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Politique

Au 3ème jour du bal des auditions devant la CVJR : Tragiques évènements de la lagune de Bè au rendez-vous de l’histoire

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Démarrées ce mercredi 07 septembre à Lomé, les audiences prévues dans le cadre du processus de réconciliation nationale, sont à leur 3ème jour avec comme centre d’intérêt, l’affaire du drame la lagune de Bè de l’année 1991 avec plusieurs corps sans vie repêchés suite à une réprimande organisée à l’époque. Les témoins et proches des victimes ont fait à ce jour, leur lots de révélations et témoignages devant la Comission Vérité, Justice Réconciliation, moment de vive émotions.

En 1991, lors des soubresauts politiques, plusieurs corps sans vie ont été retrouvés dans la Lague de Bè. Une lagune se trouvant dans le quartier Bè situé vers Centre-Est de Lomé, la capitale du Togo. Ce 09 semptembre, ces évènements sont racontés au siège de la Commission Vérité Justice Réconciliation publiquement, s’inscrivant dans la phase des audiences publiques lancées il y a quelques jours à Lomé.

Selon la version d’une équipe d’investigation, ce mercredi 10 Avril 1991, à la suite de nouvelles manifestations un peu partout dans la ville de Lomé, et particulières au quartier Bè, de violents affrontements ont opposé les jeunes du quartier aux éléments de force de l’ordre sur le pont de la Lagune de Bè et ses environs.

Le lendemain 11 Avril 1991, les cadavres de 28 personnes tuées depuis peu, ont été repêchés de la Lagune. Le corps d’une fille d’une Dame se trouvait aussi dans le lot. Cette dame du nom de Amélé Adégnon, explique que sa fille jumelle était sortie de la maison pour son atelier de couture. Elle a été retrouvée morte dans la lagune.

Il faut souligner cette situation fait suite aux mouvements de revendications en faveur d’un système politique de multipartisme suscité par le vent de l’Est. Revendications qui ont été à l’origines des soulèvements populaires observés en automne de l’année 1990, et dont le déclenchement intervenu un 05 Octobre 1990, lorsque 13 partisans de la démocratie furent arrêtés pour distribution de tracts appelant à un tel changement. 11 furent libérés sans inculpation au bout d’une semaine. Les deux exceptions du groupe furent Dossouvi Logo et Agbélenko Doglo condamnés en Octobre 1990 à 5 ans d’emprisonnement pour diffamation et incitation de l’armée à la rébellion.

On assistera par la suite à un déferlement de manifestations dans la capitale du Togo. C’est ainsi qu’en Novembre 1990, il y a eu la grève des conducteurs, suivront des séries de grève sur le Campus de l’Université du Bénin aujourd’hui appelée Université de Lomé. On notera également l’appel à la grève lancé le 16 Mars 1991, par le Président du FAR (Front des Associations pour le Renouveau) Me Yaovi Agboyibor. Début d’un processus déferlant ayant conduit inoxérablement à la Conférence Nationale de 1991, suite à laquelle est née la 4ème République de la Nation Togolaise avec le référendum de 1992. Une étape importante du Togo dans le processus du Togo dans son élan vers l’Etat de doit, la démocratie et le progrès.

Dès lors beaucoup d’eaux ont coulé sous le pont et le chemin a été tortueux, escarpé vers la liberté et l’affranchissement du peuple.

Aujourd’hui, cet espace de Vérité, Justice, Réconciliation est une des meilleures approches et occasion indiquée pour l’exercice de confessions et de remise en cause personnelle et collective pour se relancer dans une nouvelle dynamique de confiance et de renouvellement de contrat social qui devrait rémobiliser les différents acteurs et antagonistes divisés sur des divergences justifiées ou non, en vue d’un nouveau Togo plus soudé et véritablement réconcilié avec lui-même.

Le statu quo a assez perduré, il faut passer à l’acte salutaire de ressasser l’histoire pour dépoussiérer les séquelles d’amertumes et d’injustices qui continue d’ombrager les goulots d’émergence de lumière et de nouvelle vision. Il s’agit d’un enjeux important pour les différents acteurs engagés dans la nouvelle ère pour garantir l’inféodation des atouts et valeurs séculaires du Togo l’Or de l’humanité.

L’enjeux est de taille et la CVJR se doit d’être à la mesure de la chose. Cela va de l’intérêt du peuple qui attend toujours le bout du tunnel.

Ajoutons que certaines audiences de ce jour se sont déroulées avec la prise en compte de deux témoins intervenus publiquement et cinq in camera, ainsi qu’avec la lecture d’un témoignage, celui du grand témoin Me Koffigoh, premier ministre de la transition.

«Les audiences se poursuivent le 10 septembre et porteront sur les
événements liés à l’attaque de la primature le 03 décembre 1991
»
précise la CVJR

Firmin-Teko-Agbo

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