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Société

Petits métiers au Togo : « Gakpo Gbegblé », recyclage des métaux et plastiques, intérêts et dangers du business

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Le recyclage des plastiques et métaux usés est une nouvelle forme de métier qui intéresse un bon nombre de jeunes venus pour la majorité du Niger et de la sous région. Si cette activité assure le quotidien de ces jeunes ainsi que de leur famille, elle n’est pas sans risque. Il est noté plusieurs arrestations pour vol et des cas de maladies et accidents. Qui achètent ces métaux ? qu’ en font ils ? les réponses dans cette enquête réalisée par la rédaction de togoportail.net

Regard amer, les pieds foulant la poussière, sous un soleil de plomb, Boukar parcourt les quartiers de la capitale avec sa charrette des métaux et plastiques abandonnés à acheter ou à ramasser. Comme ce Nigérien de 16 ans, ils sont nombreux à vivre du recyclage des métaux dans la capitale du Togo et dans plusieurs villes de l’intérieur.

Acheter dans les ménages à un prix variant entre 75 et 100f CFA le Kg, les métaux sont revendus aux intermédiaires grossistes. Ceux-ci stockent des centaines de tonnes de ces « Gakpo Gbégblé » qui sont ensuite revendus aux sociétés asiatiques. Convoyés en bateaux ils sont transformés en engins à moteur (généralement des motos).

Depuis quelques années les plastiques commencent par attirer les acheteurs. Payés à un prix relativement plus bas que les métaux, ils sont convoyés au Ghana voisin pour la fabrication des bassines, seaux, gobelets, et autres objets en plastique.

Cette activité est bénéfique à en croire les acteurs :« Sur chaque Kg de métal nous gagnons 50 f cfa » nous a confié Délali une grossiste à Amadahomé, une banlieue de Lomé. «Nous payons le loyer, assumons la scolarité de nos deux enfants» a-elle conclut.

Si le Business de Gakpo Gbegblé mobilise beaucoup de personnes, il n’est pas sans risque. Les jeunes à la recherches de ces métaux et plastiques passent des heures sur des dépotoirs fouillant dans les déchets mains nues et pieds à peine couverts. Une situation qui engendre assez de maladies microbiennes et des cas d’accidents (généralement des blessures par des objets tranchants notamment des morceaux de verres).

Face à la rareté de ces matières premières, les jeunes se livrent au vol des Gakpo Gbégblé. On citera les disparitions miraculeuses des carrosseries de voitures, des outils de travail des ferrailleurs et mécaniciens. Même les objets ménagers des bonnes femmes ne sont pas épargnés. «Vous ne pouvez plus oublier un objet en fer dans la cour de la maison. Elle disparait le lendemain», dénonce Djouli une revendeuses de riz qui a perdu de fours. Ces cas de soustraction frauduleuses se terminent malheureusement par des arrestations policières ou des justices privées (bastonnades, lynchages).

Les grossistes quant à eux soulèvent des difficultés relatives à l’écoulement de leurs stocks. «Voila huit mois que nous avons stocké ces métaux en attente du camion pour les acheter. Nous y avons mis toutes nos économies» nous explique Joe un grossiste désespéré.

Malgré tous ces problèmes le recyclages des métaux et plastiques usés a de beaux jours devant lui. Encore faut-il que les jeunes prennent des mesures de précaution et respectent les droits de propriété des tiers.

Roger Adjafo

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