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Jeudi à la Une de Chronique de la Semaine : Quand les intérêts particuliers font ombrage aux principes démocratiques

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L’ancien président de l’Assemblée Nationale de la RD-Congo, Vital Kamerhé, doit être fier de lui-même comme étant un homme intègre et intelligent. Son intelligence et son intégrité, c’est d’avoir su quitter son ancien parti tête haute en abandonnant du coup son titre non seulement de député mais également de président de l’Assemblée Nationale. C’est ce que Jean-Pierre Fabre et ses affidés ont du mal à comprendre et ce malgré leur lettre de démission qu’ils ont librement signée et sans aucune contrainte. Et pourtant les deux cas se rapprochent.

En effet, dans une intervention sur la chaîne Vox Africa, une télévision satellitaire du Cameroun, le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), Vital Kamerhé, a déclaré le lundi 17 octobre : ” Lorsque j’ai quitté le parti au pouvoir, parti au nom duquel j’ai été élu, j’ai également abandonné mon mandat de député pour créer un nouveau parti qui est l’UNC. Je n’ai pas voulu m’accrocher à mon titre de député ni siéger pour bénéficier des privilèges auxquels j’ai droit comme certains avant moi l’ont fait mais j’ai dû quitter pour respecter mes électeurs et également m’occuper de mon nouveau parti “.

Et pourtant Vital Kamerhé n’avait pas signé une quelconque lettre de démission comme l’ont fait les députés transhumants de l’UFC désormais militants de l’ANC et qui malgré ce document, font du boucan et ameutent le monde entier en cherchant à faire croire qu’ils sont injustement chassés de l’hémicycle.

Et pour ce faire, ils vont jusqu’à saisir la Cour de justice de la CEDEAO, prétendant que leur droit a été violé parce qu’ils n’auraient pas été entendus avant que le bureau du parlement ne statue sur leur sort.

Or le président de l’Assemblée Nationale avait bel et bien convoqué une plénière pour entendre les démissionnaires. Malheureusement, l’honorable député Ouro Akpo qui a déshonoré ses électeurs, a formé des coups de poing contre Abass Bonfoh, le président de l’Assemblée au cours de cette séance. Les députés transhumants n’ont pas eu le courage de dire à la Cour de justice de la CEDEAO ce comportement très violent de leur collègue Ouro Akpo dit ” le boxeur ” à l’égard du président de l’Assemblée Nationale.

Ce qu’on peut dire, c’est que Vital Kamerhé a donné à Jean-Pierre Fabre et à ses acolytes une belle leçon d’éthique politique et de morale en quittant l’hémicycle dès qu’il a démissionné de son ancien parti au nom duquel le peuple Congolais l’avait élu pour créer le sien. Mais comme Jean-Pierre et ses affidés n’ont pas honte de violer les règles de l’éthique politique et de la morale, il n’y a pas à s’étonner que malgré la lettre de démission qu’ils ont librement signée, ils fassent du boucan en cherchant à faire croire à l’opinion qu’ils ont été victimes d’une exclusion arbitraire de l’Assemblée. Comment comprendre que Jean-Pierre Fabre qui s’est auto-proclamé président de la République au lendemain de la présidentielle de mars 2010 et qui du coup appelait la population à marcher chaque samedi pour récupérer sa ” victoire “, se démène aujourd’hui comme un beau diable pour un siège de député ?

A-t-il renoncé à son poste de président de la République pour un siège de député ? Dans ce cas, il aurait dû l’annoncer publiquement pour situer les marcheurs de samedi sur le fait qu’il reconnait désormais la victoire de Faure Gnassingbé et donc sa propre défaite. C’est à cette condition seulement qu’il pourrait revendiquer son retour à l’hémicycle. Et même à cette condition, sa propre lettre de démission de l’Assemblée ne lui permet même pas de retourner au parlement. Le hic, c’est que la Cour de Justice de la CEDEAO n’a pas parlé non plus de réintégration mais plutôt de réparation, ce qui complique encore tout pour lui et ses comparses. Que lui reste-il alors à faire ? Pleurer, pleurer et encore pleurer à chaudes larmes car il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Le reste n’est que du folklore.

Aliziou Dominique

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