pub
Technologie

Chronique de la Semaine n° 156 du 28 juillet 2011: Affaire Bertin Agba/Véritable délit de justice ou simple prétexte de reglèment de compte entre rivaux de la cour royale?

Advertisement

Affaire Agba Bertin, une prétendue affaire d’escroquerie aux suites sans cesse rebondissantes à l’allure des épisodes d’un feuilleton. La dernière des épisodes est la confrontation entre l’accusé, premier présumé à payer les pots cassés de cette affaire, et les avocats de Abbas Al Youssef, le plaignant et soit disant victime de l’escroquerie. Pour la 1ère fois, l’accusé mis sous les verrous depuis le 07 mars dernier, a eu l’occasion de s’exprimer devant le juge d’instruction, rapporte le journal Chronique de la Semaine, dans son n° 156 du 28 juillet 2011. Le journal met en machette cette information et annonce que Agba Bertin blanchit Pascal Bodjona et Jean-Pierre Gbikpi. Et si l’on se permettait de s’interroger sur la nature réelle de cette affaire rocambolesque, est-on en droit de soutenir qu’il s’agit là d’un véritable délit justiciable ou simple prétexte pour régler des comptes entre les loups qui veulent se manger. Le canard y apporte les marques de sa plume en relayant la position des avocats de la défense de l’accusé, dans sa dernière parution dont voici l’essentiel du contenu.

Affaire d’escroquerie de l’Emirati Abass Youssef – Agba Bertin blanchit Pascal Bodjona et Jean-Pierre Gbikpi

– Les avocats exigent une liberté provisoire de leur client

La ténébreuse affaire d’escroquerie du richissime homme d’affaire Emirati, Abbas Al Youssef dans laquelle est impliqué l’homme d’affaires Togolais, Bertin Sow Agba, directeur général de la Société OPS commence par prendre une tournure inattendue. Arrêté depuis le 7 mars 2011 et écroué à la prison civile de Tsévié, l’accusé a enfin eu l’occasion de s’exprimer pour la première fois devant le juge d’instruction le 22 juillet dernier passé en présence de ses avocats. L’information a été donnée hier par le conseil d’avocats qui le défend ; c’était au cours d’une conférence de presse qui a eu pour cadre l’hôtel Eda Oba à Lomé. Cette sortie médiatique a connu la participation de nombreux médias nationaux et étrangers et la présence des défenseurs des droits de l’Homme. Une confrontation s’est déroulée devant le juge d’instruction entre les avocats de l’accusé et ceux de la partie plaignante. Selon ses avocats, Bertin Agba ne reconnaît pas les faits qui lui sont reprochés. « Aujourd’hui, les choses sont claires pour tout le monde: Monsieur Agba Sow Bertin ne reconnait pas avoir escroqué M. Abass Youssef ; il s’est expliqué devant le juge d’instruction avec des documents à l’appui, sur la nature des relations liant ses sociétés avec le Groupe PILATUS dont M. Abbas Youssef est propriétaire », ont-ils laissé entendre. Ils ont par ailleurs indiqué que leur client ne reconnait pas l’implication, ni de M. Jean-Pierre Gbikpi, ancien Ambassadeur du Togo au Ghana, ni du ministre Pascal Bodjona, ni d’aucune autre personnalité togolaise, dans cette prétendue affaire d’escroquerie. Pour les avocats de Bertin Agba, rien ne justifie la détention en prison de leur client, étant donné que le plaignant n’a apporté aucune preuve de ses allégations, mis à part la récitation d’une “incantation” bien apprise par cœur à savoir : « M. Agba m’a escroqué, je suis une victime ». Une raison pour eux d’exiger la liberté provisoire de leur client. « Nos règles de procédure pénale sont ainsi faites que le juge d’instruction a l’obligation d’instruire à charge et à décharge. Cela veut dire que si le plaignant n’apporte aucune preuve de ses allégations, la démarche normale du juge serait que l’inculpé bénéficie d’abord d’une liberté provisoire et qu’ensuite une ordonnance de non-lieu soit rendue en sa faveur. Bien entendue, le juge d’instruction peut laisser le soin à la juridiction de jugement de décider », soutiennent-ils. Le collectif d’avocats relève par contre que si Agba Bertin a reçu des sommes de la part de son accusateur, c’est dans le cadre des factures de prestations de service qui les lient. Une chose également que le conseil dit ne pas comprendre est que M. Abbas Youssef puisse quitter la France, un Etat de droit, pays où ce dernier circule en toute liberté, pour venir au Togo déposer une plainte contre le Loïk Le Floch-Prigent. Cette affaire d’escroquerie est loin de prendre fin et des rebondissements ne sont pas à exclure dans les prochains jours. Rappelons que le collectif d’avocats est composé de Me Adama Doe-Bruce, Me Ahlin Komlan, tous deux avocats à la Cour et anciens bâtonniers, Me Euloge Talboussouma, avocat à la Cour et de Me Yao Dusi du cabinet de Me Attoh-Mensah.

Pierre AGBANDA

AUTRES ARTICLES DE LA PARUTION

Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme

Le Togo veut renforcer son cadre juridique et institutionnel

Un séminaire sur le renforcement du cadre juridique et institutionnel en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme au Togo s’est ouvert hier à l’hôtel Eda oba à Lomé. Cette rencontre de trois jours est organisée par l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) en collaboration avec la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF-Togo). Cet atelier est rendu possible grâce à l’appui du Gouvernement français au Programme National Intégré (PNI) de lutte contre la drogue et le crime organisé au Togo. Il faut rappeler que le document de la première phase du PNI a été signé le 16 septembre 2009 entre le Ministère togolais de l’Intérieur et de la Protection Civile et l’UNUDC. La coordination du PNI est assurée par le Comité National Anti-Drogue (CNAD).

Le présent séminaire a pour objectif général de proposer des projets de textes, sous réserve du respect des dispositions communautaires, en vue de combler les lacunes existantes au niveau du dispositif législatif, réglementaire et institutionnel du Togo. De façon spécifique, il s’agit de proposer des projets d’amendements nécessaires pour améliorer, compléter ou abroger certains textes en vigueur au Togo ou le cas échéant élaborer de nouveaux projets visant à renforcer le corpus juridique du Togo en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme constituent une des préoccupations majeures de la Communauté internationale en ce sens que ces fléaux représentent de nos jours une grave menace pour la sécurité mondiale et la stabilité économique et financière des Etats. Le blanchiment de l’argent sale est intrinsèquement lié au trafic de drogues, à d’autres formes de crime organisé, à la corruption, etc. Aucun pays n’est désormais à l’abri de ces fléaux. Ayant pris conscience des dangers que représentent ces fléaux, les Autorités Togolaises, à l’instar des Etats membres de l’UEMOA, ont transposé dans l’ordonnancement juridique interne les directives relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). A cet effet, la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) a été créée par décret n°2008-37/PR du 28 mars 2008, suivie de la nomination de ses membres en janvier 2009 et la désignation des membres du Comité Interministériel de LBC/FT créé par arrêté n°0136/MSPC/MEF/MJRIR du 11 août 2009. La CENTIF a notamment pour rôle de recevoir et d’analyser des déclarations d’opérations suspectes qui lui sont communiquées par les professions du secteur privé assujetties au dispositif LBC/FT, et, le cas échéant, de transmettre des dossiers aux autorités de poursuite en vue d’aboutir à des condamnations. Toutes ces mesures, signe de l’engagement des Autorités togolaises, constituent des efforts remarquables pour doter le Togo d’un dispositif législatif et institutionnel efficace en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Toutefois, l’effectivité de ce dispositif a fait l’objet d’évaluations. Il s’agit notamment de l’Evaluation Mutuelle conduite par le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) en novembre 2010 et d’une évaluation des besoins, en juin 2011, par l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) dans le cadre du Programme National Intégré (PNI) en matière de lutte contre le trafic de drogues et le crime organisé au Togo. A l’issue des travaux, des Experts nationaux prendront le relais pour parachever les projets de textes retenus en vue de les soumettre aux autorités nationales pour considération et approbation. Il en sera de même éventuellement pour les autorités de l’UEMOA, fondatrices des textes fondamentaux en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme au niveau des Etats membres. Ainsi les travaux du Programme National intégré de l’ONUDC pour le Togo serviront sans doute de références pour les futurs chantiers en cours pour mettre la région ouest africaine à l’abri des criminels financiers et créer ainsi un cadre propice des affaires et un environnement attractif pour un développement prospère et durable.

Carole AGHEY

Vulgarisation de la Déclaration de Bamako sur les droits de l’Homme La LTDH forme les acteurs de la vie sociopolitique et les militaires

Les acteurs de la vie sociopolitique et militaires formés. Vulgariser les principes démocratiques contenus dans la Déclaration de Bamako, tel est l’objectif d’un atelier de formation organisé par la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) à l’endroit des formateurs avec le soutien financier de la Francophonie. « Formation des acteurs de la vie sociopolitique et militaire pour une plus grande intériorisation des droits de l’Homme dans la conscience collective », est le thème de cette formation de deux jours qui s’est tenu les 21 et 22 juillet 2011 à Dream Hôtel à Lomé. « …Malgré l’engagement des Etats membres de l’OIF de promouvoir par la sensibilisation les dispositions de la Déclaration de Bamako et du Plan d’Action sur la Paix et d’assurer à tout niveau la démocratie, le respect des droits et libertés fondamentales énoncés dans ladite Déclaration, peu de progrès ont été réalisés dans le domaine de la promotion de l’éducation civique et aux droits humains par nombre de pays », a fait remarquer le président de la LTDH, Me Raphaël Kpandé-Adjare. Il a indiqué que cette formation des acteurs sociopolitiques et militaires vise à « accroître chez les citoyens une connaissance des principes contenus dans la Déclaration de Bamako, favoriser la formation civique et l’éducation aux droits humains sur l’ensemble du territoire togolais en les familiarisant avec les notions de démocratie, de l’Etat de droit, des droits et libertés ». Le président de la LTDH estime que l’Etat de droit et la démocratie ne peuvent s’instaurer et se consolider que par l’éducation civique, la promotion et la protection des droits de la personne. Trois camps militaires en l’occurrence ceux de Dapaong, de Témédja et de Lomé seront sensibilisés sur la Déclaration de Bamako. Adopté à Bamako au Mali le 3 novembre 2000, et réceptionnée par les chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet de Beyrouth, en 2002, cette déclaration est un texte novateur et audacieux, issu du processus participatif exemplaire, a indiqué le Président de la LTDH.

Pierre

La deuxième édition de “Vacances utiles et citoyennes” privilégie les étudiants

La seconde édition du programme Vacances Utiles et Citoyennes a été lancée le 26 juillet dernier à Lomé par la ministre du Développement à la base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Victoire Tomégah Dogbé. Ce programme essentiellement conçu pour assurer un meilleur encadrement des jeunes pendant les vacances rassemblera un certain nombre de jeunes élèves et étudiants pour des activités socioculturelles du 1er au 30 août prochain. La particularité de cette édition est l’entrée en lice des étudiants des universités de Lomé et de Kara. Les meilleures des écoles et facultés des deux universités bénéficieront, du 1er au 30 septembre, des stages de formation dans des sociétés partenaires du ministère du Développement à la base, ainsi que ceux des Transports, de l’Agriculture et de l’Action sociale. A ces stages s’ajoutent du 18 juillet au 2 septembre des cours d’initiation à l’entreprenariat en vue de préparer les jeunes à l’esprit d’entreprise, de réduire le taux de chômage sans cesse croissant et surtout de favoriser l’émergence de jeunes entrepreneurs. «A l’heure où notre pays s’engage dans un processus de réconciliation, il nous faut promouvoir des valeurs d’acceptation, de respect mutuel, d’humilité, d’amour, de paix, bref favoriser le brassage entre nos jeunes frères et sœurs à travers cette colonie de vacance et ce camp chantier de reboisement», a souligné Mme Tomégah Dogbé. Outre les étudiants le programme de cette 2e édition des vacances utiles et citoyennes concerne aussi les élèves. C’est ainsi que 394 meilleurs élèves à l’examen du BEPC prendront part à la colonie de vacance du 1er au 10 aout à Notsè. Ils seront entre autres sensibilisés sur les valeurs de citoyenneté, leurs droits et devoirs, les fléaux sociaux comme la drogue, les IST et le VIH/Sida. La ville de Kara, quant à elle, regroupera pendant la même période les meilleurs élèves au BAC1 autour d’un camp chantier de reboisement. Ils sont estimés à 250, ces jeunes qui prendront part aux opérations de reboisement comptant plus de 5000 plants et ce avec le concours du ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières. L’ambition des organisateurs est d’étendre progressivement le programme à toutes les préfectures du Togo et d’accompagner les associations de jeunesse de la commune de Lomé et des villes de l’intérieur dans la mise en œuvre des activités de salubrité publique ou des activités culturelles. Une jeunesse togolaise engagée et responsable est un levier pour le développement.

B.M

Dédicace de “Aide et Dépendance de l’Afrique noire”, un essai de Amouzou Essè pour la renaissance du continent

Comment continuer à concevoir une Afrique riche du point de vue de ses ressources mais qui malheureusement reste dépendante d’une éternelle assistance extérieure ? C’est la question capitale en toile de fond que pose le professeur Essè Aziagbede AMOUZOU dans son nouvel ouvrage intitulé ’’Aide et Dépendance de l’Afrique noire’’. L’œuvre a été dédicacée le 26 juillet dernier à l’Université de Lomé. Cinquante ans après l’indépendance des Etats africains, la question de leur dépendance de l’aide extérieure demeure d’actualité. L’Aide Publique au Développement (APD) de l’Afrique est devenue une forme de cordon ombilical paradoxalement nécessaire à la stabilité économique du continent. Cette aide a au cours de ces dernières années connu de l’ampleur au point qu’on parle d’aide bilatérale, multilatérale, d’assistance économique, technique, etc. Pour Amouzou Essè, la dépendance des pays africains s’explique par les obligations qui les amènent à avoir recours aux institutions financières notamment la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International. « Les contradictions générées par la problématique du développement sont nombreuses et variées. Elles vont des nécessités d’enrayer les maux inhérents aux besoins alimentaires jusqu’à ceux relatifs à la santé des populations. Tel un individu qui n’a d’autre recours que le prêt à usure, les pays africains tendent la main aux institutions de Bretton Woods qui leur octroient des prêts à intérêt dont le remboursement devient interminable », précise -t-il. Cet ouvrage qu’on peut qualifier d’essai sociologique remet par ailleurs en cause les discours sur le développement. Ainsi, à la suite des précédentes parutions du même auteur, le présent ouvrage soutient que le développement durable serait un réel mythe que rien ne saurait démentir. En effet, pendant que les pays africains se bousculent pour bénéficier des ’’largesses’’ du programme de l’initiative PPTE, les institutions de Bretton Woods sont plus préoccupées par les intérêts sur les emprunts que par les questions de développement des Africains. L’exécution des projets de développement sur le continent n’apparait-elle pas comme une infinie suite de recommencements d’initiatives suivis des mêmes constats d’échecs ? Faisant une analyse critique de l’œuvre, M. Guy Missodey a rappelé qu’il ne s’agit nullement d’un recours au fameux afro-pessimisme des années 80 peignant le nègre assis sur une mine de diamant mais affamé et pensif. Cet ouvrage donne un éclairage certain sur les différents jargons des concepteurs des politiques de développement, les structures des bailleurs de fonds, les évaluations piégées, etc. La fatalité n’a donc pas de place dans la vision de l’écrivain. Les solutions, elles, existent et sont proposées en premier lieu aux gouvernants qui ont la charge de sortir l’Afrique du cercle vicieux de la dépendance. « Consolider les bases de l’union des Etats pour une réelle prise en charge des secteurs clés. Aussi longtemps que tu ne compteras pas sur toi-même, remarque le professeur Amouzou, tu resteras sous domination. » Dans un contexte économique et politique mondial, où l’Union Européenne et les USA constituent respectivement des espaces industriels et technologiques dynamiques et prospères, et où le Japon et la Chine s’imposent comme des mastodontes, il y a de quoi s’interroger si demain l’Afrique sera ou ne sera pas au rendez-vous de l’Histoire.

M.B

Advertisement