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Médias

HORS MEDIAS: Affaire d’une liste noire de journalistes à éliminer au Togo

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L’actualité de ces dernières semaines a été marquée par l’affaire d’une liste de journalistes choisis par l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) pour être éliminés physiquement. Selon la source (une lettre anonyme écrite par quelqu’un qui dit être gendarme à l’ANR), il serait prévu de se débarrasser d’hommes de média jugés trop critiques envers le régime. Tout le monde en a parlé et tout le monde en a peur. Au terme de divers échanges obtenus entre confrères, togoportail propose à ses internautes, quelques uns des avis et opinions des journalistes sur le sujet qui défraie la chronique, ces derniers temps.

NORMAL QUE CELA FASSE PEUR

JOURNALISTE A

Il faut être inconscient pour ne pas trembler en écoutant l’information de l’imminent assassinat de sa personne. Quand on est journaliste togolais, comment ne pas se rappeler dans ce cas ce qu’ont subi Atsutsè Agbobli, Dimas Dzikodo, Philippe Evényo, Kpakpabia, Gilles Gbagba, Fulbert Attisso etc. Dans ce pays, aucune alerte à la violence ne doit être ignorée. Car rien n’est impossible pour les hommes de l’ombre protégés par un système cinquantenaire qui met tout en œuvre pour ne jamais partir. Il y a-t-il meilleure protection pour les criminels politiques qu’un régime qui ne risque pas de céder la place et voir révéler au grand jour ses crimes?

BRAVO MAIS ATTENTION

JOURNALISTE B

Le rôle que la presse privée joue au Togo est immense. Malgré le peu de moyens, cette presse reste clairvoyante et courageuse. Mais dans l’affaire de la lettre anonyme dont il est question, cette presse n’est-elle pas en train de se tromper? Un agent de l’ANR rédige une lettre qu’il photocopie en plusieurs exemplaires. Il les met dans une enveloppe à l’adresse de chacun des journalistes à ‘‘assassiner bientôt’’. Il va dans une radio, remet les plis et s’évanouit dans la nature. Un cinéaste hollywoodien donnerait une fortune pour acheter ce scénario. Il y a quelque chose qui ne colle pas dans cette affaire. Cela sent du bidon.

DES QUESTIONS SE POSENT

JOURNALISTE C

1-Il y a quelques mois, un autre courrier, également photocopié en plusieurs exemplaires avait été remis à la même Radio Légende par un anonyme. C’est vrai que cet anonyme lui, avait pris soin d’inscrire son numéro de téléphone, mais la similitude dans les deux démarches est quand même étonnante. Même si contrairement à la lettre aujourd’hui en question, la première lettre félicitait ces journalistes, pourquoi cette imitation?

JOURNALISTE D

2-Pour vendre la mèche ou mettre la puce à l’oreille des journalistes menacés, le gendarme avait-il besoin d’adresser ce courrier individuellement à chacun d’eux?

JOURNALISTE E

3-L’auteur de la lettre dit avoir fait partie de la réunion pendant laquelle la décision d’assassinat a été prise. De telles réunions se font en général en groupe très, très restreint. N’a-t-il pas pensé qu’il serait facile pour l’Agence des Renseignements de le démasquer?

JOURNALISTE F

4-Il est mentionné dans la lettre que deux journalistes ont pris part à la réunion. Une femme et un homme. Bizarre que l’Agence prenne une décision si grave en présence de personnes qui ne soient pas vraiment en son sein et sous son contrôle direct. C’est vrai que les services de renseignements travaillent avec des espions qui sont parmi nous, mais pour les décisions finales d’exécutions, ils ne prennent généralement pas à témoins ces indics.

JOURNALISTE G

5-Pourquoi l’auteur de la lettre a tenu à garder secret l’identité de ces deux journalistes, alors qu’il a dévoilé tout le reste du plan?

SEMER LA CONFUSION

JOURNALISTE G

Si un malin voulait manipuler les hommes de média, il aurait pu procéder de cette façon lui aussi. Et si l’ANR voulait paniquer les journalistes et semer le désordre, la confusion et l’insécurité dans leurs rangs, elle ne procèderait pas autrement non plus.

LA VIGILANCE EST FORCE, LA PANIQUE EST FAIBLESSE

JOURNALISTE H

Pour mener un combat ou passer une épreuve avec efficacité, il est nécessaire de rester lucide et serein. La presse togolaise a besoin de tout, sauf de panique. Imaginez qu’on mette une planche de bois par terre et qu’on vous demande de marcher dessus. Rien de plus facile! Si on vous met la même planche dans le vide, à une vingtaine de mètres de hauteur, marcher dessus devient difficile. Même si la planche est bien stable, on titube, on a le vertige, on fait des faux pas, on vacille et on peut tomber. Certaines personnes n’auraient-elles pas par hasard envie de compliquer l’épreuve à la presse togolaise en la mettant dans l’insécurité pour lui enlever son assurance? Simple interrogation.

Sysy

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