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Politique

La CVJR à l’épreuve de la Vérité : Tragique évènement de la lagune de Bè toujours au centre des auditions

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Les audiences publiques de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), qui ont démarré ce 07 septembre sont à la 4ème journée des auditions avec le tragique évènement de la lagune de Bè, sujet qui a été à l’ordre de jour depuis hier avec son lot de révélations et de témoignages émouvants. Quelles sont les circonstances qui ont abouti aux évènements malheureux de lagune de Bè? C’est ce que les témoins et victimes de ces évènements veulent connaitre.

Ils demandent à la CVJR de leur donner l’opportunité de connaitre les circonstances exactes qui ont abouti à un préjudice extrême pour leurs parents et proches. Demande exprimée hier 09 septembre lors d’une des séances des audiences publiques de la Commission Vérité Justice Réconciliation qui se déroulent actuellement à Lomé depuis le mercredi dernier.

Il ressort de l’ensemble de leurs dépositions que les 28 corps des victimes repêchées de la Lagune de Bè en Avril 1991, sont ceux de manifestants ou de passants pris dans les opérations de maintien de l’ordre à l’époque.

A cette date de ce 10 septembre, un ressortissant du quartier Bè affirme avoir été aussi témoin du drame. Il raconte que tout a commencé à l’époque avec les forces de l’ordre qui lançaient des gaz lacrymogènes. Réplique de la part des civils qui les ont poursuivi en lançant à leur tour des pierres avec le mouvement dénommé à l’époque ”Ekpemogue”. Arrivé à un moment, les jeunes de Bè avaient été encerclés par ces forces de l’ordre qui ont tiré à balles réelles sur les manifestants.

Quelques uns ont été jetés dans la lagune par ces soldats. Certains se sont jetés de leur propre gré dans le cours d’eau selon le Témoin.
Témoin qui a été reçu par feu Général Eyadéma, président de la République Togolaise d’alors en présence de certains des membres du Gouvernement, dont les Ministres Améyi et Barqué en plus des chefs traditionnels de Bè et d’Amoutivé.

Le Témoin décrit les faits au président de la République. Ce dernier lui fait savoir que les forces de l’ordre se sont emportés contre les jeunes de Bè, une situation qu’il déplore. La question qu’on se pose est de savoir de qui venait l’ordre de tirer sur la population sans armes.

Certainement un des plus zélés de la cour royale qui n’a pas jugé recommandable de se fier à son supérieur hiérarchique avant d’exécuter ce qui lui semble le mieux appréciable aux yeux de son serviteur.

Des sommes d’argent ont été envoyées par lui par la suite aux familles éplorées. Ajoutons aussi que ce natif de Bè est victime des violences politiques des évènements de 2005 dont il porte encore les séquelles. Il n’arrive pas à se tenir debout.

Une page a été également consacrée aux auditions relatives aux évènements de 1958. Celles-ci ont mis en relief les violences et violations des droits de l’homme qui ont caractérisé cette époque.

La particularité de ces auditions a été le contre témoignage présenté par le deuxième intervenant et selon lequel contrairement à la version présentée le 07 Septembre 2011, c’est son père qui a déchiré le drapeau de l’autonomie que l’on s’apprêtait à hisser solennellement en 1958.

Ce 10 Septembre devrait être également consacré aux faits relatifs à l’attaque de la Primature. Mais les Témoins n’ont pas répondu à l’appel. Ce thème est reporté à une date ultérieure par Monseigneur Nicodème Barrigah, Président de la commission qui a débuté la séance de ce jour comme à l’accoutumée par une prière.

La CVJR prie toute personne physique ou morale pouvant apporter des éléments nouveaux sur les faits relatés aux audiences de bien se rapprocher de ses services compétents ou sur la ligne verte 80 00 12 12.

Firmin Teko-Agbo

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