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Politique

Les audiences de la CVJR entrent dans sa phase pratique

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Le Togo de 1958 à 1963 : Qu’est-ce que ce pays d’une superficie de 56 600 Km² et situé en Afrique de l’Ouest, a t-il connu comme faits marquants sur le plan de violences politiques? Des faits suscitant des souvenirs douloureux et marquants la conscience individuelle et collective? Et bien quelques éléments de réponses ont été donnés ce 07 septembre devant les Commissaires de la CVJR. Ils étaient au total 8 personnes à se prononcer sur le sujet, et c’étaient toutes des personnes âgées.

Une opération qui rentre dans la phase des audiences publiques de la Commission Vérité Justice Réconciliation dont la mission est de faire la lumière sur les exactions commises au Togo de 1958 à 2005.

Ce jour du 07 septembre 2011, l’histoire retiendra que c’est à cette date que débutent dans le cadre de processus de Vérité, Justice et Réconciliation, les audiences avec les récits de certains témoins et acteurs des mouvements politiques. En face, des interlocuteurs et observateurs de la société civile dont des journalistes et quelques autres citoyens du pays.

Un acteur et Témoin a ému la salle. Il s‘agit de Komi Ahadji, né en 1929 et Membre de la Juvento d’alors. Il décrit leur opposition à la politique de l’Ancien Président du Togo Sylavanus Olympio. Ce dernier envoyait des Ablodé Sodja (Milices) dans leurs domiciles. Ils violaient leurs femmes, leurs filles devant eux, les bastonnaient sauvagement.

C’était sadique et indicible selon les propres termes de Komi Ahadji. Ils ont été emprisonnés à la prison civile de Lomé d’alors. Ils se nourrissaient de la farine du manioc tous les matins et la nuit, on les sortait pour des bastonnades.

Le président de la République à l’époque, Sylvanus Olympio leur rendait visite et leur disait souvent «Vous refusez de laisser vos grands frères faire la politique, vous allez mourir ici un à un». Et effectivement, quelques un mourraient la nuit et on les enterrait avant le petit matin.

Que ce soit dans les maisons, à la gendarmerie et dans les prisons, les traitements à eux infligés par le camp Olympio étaient inhumains et dégradants. Mais, une chose pas du tout négligeable. Le vieux pardonne. Il dit « Je voudrais voir ces personnes devant moi mais pas pour me venger mais leur dire juste un mot. Je leur pardonne car ils n’ont pas su ce qu’ils ont fait ». Peut-être un bon début pour le processus puisque son successeur direct Théophile Bitho s’est prêté également au jeu de pardon.

Ce que le Ministre Alipui n’épouse peut-être pas. Ce dernier témoin aussi de ce temps et violences conclue «Tant qu’il y aura toujours impunité, la réconciliation ne sera possible». Cela ne fait que commencer; les plus inouïs des témoignages et les plus émouvants s’annonceront dans les prochains jours et les vérités les plus insoupçonnables vont déborder la coupe des exactions les plus atroces commises dans l’histoire du Togo. Viendra le temps des pardons pour une justice prédisposant les uns et les autres à une véritable réconciliation.

Firmin Teko-Agbo

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