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Education

L’Université de Lomé, toujours perturbée par la grogne des étudiants

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Depuis le 25 mai dernier, le Campus Universitaires de Lomé n’est plus le sanctuaire de savoir et de connaissance qu’on lui attribue. Véritable théâtre de confrontations et heurts entre étudiants manifestants et forces de l’ordre, l’Université de Lomé a encore fait l’objet de tension de plus en plus très remontée durant toute cette semaine. Les cours sont permanemment perturbés, les activités socio-administratives et connexes sont fortement importunées, et à la place des pupitres et cartables, les étudiants, du moins ceux qui manifestent, se sont armés de cailloux, de pierres, des objets de fortune pour contrecarrer la force d’en face. Togoportail au coeur d’une semaine très mouvementée sur le Campus universitaire de Lomé.

En fin de semaine dernière, tenu informé de l’arrestation des étudiants frondeurs, avec à sa tête, le Président du Mouvement pour l’Epanouissement de l’Etudiant Togolais (MEET), le public croyait assister à la fin du bras de fer engagé entre étudiants et autorités.

C’est du bluff! Les choses sérieuses ne font que commencer. Les étudiants de l’Université de Lomé (UL) sont décidés à aller au bout de leurs revendications entamées depuis le 25 mai dernier. Selon certains d’entre eux, “l’accord signé entre les mouvements et associations estudiantins, les autorités universitaires et le gouvernement n’est que du pur formalisme ; cela n’engage aucunement notre mouvement de revendication tout à fait légitime et justifié. Ce n’est nullement le fait d’arrêter un groupes de nos camarades qui entamera notre volonté de mener des actions pour l’amélioration de nos conditions d’étude’’.

La preuve est connue de tous cette semaine avec la montée de tensions et une atmosphère de plus en plus tendue que connait le campus depuis mercredi dernier. Depuis lundi dernier, une grève de 48 heures est lancée, et du coup, elle vient durcir le mouvement de contestation et de revendication suite à l’exclusion de Abou SEBOU, Président du MEET qui a précisé que le procès verbal signé en lieu et place du procès verbal, non seulement a été imposé à la communauté estudiantine, mais aussi a été ponctionné et truffé dans sa grande partie. «En réalité, à la primature le 6 juin on ne s’entendait pas dans les discussions jusqu’à tard dans l’après-midi. C’est là où on nous dit qu’il va falloir dresser un PV de la séance et que les discussions devraient se poursuivre en vue d’un accord dans les jours à venir et rouvrir le campus », a-t-il confié. « A notre grande surprise, nous apprenons plus tard sur tous les medias qu’un accord a été trouvé. Ironie du sort, dans ce qu’ils appellent accord, le président de l’Université a remis en cause certains points » renchérit-il.

Le mercredi dernier a été sans nul doute la plus chaude des journées; à la suite d’un unième rassemblement des étudiants dispersés à coups de gaz lacrymogène les manifestants, n’ont pas voulu se laisser faire. La riposte a été spontanée avec ses corollaires de dressage de barricades de fortunes érigées avec des bancs sortis des amphis; des scènes violentes meublées d’échanges de pierres et de gaz lacrymogènes, de course-poursuites entre étudiants et forces de sécurité, des bastonnades et ses autres dérivés de violences ont transformé le site de l’Université en un véritable champ de batailles. Ce qui pousse les étudiants à réclamer la tête du président de l’UL, le prof Nonon AHADJI qui, pour eux, constitue un obstacle à la satisfaction de leurs revendications.

A l’heure actuelle, l’atmosphère est toujours envenimée de tensions et d’incompréhension, voire de méfiance entre les deux parties, communauté des étudiants grévistes et autorités universitaires. Les premiers réaffirment leur volonté de parvenir à un accord en bonne et due forme auprès du gouvernement et des autorités universitaires au lieu du procès verbal des rencontres de négociations signé par les différentes parties. Pour les seconds, le débat est clos depuis la signature de l’accord et il faut que les étudiants reprennent le chemins des amphi.

L’un des points remis en cause, indique Abou SEBOU, concerne la session spéciale pour ceux qui ont été rattrapés par le nouveau système LMD. Et le président du MEET de préciser que: « Ce monsieur (le Président de l’université de Lomé) a montré son incapacité notoire à trouver solution aux problèmes. Il s’est fait remarquer par ses propos mensongers sur les médias, son manque de volonté de dialoguer avec les étudiants».

Avec ce nouveau mouvement au campus, il se révèle que la meilleure façon de mettre fin à cette situation est d’ouvrir des négociations franches avec les étudiants et de leur donner des garanties.

En effet, dans le souci de voir la normalisation des choses et la bonne suite de l’année universitaire en cours, il serait de bonne méthode que les autorités universitaires fassent du dialogue sincère avec les étudiants, l’élément le mieux indiqué pour mettre un terme à cette crise qui n’arrange en réalité personne.

Une année blanche ne ferait que retarder les étudiants dans leur cursus et créerait des pertes énormes au niveau de l’Etat, le budget consacré par le gouvernement pour cette année, ne servirait en fait à rien, l’année universitaire n’étant pas validée. Les parents se mordraient les doigts pour les investissements et sacrifices consentis pour la réussite de leurs enfants, mais à la fin infructueux.

Chacun des acteurs devront se mettre dans la dynamique de résolution de cette crise de manière responsable et consensuelle et ne pas toujours reporter les interprétations de la situation avec des rapprochements et enjeux politiques qui marquent la classe politique togolaise. A bon entendeur salut !

La Rédaction

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