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Jeudi à la Une de Chronique de la Semaine : Kpatcha Gnassingbé et coaccusés à la barre

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Le cerveau du complot tente de nier les faits

La Cour Suprême vient d’ouvrir le procès tant attendu par les Togolais qui ont hâte de savoir tout sur le coup d’Etat manqué. Le président de la Cour, M. Abalo Petchélébia est chargé de conduire les débats, en toute indépendance et en toute transparence, afin de permettre la manifestation de la vérité.

La deuxième journée du procès a été très houleuse avec la comparution du cerveau du putsch manqué, Kpatcha Gnassingbé. L’homme, trompé par les ovations des gens qui étaient présent sur les lieux, tente de jouer à “Jacques où es-tu, me voici”. Ainsi Kpatcha Gnassingbé, au lieu de reconnaître les faits comme il l’a fait devant le juge d’instruction, essaie de nier tout.

Pour lui, c’est un certain Bawa travaillant à l’Ambassade des USA qui l’a impliqué dans cette affaire dont il ne maîtrisait pas grand-chose. En clair, Kpatcha prétend être tombé dans un traquenard tendu par le général Titikpina à travers un certain Bawa qui travaille à l’Ambassade des USA au Togo.

Et pourtant, il avait reconnu les faits devant le juge enquêteur. D’ailleurs, l’audition du commandant Atti coupe court à cette tentative de dissimuler la vérité au tribunal. Le comandant Atti reconnaît s’être rendu chez Kpatcha quand il était rentré de la Côte d’Ivoire. «Je reconnais avoir rédigé une lettre de fidélité à Kpatcha qui m’a, à son tour, envoyé la sienne».

Des éléments accablants versés aux dossiers ne sont pas de nature à disculper Kpatcha Gnassingbé, notamment le plan d’attaque du coup d’Etat présenté par l’avocat général et autre documents compromettants. Ce qui est clair, c’est que l’homme de main de Kpatcha Gnassingbé, Essolizam Gnassingbé a déclaré à la Cour: «l’honorable Kpatcha m’a simplement demandé d’aller dire au Commandant Atti, le 10 avril 2009 de tout annuler». Qu’est-ce qu’il fallait annuler ? C’est bien sûr le Coup d’Etat en question. S’il n’y avait rien en vue, quelle transition le Commandant Atti devrait assumer ?

N’est-ce pas parce qu’il était programmé de renverser les institutions de la République démocratiquement élues? Ce qui est sûr, les prévenus font des révélations tout en niant l’évidence d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

Les avocats de la défense qui avaient abandonné leurs clients pour des raisons fallacieuses, sont curieusement revenus au Palais toute honte bue. Sûrement que ce sont eux qui ont demandé à leurs clients de nier les faits qu’ils avaient librement reconnus devant le juge enquêteur. Cette stratégie peut-elle être payante? Un adage dit qu’une faute avouée est à moitié pardonnée.

En refusant de reconnaître d’une manière explicite les faits déjà reconnus devant les juges d’instruction, Kpatcha Gnassingbé et ses coaccusés ne vont-ils pas envenimer leur situation? Il est vrai que Kpatcha a demandé au président de la Cour d’intercéder auprès de son frère, le président de la République, mais au même moment, il essaie de jouer sans vouloir explicitement reconnaître les faits. Et pourtant les déclarations des coaccusés démontrent clairement que le coup d’Etat existait bel et bien et que le cerveau n’en est autre que Kpatcha Gnassingbé.

Ce qui est sûr, c’est que la comparution des autres prévenus dont le général Tidjani, révélera la vérité au grand jour.

Source: Chronique de la Semaine n° 161 du 08 septembre 2011

Pour accéder au contenu du n° 161 du 08 septembre 2011, téléchargez le document ci-joint
chronique_161.pdf

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