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Politique

La CVJR de retour à Lomé entame la dernière phase de sa mission

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La Commission Vérité Justice Réconciliation atteint sa phase finale et définitive à Lomé. Elle vient de revenir de l’intérieur du pays ou plusieurs audiences ont été organisées. Quelques villes dont Tsévié, Atakpamé Kara et Dapaong ont été visitées. Ce 09 novembre marque le début de la seconde phase de la capitale. Et au menu, plusieurs sujets dont un, un peu plus délicat la tragédie de Fréau Jardin.
Alors que s’est-il exactement passé ce 25 janvier 1993, jour du drame et qui en sont les commanditaires?

L’opposition togolaise réunie au sein du COD2 avait prévu organiser une manifestation à la place Fréau jardin, le 25 janvier 1993. Marche pacifique qui était prévue se dérouler en présence des émissaires de l’Union Européennes, et qui s’inscrivait dans les revendications politiques que les opposants soumettaient au régime du Général Eyadéma, Président de la République d’alors. Mais cette marche a tourné au drame avec plusieurs morts dont 18 pour certains. Et aujourd’hui la question de responsabilité se pose pour trouver les coupables.

L’ancien Premier ministre et ministre de l’Intérieur et de la Sécurité d’alors, Agbéyomé Kodjo pointe du doigt les Forces Armées Togolaises. Car selon lui, les rapports d’un an après sur la situation des droits de l’Homme au Togo, des organisations internationales dont la FIDH, l’Amnesty International situèrent ainsi les responasabilités et auteurs de la malversation en mettant un coup de projecteur sur les FAT. A Agbéyomé de dire encore que 30 minutes avant le drame, il avait quelques recoupements d’informations qui pouvaient laisser présager un drame à la place Fréau.

Il confie avoir informé le Président du COD2, le Professeur Léopold Gnininvi et avoir tenté d’appeler le Président de la République qui était en visite à Kara au Nord du pays mais en vain. Ce que ne confirmera pas l’ancien ministre des Affaires Etrangères d’alors Fambaré Natchaba qui affirme que le Général Eyadéma avait instruit le ministre de l’intérieur d’ordonner aux forces de sécurité de se positionner loin de Fréau Jardin.

Natchaba n’a pas manqué de préciser que Agbéyomé doit assumer toute la responsabilité du drame puisqu’il était le ministre de l’intérieur de l’époque. Un ministre de l’intérieur qui pouvait démissionner à quelques heures du drame selon le Professeur Gnininvi s’il sentait le danger venir.

Le Professeur juge fausses plusieurs déclarations du premier ministre Agbéyomé Kodjo. Selon la CVJR, il ressort que les responsabilités de ce drame restent encore à élucider quand bien même des accusations sont portées contre les Forces Armées Togolaises dont certains éléments constitués en brigades autonomes cagoulées, qui ont pu impunément profiter du contexte pour assassiner des manifestants.

Il faut ajouter qu’au total 9 témoins ont été auditionnés ce jour publiquement. Et quelques uns d’entre eux ont planché sur les expropriations foncières, les abus d’autorité, les arrestations et les détentions arbitraires.

Firmin Teko-Agbo

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