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Politique

Togo : Le prochain dialogue inclusif annoncé par le Chef de l’Etat, l’espoir est-il permis?

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Annoncée par le chef de l’Etat Togolais, Faure Essozimna Gnassingbé en fin de l’année 2010, l’idée d’un dialogue inclusif attend le début de sa mise en œuvre. Il s’agit d’un dialogue proposé pour permettre à toute la classe politique du Togo de discuter des réformes constitutionnelles et institutionnelles; il est destiné à asseoir un climat de confiance et de compromis entre acteurs politiques pour renforcer l’apaisement du climat politique tant clamé et voulu au bénéfice du peuple togolais.

Au moment où les espoirs s’amenuisaient et que l’attente de voir le démarrage effectif du dialogue inclusif annoncé par le Chef de l’Etat vers fin 2010, commence par gagner les esprits, le gouvernement lors du conseil des ministres du vendredi 19 août dernier, remet à jour la question et officialise les démarches devant aboutir au lancement très prochain de ce dialogue.

Suite à cette nouvelle, on assiste à des réactions mitigées de la part des différents partis politiques qui mènent à rang distinct des actions dans leurs respectifs états majors.

Pour l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), il n’est pas question d’aller tête baissée à un énième dialogue sur la Terre de nos aïeux sans s’assurer des préalables en terme de principes de base de l’esprit de sincérité et de bonne foi dont doit faire preuve le parti au pouvoir. Pour Jean Pierre Fabre, le leader de ce parti, «Nous prenons acte de cette annonce et nous attendons de voir ce qui sera fait…Si le pouvoir nous appelle pour un dialogue et honore certains préalables comme le retour de nos députés à l’Assemblée nationale, nous irons».

Quant au Président de l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS), Agbéyomé Messan Kojo, l’heure n’est pas à l’exigence des préalables catégoriques avant toute participation à ce dialogue : «OBUTS ne fait plus des préalables à l’endroit du pouvoir, l’exigence fondamentale pour prendre part au dialogue annoncé
«La situation politique de notre pays nécessite qu’il y ait un véritable dialogue afin que nous puissions mettre en place des institutions qui vont constituer le socle de notre démocratie », renchérit l’ancien Premier ministre togolais.

De son côté, Le président du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), Me Dodji Apévon s’est prononcé qu’il «prenait acte» de la décision du gouvernement de relancer le dialogue politique au Togo tout en soulevant la question liée à la limitation du mandat présidentiel comme sujet à inscrire en tête des discussions. « Aborder ce point crucial sera un test de la bonne volonté du pouvoir. Le CAR s’interroge sur les raisons pour lesquelles le gouvernement à passé sous silence le problème de limitation du mandat présidentiel», a-t-il précisé.

Nicolas Lawson à la tête du Parti du Renouveau et de la Rédemption (PRR), estime que cette annonce de dialogue est une bonne nouvelle et selon lui, il ne doit pas avoir de préalables au dialogue.
«C’est autour de la table que nous allons dire les vérités de chacun et arriver à sortir ce pays de l’impasse politique», confie t-il.

Le Président de l’Union des Forces de Changement (UFC), Gilchrist Olympio grade toujours le silence sur le sujet. Il ne s’est pas encore prononcé sur la question. Mais qui dit rien, consent dit-on souvent. Mais n’allons pas trop vite en besogne, nous pensons qu’il se prononcera sur le sujet dans les jours à venir. Au moment opportun, Togoportail n’hésitera à vous informer de sa réaction.

Au delà de toutes ces positions divergentes qui ne sont pas de nature à prédisposer une chance de réussite à ce dialogue, il est de bonne intention que les uns et les autres soient animés cette fois, de sens de responsabilité et de volonté politiques afin d’être au dessus de toute considération partisane et de leur intérêt personnel. Les acteurs politiques doivent faire preuve de tolérance et d’ouverture d’esprit en faisant fi de leur querelle et incompréhensions habituelles. La recherche de l’intérêt supérieur de la Nation y recommande et le bien être de la population, pour lequel tous les acteurs de ce dialogue prétendent militer, doit être au cœur des réflexions et présent à l’esprit des uns et des autres car c’est cela l’essentiel de la lutte.

Rappelons que suite à la dégradation avancée du climat politique au sein de la classe politique togolaise suite à l’élection très contestée d’avril 2005, un dialogue a été enclenché en 2007 sous la houlette du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) prévue dans l’esprit de l’Accord Politique Global (APG). Beaucoup de points importants de la vie socio-politique du Togo notamment, les questions de la sécurité et de la paix publiques, du respect des droits humains, de l’équité et de la transparence des élections, du mode de scrutin, du découpage électoral, du renforcement des moyens d’action de la HAAC etc. sont entre autres les sujets qui seront abordés dans le cadre de ce dialogue inclusif très attendu au Togo.

On croit cette fois la bonne foi de tous les acteurs de la classe politique togolaise va surpasser les intérêts personnels et partisans pour permettre à tous de parvenir à une implication et une action commune des diverses compétences et volontés pour le progrès et le développement du Togo dans le processus du renouveau démocratique dans le quel il s’est engagé.

Le peuple togolais n’as que trop souffert de la longue crise socio-politique qui plombe le Togo depuis le début l’avènement de la démocratie dans ce pays. Un ouf de soulagement est-il à espérer cette fois par les cœurs ensanglantés et meurtris dans les tunnels de parcours vers la liberté et l’affranchissement.

Vicarmelo TIEM

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