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Fin de l’année 2011 : A l’heure au bilan/ Me Kokou Koffigoh, ex premier ministre togolais, s’exprime

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«Mais notre retard est tellement important que quelques soit ce qui a été fait, cela ne peut suffire pour le moment à le combler, raison pour laquelle il y a encore des problèmes dans le pays.», propos de Me Joseph Koffigoh, Ancien Premier Ministre du Togo avec qui nous venons de faire le tour de l’actualité. Avocat de l’Ancien Président de la Cote d’Ivoire Laurent Gbagbo, il promet se battre bec et oncle pour que justice soit faite. Il répond aux questions de Firmin Teko-Agbo pour le compte de Togoportail.net

Dans quelques jours et ce sera la fin de cette année 2011, que diriez-vous si l’on vous demandait votre point de vue sur les soubresauts que le Togo a connu dans le monde universitaire durant cette année ?

Me Koffigoh : Je pense tout d’abord qu’il faut situer cette crise universitaire dans un contexte général qui est le contexte de la pauvreté. Ce problème de bourses ne se poserait pas si chaque parent avait les moyens pour entretenir ses enfants. Et tant que des efforts ne seront pas concentrés sur le relèvement du niveau de vie, sur la création d’entreprise, l’amélioration du cadre juridique des affaires qui rassure les investisseurs étrangers, la lutte contre la corruption, je pense qu’on aura des palliatifs mais de temps en temps, il y aura des irruptions. Pour revenir de façon concrète à la situation de la crise universitaire, j’ai été extrêmement surpris qu’un accord a été signé dans le deuxième semestre de l’année et juste après quelques mois, il y a encore révolte provenant des deux universités, il appartient donc à l’Etat de faire des efforts pour comprendre et sauver l’année universitaire.

Monsieur le Premier Ministre, je rappelle que vous avez été le Premier Ministre de la Transition au début des années 90, est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que des efforts ont été faits sur le plan social et politique durant toute l’année de la part du Gouvernement ?

Me Koffigoh : Avant de terminer l’année, je pense que le Gouvernement a offert un cadeau à la population en relevant le smig à 35 000 FCFA. Ce n’est pas rien. De plus, on note des actions ça et là. Des actions sont menées en faveur des agriculteurs, la remise à jour de ce que nous avons fait pendant la Transition c’est-à-dire programme emploi-formation qui a été rebaptisé d’une autre manière pour permettre aux jeunes d’avoir un début d’expérience professionnelle. Des recrutements ont été faits dans l’armée, dans la police et dans la Gendarmerie. Mais notre retard est tellement important que quelques soit ce qui a été fait, cela ne peut suffire pour le moment à combler ce retard, raison pour laquelle il y a encore des problèmes dans le pays.

Plan international à présent, vous faites partie du conseil des Avocats du Président Laurent Gbagbao qui est extradé à la Haye.

Me Koffigoh : 50 ans après les indépendances, on est écœuré de voir des légions étrangères venir nous bombarder, bombarder nos populations, nos Chefs d’Etat quand elles veulent et comme bon leur semble. Cela prouve notre incapacité à résoudre nos problèmes. Durant ces crises, l’Union Africaine a élevé la voix mais sa voix a été considérée comme quantité négligeable. Pour ce qui concerne le Président Gbagbo, non seulement son extradition n’a été faite dans la légalité mais nous nageons en pleine aberration. Le monde entier contemple l’injustice flagrante. Et les valeurs ont été renversées. On a l’impression qu’on est dans un monde de gangsters. La Communauté internationale a soutenu la rébellion qui a tué, pillé les ressources de la Côte d’Ivoire. Et aujourd’hui cette communauté internationale et cette rébellion accusent Gbagbo de crime contre l’humanité et de détournement de deniers publics. C’est le monde à l’envers. En ce qui nous concerne nous Avocats, nous ferons tout notre possible pour que justice se fasse.

Est-ce que vous l’avez déjà rencontré à la Haye?

Me Koffigoh : pour le moment il y a des Confrères Européens qui s’occupent des préliminaires. Mais moi j’irai à la Haye le moment venu.

Quelques mots pour conclure notre entretien.

Me Koffigoh : Moi je prône toujours l’espérance. On a un pays qui fonctionne quand-même. On a eu un succès diplomatique cette année notamment notre admission au Conseil de Sécurité. Ce n’est pas négligeable. Et aussi la Réunion de l’ACP/UE s’est tenue chez nous. Cela veut dire que les gens peuvent aussi venir chez nous. De plus, de grands travaux se déroulent dans les grandes villes du pays. Et Lomé retrouve sa beauté à travers les grandes avenues et les grands boulevards.

Monsieur le Premier Ministre merci

Me Koffigoh : Merci aussi Firmin et à toute l’équipe de Togoportail.

Interview réalisée par Firmin Teko-Agbo

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