nous aide à avoir des contrats sur le marché international. Chaque année l’Etat vote un budget pour l’Armée, l’Education, la Santé etc. Mais la culture est oubliée. Il faut que soit revue notre politique culturelle afin que les artistes togolais évoluent. Que l’Etat à travers le Butodra propose par exemple un salaire aux artistes à la fin de chaque mois.

Mais cette mesure n’existe dans aucun pays!

Je suis d’accord avec vous, mais le Togo peut l’initier afin de nous encourager. Ce sont les artistes qui font que le Butodra existe. Mais ceux qui travaillent là sont payés par l’Etat. Il faut que les autorités aussi pensent à nous.

D’aucuns disent que la musique est un vecteur de développement. Avez-vous la même conviction?

Bien sûr! La culture contribue au développement de tout pays. Vous ne me direz pas le contraire! Lorsque la culture marche, tout marche. Les étrangers qui ne connaissent pas le pays le découvrent à travers les artistes.

Chaque artiste justifie à sa manière le genre qu’il fait. Qu’est-ce qui vous a amené au gospel?

C’est grâce à Dieu que nous vivons. C’est vrai que j’ai eu certaines difficultés dès mon enfance et que par sa grâce je les ai surmontées. Je me sens protégé et guidé constamment par lui. Dans cette vie, vous ne pouvez rien sans la volonté de Dieu. Je pense évangéliser mes frères et sœurs et partager avec eux la bonne nouvelle du Seigneur. Dieu a un plan pour ma vie, pourquoi ne pas le glorifier.

Vous chantez aussi sur des rythmes traditionnels. Ne craignez-vous pas qu’on associe votre musique aux pratiques vodoues.

Tout a été créé par Dieu. Je ne trouve rien de critiquable dans les rythmes traditionnels. Même à l’église, nous dansons sur du kamou. Pourquoi ne pas louer, sur ces rythmes, l’Eternel à qui nous faisons confiance.

Votre album comporte dix titres. Quels messages voulez-vous passer essentiellement?

Je parle de la situation des enfants démunis, de la promotion des femmes, du pardon, de la réconciliation et tant d’autres choses encore.

Qu’est-ce qui vous a inspiré le morceau «Africa vio»?

Lorsque je fais un tour en ville et que je vois les enfants qui trainent dans les rues, sur les dépotoirs, j’en ai la chair de poule. Ce morceau vise à les soutenir.

Avez-vous un projet en leur faveur?

Si Dieu me prête longue vie, je créerai un centre pour les enfants démunis et déshérités. Je n’oublie pas les veuves qui n’ont souvent elles aussi aucun soutien.

Quelle politique commerciale pensez-vous mettre en place autour de cet album?

Nous pensons faire une tournée dans les églises pour en faire la promotion et la commercialisation. Nous pensons aussi organiser des concerts et spectacles à travers la capitale afin de nous faire mieux découvrir.

Un coup de gueule?

Il faut que l’Etat nous soutienne dans nos efforts, que nous les artistes, nous nous unissions afin que la culture togolaise aille de l’avant. Mon rêve est de voir les artistes nationaux vivre de leur art.

Avez-vous un mot à l’endroit de vos fans?

Je leur demande de me soutenir et de m’encourager afin que je puisse aller de l’avant. Je dis également merci à tous les artistes et aux médias qui m’accompagnent au quotidien. Merci aussi à ma famille et à vous.

Interview réalisée Emmanuel Atcha

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