pub
Politique

La CVJR à Sokodè : Des suites de témognages poignants au centre des audiences

Advertisement

Les audiences de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation se poursuivent dans la Région Centrale du Togo où la commission a démarré les travaux depuis ce mercredi. Au 3ème jour de ces audiences, des témoignages émouvants sur les évènements douloureux relatifs aux affrontements intercommunautaires qui ont opposé Kabyè et Cotocoli à Sotouboua en mai 1992, sont à l’ordre du jour.

Les versions concernant le déclenchement des affrontements diffèrent.
Pour les uns c’est la destruction d’une paillote construite pour l’un
des refugiés des mouvements de populations et pour d’autres c’est
l’assassinat d’un Kabyè qui est à l’origine des troubles. Par contre
la constance d’un problème foncier et l’atrocité des violences sont
visibles.

Selon les témoignages, le 30 mai 1992 une violence inouïe s’est
déclenchée à Sotouboua. Les principales victimes sont les Cotocoli.
Leurs maisons ont été saccagées et brulées et de nombreuses personnes furent contraintes de fuir. Au retour de celles-ci leur terre sont occupées et jusqu’à présent, ces personnes sont narguées par les maitres des lieux qui, quand ils veulent réclamer leur terre leur déclare « comme on ne vous a pas tous tué vous réclamez vos terres ? ».

Le témoignage de Sidimorou résume l’histoire douloureuse des Cotocoli de Sotouboua en mai 1992.

Pour Sidimorou, à l’époque son père était malade et il l’avait amené à l’hôpital de Sokodé. De retour pour chercher encore de l’argent la ville était sous le choc. Il trouve dans leur maison sa grande mère tuée par balle dans une chambre incendiée. Alors par la force des choses il se réfugia à l’hôpital de la ville où on n’a pu le faire
sortir, déguisé car des groupes de personnes sont à sa recherche pour l’assassiner.

Mais à son retour chez son père, ce dernier a succombé depuis, à
l’annonce de la nouvelle selon laquelle la vieille et son fils
étaient assassinés. La maman de Sidimorou, elle en sort du traumatisme d’une crise cardiaque qui l’emporta. «Je vis plus tranquille à Sotouboua. Les souvenir me reviennent», a confié Sidimorou qui a avoué que la maison de son père et les terres les appartenant ont été confisquées.

Près de 26 personnes et 50 personnes blessées serait le bilan des
affrontements communautaires à Sotouboua en mai 1992. La ville, la
communauté porte toujours les stigmates de ces évènements. La
commission a du « boulot» a laissé entendre un homme venu suivre les audiences.

De notre envoyé spécial à Sokodé, Germain Kokoura

“Togoportail, toute l’information à notre portée”

Advertisement