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Faits divers

Un voleur gourmand

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Le 30 décembre 2010, le sieur Moyè a totalisé 38 ans révolus. Il devait s’apprêter pour son 13ème séjour pénitencier. Pourtant la fête s’annonçait bien chez lui avec dans son four, un mouton dépiécé et assaisonné. Il a été interpellé par la police sans avoir eu l’occasion de goûter à un seul morceau.

Moyè serait fils unique de son père et de sa mère, tous natifs du village de Tabindè dans la préfecture de Sotouboua, actuellement résidant à Lomé, quartier Kotokoli Zongo. Eglou, son père, avait toujours cru que son fils, le seul que Dieu lui a donné, allait devenir un grand cadre de ce pays et ainsi faire la fierté de toute la famille. Il rêvait de voir son fils assis un jour à l’arrière d’une belle voiture, habitant une somptueuse maison et disposant d’un joli compte en banque. Aussi le vieux avait-il mis assez de moyens pour faire réussir son garçon.

Il l’a en effet inscrit à l’école et à plusieurs reprises, cherché à le voir fréquenter les établissements les plus chers et les plus réputés pour leur performance. Le vieux s’était complètement trompé. Au lieu de profiter de ces opportunités pour se construire un avenir radieux, Moyè a, au contraire, préféré se spécialiser dans les techniques de soustraction frauduleuse des biens d’autrui. Aussi, s’est-il rendu célèbre par sa façon de faire.

C’est ainsi qu’utilisant sa ruse, l’homme a réussi à s’introduire en plein midi de ce 30 décembre 2010, dans un magasin libanais au grand marché de Lomé où il aurait soustrait à un riche commerçant venu s’approvisionner, une bagatelle somme de 400 000 F.

Sur le chemin du retour chez lui, il a aperçu dans une cour un troupeau de moutons. C’est alors qu’il eut l’idée de s’en approprier un. Il élabora alors sa stratégie qui consistait dans un premier temps à s’assurer qu’il n’y avait aucune présence humaine dans les environs. Après s’être assuré, il entra dans la maison et observa une pause sur une chaise. Profitant du vide qui y régnait, Moyè attrapa l’un des moutons et partit.

Seulement voilà, il arriva bien chez lui avec le mouton mais constata qu’il n’avait plus sur lui l’enveloppe contenant l’argent. Il l’aurait constaté plus tôt qu’il retournerait aussitôt sur les lieux où il a volé le mouton. Mais, très satisfait de son butin, il cru bon de tuer la bête avant de démarrer la fête en arrosant de bière la viande. C’est donc quelques heures après qu’il réalisa qu’il n’avait pas l’enveloppe. Il retourna sur les lieux et à sa grande surprise, le propriétaire légitime du mouton volé était allongé dans son fauteuil. Il avait sur la table trois bouteilles de flag dont deux vides et à côté de lui, le casier contenant neuf autres bouteilles. Il comprit que le type aurait certainement retrouvé l’enveloppe avec les 400 000 F.

Très courageusement, il approcha le proprietaire et d’un ton teinté de tendresse l’interrogea en ces termes : ” SVP Monsieur, n’avez-vous pas perdu un mouton ” ? ” Non Monsieur. J’ai tous mes moutons au grand complet. Mais dis-moi, jeune homme, avez-vous trouvé un quelque part ? “, interrogea le propriétaire. Ne sachant quoi répondre, il dit : ” Un voleur est rentré dans votre maison en votre absence et a tenté de vous subtiliser un mouton. Heureusement, je passais. Je l’ai chassé des lieux. Seulement, dans cette course, j’ai perdu une enveloppe contenant 400 000 F qu’on m’a confié pour une affaire urgente. Ne l’avez-vous pas retrouvée ?, monsieur “. ” Absolument pas. D’ailleurs, je n’ai jamais quitté cette maison depuis le matin. Par conséquent, je ne sais vraiment pas de quoi tu parles “, répliqua le propriétaire avant de renchérir en ces termes : ” Je vais de ce pas porter plainte contre toi pour tentative de vol. Tu croyais que j’étais absent pour me voler mes moutons. Tu n’as pas de chance “.

Sur ce le propriétaire cria au voleur. Le secours permis de mettre la main sur le sieur Moyè qui fut conduit pour la 13ème fois au poste de police. A malin, malin et demi, n’est ce pas ?

B. TALOM

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